L’Enclume, dans l’univers recréé de la forge et du métal

jeu, 11. Jan. 2018

Après dix-neuf mois de travaux et un budget de deux millions, le Restaurant L’Enclume, situé dans la bâtisse du Maréchal-Ferrant à Charmey, a ouvert ses portes en décembre. Une nouvelle étape devrait débuter ces prochains mois avec la rénovation de l’hôtel.

PAR MARTINE LEISER

Baptisé L’Enclume par ses nouveaux propriétaires, le restaurant situé dans la célèbre bâtisse du Maréchal-Ferrant, à Charmey, donne le ton de l’ampleur des travaux effectués. Un espace cosy, aéré, des matériaux sélectionnés avec soin, où se marient l’ancien et le moderne afin de récréer l’univers de la forge. Le restaurant occupe ainsi tout le rez du bâtiment, avec le carnotzet, et une partie du premier étage, où se trouve également la cuisine.
«Ici, le client doit se sentir comme chez lui.» Annick Boudon, originaire du Vaucluse et gérante des lieux, allume un feu dans l’ancienne forge, remise en l’état, où sont suspendus des outils de l’époque. «Créer un climat familial, proposer des produits de qualité dont on connaît la traçabilité, me tient à cœur. J’aime ce côté terroir.» Elle reconnaît également qu’avec cet endroit, elle tient «un bijou entre les mains».
Un espace convivial, donc, mais de découvertes aussi avec une enclume qui dort dans un coin, des lampes en forme de cloche de vache, beaucoup de métal, mais aussi du bois et de la pierre. Dans les coulisses du bâtiment, d’autres machines – toutes dénichées dans une vieille forge de Villarepos – devraient également rejoindre prochainement la salle à manger.
La métamorphose de la bâtisse du Maréchal-Ferrant n’en est pourtant qu’à ses débuts. Pour la mener à bien, cinq entrepreneurs du coin – à qui l’on doit également la création de l’Obar, lieu bien connu des noctambules charmeysans – se sont associés à Michel Volet, président du HC Fribourg-Gottéron, installé à Charmey et qui retrace pour nous l’aventure.


Recommencer à zéro
«L’ancien propriétaire du lieu, un promoteur genevois, voulait en faire des lofts. On ne pouvait pas laisser faire ça dans ce lieu chargé d’histoire, situé en plein centre du village. Il y a deux ans, on a donc décidé d’acheter le bâtiment mis en vente.» Une rénovation d’envergure, prévue en trois étapes, dont la première s’est achevée au mois de décembre. Après dix-neuf mois de travaux et de nombreux aléas, le Restaurant L’Enclume ouvrait enfin ses portes.
«Comme le bâtiment était à l’abandon depuis onze ans, il a fallu tout démonter, tout vider, mais aussi tenir les façades et les étayer pour qu’elles ne tombent pas sur la route. Des travaux d’une ampleur folle! On n’a pas eu vraiment de bonnes surprises, c’est certain, mais on s’y attendait un peu. Au final, on a laissé quasiment que les murs extérieurs – ceux-ci étant protégés par les Biens culturels. Pour le reste, il a fallu tout recommencer à zéro.»


Le futur hôtel
Pour les mois à venir, c’est un nouveau défi qui se profile, avec la mise en œuvre des travaux liés à la rénovation de l’hôtel. Il portera d’ailleurs le nom qui lui est dû: Le Maréchal-Ferrant. «On a des plans pour faire une trentaine de chambres sur trois étages, et éventuellement deux dortoirs.» Une construction qui devrait durer deux ans, avec son lot d’imprévus.


L’atelier du fromage
Enfin, la troisième et dernière étape de cet ambitieux projet, devrait être consacrée à l’élaboration d’un nouveau concept, lié cette fois à la grande salle, bien connue des habitants du village puisqu’elle a abrité les soirées de loto et de gym, ainsi que la fanfare. Mais là, son destin sera tout autre. «On aimerait en faire un atelier de fabrication du fromage afin d’attirer les visiteurs, avec des chaudrons disposés çà et là, comme Cailler l’a fait avec ses ateliers chocolat.»
Du fromage à la salle du Maréchal? «Il faut savoir que le gruyère vient, tout à l’origine, des caves de La Tzintre, situées à deux pas. Et le fromage est mis à l’honneur dans notre restaurant.»
Avec cet atelier traditionnel, des chambres à des prix accessibles et son restaurant, Le Maréchal-Ferrant disposerait ainsi d’une offre complète, à l’intention des familles. Pour ce faire, les six associés se sont donné les moyens: «On a déjà dépassé les deux millions avec les premières rénovations! Après, cela va dépendre de ce que l’on va faire avec la grande salle et l’hôtel.»
En faisant le tour du propriétaire, on constate que l’endroit n’a pas fini de livrer tout son potentiel. Parmi ces «perles» tenues longtemps à l’abri des regards, une terrasse qui offre un joli coup d’œil sur les Gastlosen.
Devant l’entrée du futur hôtel, sous la fresque de la façade qui sera également restaurée, Michel Volet explique que «la commune a prévu de paver certaines ruelles du centre, dont celle qui mènera jusqu’à la porte de l’hôtel – actuellement un chemin de gravier. Cet endroit fera ainsi partie intégrante du cœur du village, comme à l’époque.»
Le Maréchal-Ferrant s’inscrit donc dans une vision d’avenir. «Il s’agit d’amener quelque chose d’authentique, comme ce qui est proposé à la forge de La Tzintre, afin de contribuer à faire de Charmey, un lieu d’excursion où l’on vient, qu’importe la météo. C’est aussi permettre aux jeunes générations de découvrir l’histoire locale, dont celle du Maréchal-Ferrant fait partie.» ■

 

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Mme Churchill est passée par là

«Des personnages illustres sont passés par là, tels que Mme Winston Churchill et sa fille Mary.» Michel Volet retrace l’histoire du lieu – construit vers 1780 et qui sera transformé dans les années 1820 en hôtel. En 1878, explique-t-il, «son destin prend un nouveau tournant lorsque l’hôtel s’associe à La Poste, devenant un relais. L’acheminement du courrier, ainsi que le transport des passagers, étaient assurés par les diligences reliant Charmey à Bulle. C’était l’endroit où les gens s’arrêtaient, le cœur du village: les chevaux, épuisés par leurs voyages à répétition, se faisaient ferrer et abreuver chez le maréchal-ferrant, situé de l’autre côté de la route reliant Bulle au col du Jaun.» Une situation toute particulière qui a donné son nom à l’établissement.
A l’époque, le restaurant était attenant à la salle du village, appelée «salle du Maréchal», et qui accueillait les cours de gymnastique, les lotos, rythmant la vie du village. «L’établissement sera exploité jusqu’en 2007, avant d’être laissé à l’abandon.» ML

 

Commentaires

Bravissimo et tous mes bons voeux à l'équipe.

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