Démission de la conseillère d'Etat Marie Garnier

| mer, 08. nov. 2017

La conseillère d'Etat Marie Garnier a annoncé sa démission. La directrice des Institutions, de l'agriculture et des forêts (DIAF) dénonce un climat malsain qui l’a vidée de son énergie. «L’affaire de la préfecture de la Sarine a été le déclencheur», explique-t-elle.

PAR JEROME GACHET

«Le moment est venu pour moi de mettre un terme à mon mandat au Conseil d’Etat.» C’est une bombe qui a éclaté hier après-midi dans le ciel politique fribourgeois. Elue en décembre 2011, réélue en novembre 2016, première Verte à accéder au Gouvernement, Marie Garnier (55 ans) jette l’éponge. D’entente avec la Chancellerie, elle quittera ses fonctions le 30 avril 2018.
La Villaroise dénonce «un climat malsain», «une charge qui a pesé sur elle et sur sa famille de manière insoutenable.» Et si elle démissionne, ajoute-t-elle, «c’est pour voir le bout du tunnel».


Les larmes aux yeux
Marie Garnier n’en peut plus. Fatiguée, vidée de son énergie. Hier, elle avait par moments les larmes aux yeux, ce qui ne l’a pas empêchée d’adresser quelques piques. A-t-elle été assez soutenue par ses collègues du Gouvernement? «Joker», répond-elle. Et par le Parti socialiste? Joker aussi…
A ses côtés, Bruno Marmier, président des Verts fribourgeois, insiste sur la coalition de droite qui a cherché à la déboulonner lors des dernières élections. «La plus grande alliance électorale jamais construite dans ce canton l’a été pour lui ravir son siège. Depuis qu’elle a entamé son année présidentielle, en 2016, la lutte contre elle a été permanente», déplore Bruno Marmier.
Alors oui, reprend-elle, «l’affaire de la préfecture de la Sarine a été le déclencheur». Le procureur Fabien Gasser, qui souhaite l’entendre dans le cadre d’informations confidentielles livrées à la presse, a demandé la levée de son immunité (lire ci-dessous). Une situation qui l’affecte. «A l’époque, j’ai dit au procureur que cette affaire se solderait par une démission.»
Mardi prochain, le Grand Conseil doit justement se prononcer sur ce cas. Pense-t-elle y couper en annonçant sa démission? Elle ne le sait pas. «La procédure continue et je m’y soumettrai avec la certitude de n’avoir causé aucun tort», répond-elle. Et d’ajouter, amère: «Je regrette profondément qu’une conseillère d’Etat doive dépenser autant d’énergie pour ce très petit jeu politique au détriment de l’intérêt public.»
Dans sa déclaration, Marie Garnier a dressé un état des lieux de son action à la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts (DIAF). Elle se dit «très fière d’être la première femme Verte à être entrée au Conseil d’Etat fribourgeois». Mais estime l’avoir payé cher. «C’est beaucoup plus difficile que d’être un homme venant d’un parti de la majorité. Pour moi, les années ont compté double.»
Le choix de Marie Garnier place son parti dans une situation inconfortable. Les Verts réussiront-ils à sauver leur siège? Pas sûr. «J’avais de toute manière averti mon parti que je n’irai pas au-delà de ce deuxième mandat», se défend-elle.
Président des Verts, Bruno Marmier ne lui en veut pas. «Pour un petit parti comme le nôtre, le danger est permanent. Nous serons prêts en mars 2018, avec une forte personnalité. Une femme dans l’idéal», explique-t-il.
Le premier tour est prévu le 4 mars et le second le 25 mars. Dans les partis, l’agitation est revenue comme le naturel: au galop. La droite, qui visait cinq sièges il y a une année, ne veut pas rater une si belle aubaine. Sauf que l’entente UDC-PLR-PDC n’a pas permis à l’UDC de retourner au Gouvernement.
A gauche, des questions se poseront. Le Parti socialiste lancera-t-il un candidat, ce qui réduirait les chances des Verts? Bruno Marmier n’y croit pas: «Le PS occupe déjà deux sièges. Je ne pense pas qu’il revendiquera un troisième siège. La gauche ne serait alors représentée que par un seul parti. Or, la gauche qui gagne est une gauche plurielle.» ■

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