Alain Berset est élu à la présidence

| mer, 06. déc. 2017

Alain Berset présidera la Confédération en 2018. L'Assemblée fédérale a élu le socialiste fribourgeois mercredi matin par 190 voix sur 210 bulletins valables. Le chef du Département fédéral de l'intérieur, 45 ans, succède à la démocrate-chrétienne Doris Leuthard.

Le socialiste fribourgeois Alain Berset présidera la Confédération l'année prochaine. Sous le coup de son récent échec sur les retraites, il pourrait profiter de sa nouvelle fonction pour s'affirmer, notamment sur la scène européenne. Et miser sur son âge, 45 ans.

Jeune loup passé par l'école des notables du Conseil des Etats, le conseiller fédéral jongle entre tactique politique et défense du consensus. Le ministre des affaires sociales a dû faire plus qu'à son tour le poing dans la poche notamment face au Parlement.

Echec sur les retraites

Son plus grand échec a été la réforme de la prévoyance vieillesse, sur laquelle ses prédécesseurs PLR s'étaient déjà cassé les dents. Ambitieux, le socialiste avait décidé de s'attaquer de pair à l'AVS et à la prévoyance professionnelle. Une alliance avec le PDC a sauvé sur le fil le projet au Parlement.

Mais la droite et une partie de la gauche sont montées aux barricades. L'engagement d'Alain Berset tout au long de la campagne n'a pas suffi. Le 24 septembre, le peuple a rejeté par 52,7% la réforme et, du bout des lèvres, son financement par la TVA.

Tout est à recommencer. Le docteur en sciences économiques qui avait réussi en son temps le concours diplomatique ne s'est pas débarrassé du problème en jetant son dévolu sur les affaires étrangères, libérées par Didier Burkhalter. Il pourra désormais compter, comme collaboratrice personnelle, sur une actrice du dossier, la syndicaliste Doris Bianchi.

Jeune notable

Le ministre s'était flanqué auparavant d'une garde rapprochée masculine de quadragénaires socialistes et alémaniques. Sportif, Alain Berset sait habilement jouer la carte jeune. Premier conseiller fédéral de l'histoire à tweeter, il a introduit le "selfie" au gouvernement.

Mais c'est une autre image qu'Alain Berset a parallèlement imposée. Son profil de premier de classe, qui lui a permis d'être élu haut la main face à l'impétueux Pierre-Yves Maillard pour succéder à Micheline Calmy-Rey, ne lui a pas joué de tour.

Le Fribourgeois a continué de se présenter tel qu'il s'était révélé comme sénateur: posé, le verbe réfléchi, le ton docte. "Mon but est l'efficacité", a-t-il dit, soulignant son souci de rechercher l'équilibre.

Le jeune ministre n'en a pas moins haussé le ton pour défendre l'enseignement du français à l'école primaire en Suisse alémanique. Face à des cantons récalcitrants, il a embrayé la machine à légiférer fédérale puis l'a mise en veilleuse. Thurgovie a finalement cédé.

Pianiste à ses heures, doué pour les langues, Alain Berset s'est par ailleurs montré à l'aise comme ministre de la culture. Il s'affiche volontiers lors de festivals avec son épouse Muriel. Le couple, qui a trois enfants, habite le village d'origine du conseiller fédéral, Belfaux.

Trop de tactiques ?

Le terrain social s'est avéré le plus glissant. Maîtrisant vite ses dossiers, le Fribourgeois ne s'est pas laissé démonter par un dicastère semé d'embûches. Après chaque bronca, il repart au combat et multiplie les stratégies et autres plans directeurs. Chaque année, il doit venir annoncer la hausse des primes maladies, non sans esquisser de nouvelles pistes pour sortir de la spirale.

Certains reprochent à Alain Berset de se perdre dans des manoeuvres tactiques. Le conseiller fédéral s'est fait un nom en politique en même temps que son ami, l'actuel président du PS Christian Levrat.

Son contre-projet contre l'initiative pour une caisse maladie publique et unique, rejeté par la droite, a fait long feu. Son concept de régulation de l'offre en soins n'a pas convaincu. Les Chambres fédérales ne lui ont pas facilité pas la vie.

Comme plusieurs de ses prédécesseurs, Alain Berset a tenté la voie de l'ordonnance. Mais là encore, il a été chahuté. Ses projets d'application de la nouvelle loi sur la surveillance de l'assurance maladie, sur les rabais de primes maladie et les franchises et sur les régions de primes ont été revus et corrigés.

Des succès

Le ministre de la santé a toutefois pu avancer çà et là ses pions, comme dans la transmission des données des patients aux caisses. Une solution a finalement été adoptée pour la redistribution des primes payées en trop dans certains cantons comme Vaud et Genève.

Le dossier de l'assurance accidents, bloqué par le Parlement du temps de Pascal Couchepin, a pu être sorti de l'ornière. Alain Berset a aussi frappé fort en restaurant sans attendre le remboursement des lunettes pour enfants par l'assurance maladie. ATS

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