Avec les fortes pluies, le niveau des lacs a atteint un seuil critique

| ven, 05. Jan. 2018

Les pluies abondantes amenées par la tempête Eleanor ont fait craindre le débordement de plusieurs lacs. Encore aujourd’hui, des mesures sont entreprises pour maintenir leur niveau.

PAR FRANCOIS PHARISA

La tempête Eleanor est passée et la situation se détend, mais les lacs de la région flirtent encore avec leur seuil limite de débordement. Hier vendredi, le niveau des eaux du lac de la Gruyère s’élevait à 675,93 mètres. Son niveau maximal se situe à 677 mètres au-dessus du niveau de la mer. Il devrait être atteint aujourd’hui dans la journée.
«La situation est sous con-trôle. Nous sommes maintenant en phase de décrue», rassure Jean-Marc Bourqui, responsable de la conduite des ouvrages chez Groupe E, dont les équipes sont sur la brèche depuis mercredi.
Le pic de crue a été atteint jeudi soir aux alentours de 21 h, avec un débit entrant dans le lac de la Gruyère de près de 400 m3/s. En temps normal, celui-ci avoisine 34 m3/s. «Nous avons procédé à un déversement, c’est-à-dire à une ouverture de vannes, de l’ordre de 5 à 10 m3/s, dans un but purement préventif.»
Les lacs de Rossinière et de Lessoc sont, eux, en déversement depuis mercredi déjà. Celui de Montsalvens depuis jeudi. Ces opérations devraient stopper aujourd’hui. L’ouverture de vannes suit un protocole strict. «La mise en eau de la rivière s’effectue par paliers progressifs. Il y a d’abord une vision locale sur le barrage pour la première ouverture, puis la suite est dirigée depuis le centre de conduite», explique Jean-Marc Bourqui, qui qualifie ces opérations de standard. «Il y en a tous les ans.» Il précise encore que, aavant chaque déversement, autorités, police et riverains sont avertis.


«Un manque à gagner»
L’eau ainsi libérée poursuit son cours sans être turbinée. Et ne permet donc pas de produire du courant électrique. «C’est un manque à gagner, mais nous n’avons pas le choix», reconnaît le responsable de Groupe E. Les centrales hydroélectriques n’ont pas les capacités suffisantes pour absorber autant d’eau.
A la centrale de Montbovon par exemple, la capacité de turbinage est actuellement de 20 m3/s – elle sera doublée une fois la révision du deuxième groupe de production terminée. Soit dix fois moins que l’arrivée d’eau de jeudi! Pas question toutefois d’agrandir l’infrastructure. «Il ne servirait à rien de surdimensionner les centrales pour ces quelques épisodes, ce ne serait pas rentable économiquement», assure Jean-Marc Bourqui. A Montbovon, la capacité actuelle permet la production d’électricité annuelle de 60 000 MWh. La centrale de Broc, d’une capacité de 25 m3/s, et celle de Lessoc, où le turbinage s’effectue directement dans le barrage, sont confrontées au même problème.
Les vannes devraient rester ouvertes jusqu’à ce que les arrivées d’eau soient égales à ce que les centrales peuvent turbiner. ■

 

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Plus de 3 millions de francs de dégâts dans le canton

Les premières estimations des dégâts causés dans le pays par la tempête Eleanor ces derniers jours atteignent déjà plus de 50 millions de francs, ainsi que le rapporte l’Agence télégraphique suisse. Dans le canton, la facture s’élèvera à «plus de 3 millions de francs», indique Grégoire Deiss, responsable assurances auprès de l’Etablissement cantonal d’assurance des bâtiments (ECAB), contacté jeudi en fin de journée. Celui-ci souligne toutefois qu’il ne s’agit là que d’une estimation. «On s’attend à ce que la facture augmente encore avec le retour des vacanciers», précise-t-il. Pour l’heure, l’ECAB a enregistré plus de 600 annonces de sinistre. Des tuiles et des avant-toits arrachés, des parois endommagées par des objets projetés, des cheminées tombées, des caves inondées… L’ECAB rappelle la marche à suivre pour déclarer un sinistre: prendre des photos du dommage et l’annoncer via le formulaire disponible sur son site internet. FP

Commentaires

Prétendre que l'eau qui ne peut être turbinée est un manque à gagner relève d'une réflexion de pseudos-scientifiques ! Si le trop-plein passe directement dans les rivières, il reste toujours la même quantité d'eau qu'auparavant à turbiner, donc où peut bien se trouver la perte ?
J'aurais bien aimé connaître la réflexion d'un responsable au sujet de ce commentaire. Je me réjouis de revenir naviguer sur le lac, là où j'ai acheté mon kayak en mai 2017, et où le niveau était encore bas à cette date.

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