Le produit de la quête revient à l’Université

| mar, 05. déc. 2017

Depuis sa création, l’alma mater fribourgeoise profite d’un soutien indirect de l’Eglise catholique. L’argent récolté va notamment permettre le lancement d’un centre des sciences de l’environnement.

PAR DOMINIQUE MEYLAN

Chaque premier dimanche de l’avent, l’Université s’invite dans les églises. La quête, effectuée dans toutes les paroisses catholiques de Suisse et du Liechtenstein, lui revient intégralement. Cette habitude qui date de la fondation de l’alma mater a perduré jusqu’à aujourd’hui. Les fonds récoltés ne sont pas attribués au fonctionnement général, mais servent à promouvoir des projets particuliers.
Cette quête était d’abord limitée au diocèse de Genève, Lausanne et Fribourg. Puis elle a été étendue à toutes les paroisses en 1949. «L’Université a toujours été liée à l’Eglise catholique», souligne Melchior Etlin, administrateur du Conseil de l’Université et de la Fondation Pro Universitate Friburgensi. Historiquement, alors que le financement de la Confédération, des autres cantons ou des fonds de soutien à la recherche n’existait pas, le produit de cette quête apportait une aide bienvenue à l’alma mater.
De 1962 à 1987, plus d’un million de francs atterrissait dans ses caisses à chaque quête. Ce montant a progressivement baissé. Ces dernières années, il s’élève à 400 000 francs environ.
L’alma mater n’a jamais été une institution ecclésiale, soulignent les évêques dans leur appel aux dons, poursuivant: «Cette institution bilingue et de renommée internationale a cependant toujours, depuis ses débuts et aujourd’hui encore, honoré ses racines catholiques en veillant à ce que les différents domaines de la recherche et de l’enseignement prêtent attention aux implications éthiques de l’activité scientifique.» Autant de paramètres qui expliquent leur soutien.


Des projets spécifiques
L’argent est géré par la Fondation Pro Universitate Friburgensi qui a été spécialement créée par les évêques pour cette quête. L’attribution se fait toutefois en collaboration avec le Conseil de l’Université et les besoins de l’alma mater sont pris en compte.
Actuellement, deux projets reçoivent un important soutien. Depuis dix ans, l’Université met en place des cours d’éthique dans toutes ses facultés. Business éthique, éthique dans le domaine biomédical ou dans le journalisme, beaucoup de domaines ont un intérêt pour cet enseignement. «A l’heure actuelle, les fake news représentent un immense problème, prend pour exemple Melchior Etlin. Le public ne sait plus ce qui est juste ou faux dans les médias sociaux.» Dans le domaine scientifique, le développement des véhicules automatisés pose quelques questions fondamentales. «En cas d’accident, qui est responsable?» s’interroge l’administrateur.


Promouvoir la durabilité
Le second projet soutenu par la quête universitaire relaie une grande question de notre époque: la durabilité. Ce thème sera également décliné dans toutes les facultés. «L’Université de Fribourg va lancer en 2018 un centre des sciences de l’environnement», révèle Melchior Etlin. C’est un programme spécifique et unique à l’institution fribourgeoise.
L’Université y contribue pour moitié. «Mais son budget est très serré, note Melchior Etlin. Le fonctionnement utilise presque toutes les ressources et il ne reste pas beaucoup de marge de manœuvre.» L’apport de la quête, comme celui des alumni, les anciens étudiants, peut s’avérer décisif dans le démarrage de projets d’envergure.
A plus petite échelle, le dimanche universitaire permet d’offrir un coup de pouce à certaines recherches, à des colloques ou à des publications scientifiques en mal de financement. Quelques bourses sont distribuées à des étudiants de pays émergents. ■

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