4,5 millions de kilomètres en quarante ans

| sam, 30. déc. 2017

Propriétaire de Taxi Etoile depuis 1977, Francisco Seoane part à la retraite. Il a décidé de vendre son entreprise à Voyages Jean-Louis SA. Le futur ex-patron retrace son parcours, de la Galice à la Gruyère, qu’il qualifie de chanceux et de besogneux.

PAR MAXIME SCHWEIZER

«Dans la vie, il faut savoir saisir les occasions qui se présentent à nous et ne pas laisser passer sa chance.» Francisco Seoane est lucide. Patron de Taxi Etoile pendant quarante ans, il admet volontiers qu’il a su être au bon endroit au bon moment. Mais que, sans le travail et son intégration, il ne serait jamais devenu ce qu’il est aujourd’hui.
Si on avait dit au petit Francisco qu’à 65 ans il serait patron d’une entreprise de transport de cette envergure, lui-même ne l’aurait pas cru. «Je suis venu en Suisse depuis la Galice à 18 ans. Lorsque je suis arrivé à Broc, chez mon frère, j’ai été engagé en tant que machiniste dans une usine de plastique, décrit le futur retraité. Puis, après un passage à Fribourg, j’ai commencé à travailler pour Taxi Dupré en avril 1977.»
Après six mois, voilà que son patron, Jean Dupré, lui propose de lui vendre l’entreprise. «A ce moment-là, j’avais besoin d’un associé. Car, à l’époque je ne possédais pas le permis C.» Taxi Etoile compte désormais trois cars, un minicar, deux petits bus et quatre taxis.


Intégration indispensable
Un parcours rendu possible grâce à l’intégration réussie de l’Espagnol dans le paysage gruérien. «Tout de suite quand je suis arrivé ici, j’ai joué au foot et j’ai fait partie des pompiers. Mon père disait toujours que dans une meute de loups, il faut savoir aboyer comme eux. Donc si je voulais me faire apprécier, il fallait que je sois intégré.»
Une adaptation réussie qui va de pair avec la croyance dans son activité. Une foi inébranlable. «Dans la vie, il faut croire que nous sommes capables d’y arriver. Et surtout, il faut se donner les moyens d’atteindre les sommets.»
Par exemple, lorsque les GFM (devenus TPF) ont abandonné leur système de voyages, Taxi Etoile a sauté sur l’occasion pour s’introduire sur ce marché. «Le système était apprécié des Gruériens, explique Francisco Seoane. J’ai alors repris le flambeau et je me suis lancé dans une nouvelle aventure.»
Le temps passant, la politique de l’entreprise est restée intacte. «Même si nous nous sommes développés, nous avons su garder la proximité avec les clients. Il s’agit de notre point central.»
Pour cela, Francisco Seoane roulait 25 000 kilomètres par année rien que pour tester les restaurants et les hôtels qui pourraient devenir partenaires pour les prochains voyages. «Lorsque nous ne connaissons pas l’endroit, nous nous rendons à chaque fois sur place avec ma femme. Nous pouvons toujours améliorer nos offres. Avant, nous devions téléphoner à l’office du tourisme pour sélectionner les établissements. De nos jours, internet nous facilite la tâche.»


Beaucoup d’amitiés
Que ce soit en France, en Allemagne ou en Italie, moult amitiés se sont créées. Avec les restaurateurs ou les responsables d’hôtel. «A force d’y aller, année après année, nous avons développé une relation qui dépasse le cadre professionnel et sommes devenus proches», avoue le chauffeur qui affiche plus de 4,5 millions de kilomètres au compteur.
Une relation privilégiée s’est également créée avec quelques clients. «Comme ils viennent tous les ans, plusieurs sont devenus des amis. Je trouve que la confiance qu'ils nous accordent est une belle récompense.»


Un pincement au cœur
Arrivé à l’âge de la retraite, Francisco Seoane cherche à vendre son entreprise depuis deux ans déjà. «Quand j’ai appris que mon fils s’orientait davantage vers les camions que les cars, j’ai commencé à contacter des gens autour de moi. Plusieurs offres sont arrivées sur la table.» Celle de Voyages Jean-Louis SA a fini par convaincre le Galicien d’origine.
Lâcher une entreprise après tout ce temps n’est de loin pas aisé. Surtout après tant de sacrifices et de travail. «J’ai un pincement au cœur, mais j’ai quelque soulagement en apprenant que la façon de faire restera la même après mon départ. Jean-Daniel Chardonnens (n.d.l.r.: le directeur de Voyages Jean-Louis) me l’a assuré.» La transition se fera en douceur, car le futur ex-patron partira au mois de juin.
Une retraite bien méritée pour Francisco Seoane. «Je pourrai enfin avoir de vraies vacances sans penser au boulot. Et aussi m’occuper de ma petite-fille de cinq ans.»
Dans son chalet situé à Moléson-sur-Gruyères, Francisco Seoane pourra admirer sa contrée d’adoption. «Quand je rentre de voyage, je suis à chaque fois ébloui par la beauté de nos paysages. Profiter de cette vue chaque matin m’emplit de joie.» ■

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Une multitude de souvenirs
Francisco Seoane a gardé bon nombre de souvenirs. Que ceux-ci soient drôles, loufoques, heureux ou marquants, le Gruérien d’adoption raconte…

La course la plus longue?
«En tant que chauffeur de car, j’ai conduit jusqu’en Espagne, dans ma Galice natale. Ou alors jusqu’en Andalousie. Ces trajets représentent près de 4000 kilomètres aller-retour.

La course la plus courte?
«Un jour, un client m’a demandé si je pouvais l’amener chez Publicitas, qui se situait dans la Grand-Rue, alors que nous nous trouvions à la gare. Il m’a juste fallu traverser la rue de la Sionge et il était arrivé. Je l’avais pourtant prévenu que le trajet serait vraiment court.»

La course la plus loufoque?
«En quarante ans, j’en ai vu des choses. Il m’est arrivé que les clients partent en courant sans payer. Je dirais que le plus fou fut le jour où j’ai dû véhiculer une femme verte de jalousie alors que son mari se trouvait avec sa maîtresse dans un restaurant. Nous avions fait le tour du district. Puis, nous avions attendu la fermeture de l’établissement alors qu’il était déjà rentré à la maison.»

Une autre anecdote?
«Oui. Nous étions à Pise et nous quittions le parking. Puis, je reçois un appel m’avertissant que nous avions oublié un passager sur place. Donc je me parque sur le côté et demande aux gens présents dans le car s’il manque quelqu’un. Une femme a levé la main et a annoncé que son mari n’était plus là.»

Avez-vous déjà véhiculé des célébrités?
«J’ai eu la chance de transporter l’équipe du Real Madrid qui faisait un camp à Nyon. C’était dans les années 1990 à l’époque de Fernando Hierro, de Raul ou encore d’Hugo Sanchez. Sinon, j’ai amené Patrick Fiori à Espace Gruyère et également un ministre japonais.»

Votre pire souvenir?
«J’ai eu quelques pannes, mais je me disais à chaque fois que ça aurait pu être pire. Autrement, j’ai eu de la chance, car je ne me suis jamais fait insulter ou menacer.»

Et votre meilleur souvenir?
«J’en ai tellement qu’il est impossible d’en choisir un seul. Un jour, lors d’un voyage de réveillon, un client devenu ami, qui a perdu sa femme et sa fille m’a dit en m’enlaçant: «Merci pour les bons moments que tu nous donnes. Car ces bons moments c’est à nous de choisir d’en profiter et d’y participer. Alors que les mauvais nous sont imposés.» MS

Commentaires

Merci pour les belles sorties que nous avons fait avec Taxi Etoile. Nous avons toujours été satisfais de vos prestations et de vos disponibilités. Tous nos voeux pour une joyeuse retraite avec votre famille

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