L’Institut de Grangeneuve lance un programme pionnier

| jeu, 16. nov. 2017

Diminuer les antibiotiques sur 60 exploitations laitières du canton de Fribourg, c’est le projet conduit par l’Institut agricole de Grangeneuve. Il consiste à développer des stratégies alternatives au niveau de la prévention et du traitement des animaux.

PAR MARTINE LEISER

«ReLait – diminution des antibiotiques» est un programme pionnier, conduit par l’Institut agricole de Grangeneuve et son chef de projet, Jean-Charles Philipona. Mené en partenariat avec la Faculté Vetsuisse de l’Université de Berne et présenté mardi à la presse, il consiste en la mise en réseau d’exploitations laitières ciblées du canton de Fribourg, permettant de collecter des données liées à la santé des animaux de rente.
Des stratégies sont également proposées sur les différentes exploitations afin de réduire l’utilisation des antibiotiques. Lancé à la demande de producteurs souhaitant avoir accès à des méthodes alternatives pour la prévention et le traitement du bétail, il regroupe depuis le début de l’année une soixantaine d’exploitations laitières portées volontaires pour collaborer à l’étude.
Parmi elles, celle de Hans Aebischer, éleveur-exploitant à Bösingen. «Utiliser un antibiotique représente un coût, les producteurs ont donc tout intérêt à diminuer les interventions dans la mesure du possible. Le projet de Grangeneuve est intéressant puisque il propose de prévenir l’apparition des maladies sur les exploitations, et il y a une marge de progrès à faire dans ce domaine! J’aime, par exemple, l’idée d’assurer à mes vaches une bonne préparation pour la future naissance d’un veau – qui passe par le choix d’un fourrage adapté aux besoins énergétiques – une bête affaiblie risquant davantage de tomber malade. L’idée du projet est donc de mettre en place une bonne conduite du troupeau.».


Des méthodes préventives
Comme l’ont souligné mardi les différents intervenants présents, il existe de nombreuses méthodes préventives, telles que l’amélioration de l’hygiène, de l’alimentation, de la gestion du troupeau, ou même un contrôle plus strict des agents infectieux lors de maladies. L’exploitant peut aussi avoir recours, lorsqu’une bête est souffrante, à l’utilisation de médicaments alternatifs de manière complémentaire à la médecine classique. Le projet vise donc à tester différentes stratégies «applicables dans le quotidien d’une exploitation, avec toutes les contraintes existantes, et sur le long terme», précise Jean-Charles Philipona.
Il faut dire que depuis quelques années, l’utilisation des antibiotiques sur les animaux de rente est régulièrement critiquée. «Une utilisation excessive et inappropriée en médecine vétérinaire – et humaine – engendre un nombre croissant de bactéries résistantes, qui pose de plus en plus de problèmes», souligne Grégoire Seitert, vétérinaire cantonal.
Le dernier rapport de l’Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires fait cependant état d’une diminution de 45% de la vente d’antibiotiques pour la médecine vétérinaire, depuis 2008. Une baisse qui s’explique essentiellement par la réduction des ventes de médicaments administrés avec les aliments pour traiter des troupeaux entiers. «Dans la production laitière, ces pré-mélanges ne sont pas utilisés et les antibiotiques sont prescrits uniquement par le vétérinaire praticien pour soigner un animal, après avoir posé un diagnostic.» Un premier pas a donc déjà été franchi…


Un projet phare
Le programme «ReLait – diminution des antibiotiques» permet également une collaboration plus étroite entre producteurs, agronomes et vétérinaires, grâce à l’organisation de rencontres régulières favorisant l’échange. «C’est un projet qui se veut réaliste, tourné vers la pratique», ajoute la conseillère d’Etat Marie Garnier, l’opération étant également soutenue par la Direction des institutions, de l’agriculture et des forêts.
De simple initiative cantonale, le programme a donc pris de l’ampleur pour devenir un projet phare au niveau fédéral, bénéficiant du soutien financier de la Confédération. Le Service de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires, ainsi que le Service de l’agriculture du canton de Fribourg sont également associés au projet. Si bien que cent producteurs supplémentaires sont recherchés d’ici 2018. En contrepartie, ils bénéficieront d’un support de conseils pour améliorer la santé de leurs troupeaux, ainsi que d’un forfait annuel de 500 francs. Le coût total de l‘opération, qui sera conduite jusqu’en 2024, se monte à 1,8 million de francs. ■

 

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