Rénovation de l’ancien hôpital: le chef-lieu tire le frein à main

| sam, 04. nov. 2017

Le projet de transformation de l’ancien hôpital divise. Le Réseau santé et social de la Veveyse veut aller vite, la commune de Châtel-Saint-Denis préfère temporiser. Elle s’oppose au calendrier du projet et émet aussi des réserves sur ses contours.

PAR FRANCOIS PHARISA
"Le risque, si nous devions attendre trop longtemps, est de perdre les intéressés, les médecins prêts à rejoindre le bâtiment une fois rénové." La remarque de Jacqueline Bourqui, directrice du Réseau santé et social de la Veveyse (RSSV), adressée aux délégués des communes réunis en assemblée jeudi à Porsel, à l’issue de la présentation du projet de rénovation des bâtiments de l’ancien hôpital à Châtel-Saint-Denis, n’était pas innocente. Sans doute savait-elle que des voix discordantes allaient se faire entendre. Et ça pas manqué.
Au moment de la discussion générale, la commune de Châtel-Saint-Denis a fait part de sa position. Et celle-ci a quelque peu refroidi l’enthousiasme affiché par les membres du comité du RSSV et de sa commission immeubles, ainsi que par les représentants de l’entreprise Bat-Mann, mandatée pour ce projet. «Le calendrier pose problème et la réflexion sur l’utilisation de ces bâtiments a été réalisée à l’envers», n’ont pas hésité à affirmer les trois délégués châtelois présents.


Facture de 7,34 millions
Le RSSV planche sur l’avenir du site de l’ancien hôpital depuis plusieurs années. L’option retenue consiste à transformer les bâtiments existants, plutôt qu’à les démolir pour en reconstruire de nouveaux. Jeudi, les contours et les coûts du projet ont été détaillés.
Le bâtiment principal, qui n’a pas bénéficié de rénovation depuis son édification en 1972, devra être complètement assaini et désamianté. Les intérieurs des deux annexes, soit les bâtiments des Misets et Petit Paradis, seront eux aussi réaménagés.
De sorte de pouvoir offrir à ses locataires – le Centre médical de la Veveyse, le RSSV et un futur centre de santé avec ostéopathes et physiothérapeutes – une surface totale de plus de 6000 m2. Le tout pour un coût estimé à 7,34 millions de francs, à 15% près.


Terminer le PAD
Selon le planning du RSSV, le crédit de réalisation devrait être voté en janvier déjà, lors d’une assemblée extraordinaire. Suivrait la mise à l’enquête ce printemps, le début des travaux d’ici la fin de l’année et leur terme d’ici la fin 2019. Un programme qui devra être exécuté dans le cadre du Plan d’aménagement de détail Coula/Misets, qui englobe toute la zone et qui est justement en train d’être révisé – les délégués du RSSV ont d’ailleurs accordé jeudi 38 000 francs pour ce faire.
Seulement, la commune de Châtel-Saint-Denis ne semble pas avoir les mêmes plans. Elle préférerait en effet aller jus-qu’au bout de la procédure du PAD, avant d’entamer des réfections sur le site de l’ancien hôpital. «Situé en plein centre-ville, ce PAD est incontournable pour la réorganisation du secteur», a souligné Thierry Bavaud, conseiller communal, qui a rappelé que la commune et le RSSV n’étaient pas les seules parties prenantes. Une propriétaire privée l’est également. «Terminer la révision du PAD est impératif», a-t-il répété. Et tant pis si sa publication et l’enquête ne sont prévues qu’à l’automne 2018.


Parking souterrain projeté
«Mais surtout, avec les affectations futures de l’ancien hôpital, du projet d’appartements protégés porté par la commune et de la Maison des Œuvres, un parking souterrain sous le parc actuel est indispensable dans la zone, tout le monde s’accorde à le dire. Un parking d’environ 100 places. Dès lors, ne serait-il pas judicieux de le construire avant tout?» a interrogé Thierry Bavaud. Faute de quoi, selon la commune, des problèmes de mobilité, d’accès et de parking se poseront immanquablement.
Qui plus est, les délégués châtelois émettent des réserves sur les contours mêmes du projet. «Il aurait été plus efficient de partir des besoins plutôt que de vouloir occuper à tout prix tous les espaces existants», ont-ils regretté.
Les semaines qui viennent seront décisives. Une réunion entre le RSSV et la commune est prévue. Elle devra permettre
de rapprocher les deux parties, en vue de l’assemblée extraordinaire fixée, pour l’heure, en janvier. Ce qui semble toutefois loin d’être gagné.
«Il faut avancer maintenant. Ce projet touche aux intérêts de neuf communes et non pas seulement d’une seule», a tenu à rappeler Béatrice Furter, présidente du RSSV. ■

 

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L’HFR ne gérera plus les ambulances du Sud


Le 6 décembre, à Semsales, se tiendra l’assemblée constitutive d’une nouvelle association intercommunale, qui réunira les 53 communes de la Gruyère, de la Veveyse et de la Glâne. Elle chapeautera, dès le 1er janvier prochain, les Ambulances du Sud fribourgeois (ASF), dont la gestion était jusqu’à présent assurée par l’Hôpital fribourgeois (HFR).
Evoqué jeudi soir lors de l’assemblée des délégués du RSSV, ce changement découle de la dénonciation par l’HFR, en juin dernier, de la convention qui le liait aux communes des trois districts du Sud via leur réseau santé. Il assumait en effet pour les ASF un rôle de fiduciaire, particularité historique héritée de l’époque de l’Hôpital Sud fribourgeois.
«Supprimer cette tâche, qui ne nous concerne pas vraiment, permet de diminuer notre administration et de réaliser des économies», explique Alexandre Brodard, porte-parole de l’HFR. Et d’insister: «Cela ne change absolument rien à nos relations avec les ambulanciers du Sud fribourgeois évidemment.»


«Pas d’incidence négative»
Pour remplacer l’HFR, la solution s’est portée sur une nouvelle association intercommunale. «Même si les employés des ASF ne seront plus soumis à la Loi sur le personnel de l’Etat, cette nouvelle organisation n’engendrera aucune incidence négative pour eux», souligne Willy Schorderet, préfet de la Glâne et cheville ouvrière de cette nouvelle entité juridique.
Une entité aux règles «plus souples» que les autres associations intercommunales. «Nous ne voulons pas convoquer deux fois par an des délégués de 53 communes pour voter un budget. Cette structure réunira plutôt un ou deux délégués mandatés par district, ainsi que les directeurs des réseaux santé, qui resteront ainsi impliqués dans les décisions», indique Willy Schorderet.
Pour assurer cette nouvelle tâche administrative, deux personnes, dont le travail correspondra à un EPT, seront engagées. Leur bureau sera basé à Vaulruz, dans les locaux des ASF. «Les communes continueront de payer 120 000 francs environ par année pour cette tâche, le même montant que jusqu’à maintenant», assure encore le préfet.
Sur le plan opérationnel non plus, la nouvelle association n’aura pas d’impact, relève de son côté Daniel Burger, chef d’exploitation des ASF qui sont intervenues, en 2016, 4141 fois. FP

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