La robe chatoyante d’une dame d’Hauteville

| mar, 30. Jan. 2018

Pour fêter ses 100 ans, le Musée gruérien invite les habitants de chaque commune de la Gruyère. Six soirées pour découvrir ce que l’institution conserve de sa ville ou de son village.

PAR LA GRUYERE ET LE MUSEE GRUERIEN

Histoire de trésors (1/6). Soigneusement confectionnée à la main, le corsage doublé de coton, la jupe froncée, cette robe de soie et de laine habillait durant sa jeunesse une certaine mademoiselle Manai. Le registre d’entrée du Musée gruérien indique aussi que cette habitante d’Hauteville décéda à l’âge de 92 ans, le 29 juin 1937. L’année même où la pièce vestimentaire fut léguée.
Sa coupe est similaire aux dizaines de robes que le Musée gruérien conserve dans ses collections. Celle-ci sort toutefois du lot grâce à ses courbes élaborées et son étoffe chatoyante quand les autres affichent très souvent des couleurs sombres. D’après les informations recueillies, l’étoffe venait de Paris. Elle aurait été offerte à mademoiselle Manai par son frère.
Il a fallu beaucoup de tissu pour obtenir le plissement de la jupe. Raffinement encore: son ourlet est souligné de deux rubans de velours noirs. Ce fut la robe d’une vie. Pour la rendre plus belle que jamais, il fut d’ailleurs cousu plus tard à ses poignets des galons de soie violette.
A l’instar de cette robe de la fin du XIXe siècle, le Musée gruérien a collectionné près d’un millier de pièces de vêtements. Des pièces cousues à la main que la génération suivante ne portait plus.
De gais gilets pour homme qui présentent un devant en précieuse soie rose, violette ou vert pomme, tandis que le dos, non visible sous la veste, se constitue d’une rude toile souvent rapiécée. Des dizaines de fichus, tissés à la main et parfois brodés de perles. Des coiffes et des bonnets de dentelle noire qu’aucune femme, sans doute, n’imaginerait porter aujourd’hui. Des sous-vêtements, tout aussi étranges, cousus dans une toile blanche. Plus récemment, les épaisses jaquettes en laine non dégraissée (broustous, gilets de La Roche ou de Charmey) sont également arrivées au musée.
Ce patrimoine textile en dit long. Il appelle au souvenir certains usages: il y a deux générations, un adulte portait un unique habit du dimanche toute sa vie. En Gruyère, la plupart des vêtements étaient confectionnés sur place, par des tailleurs professionnels ou par les mères de famille. Il y a un siècle, les dames comme les messieurs avaient une prédilection pour la soie. A Bulle, les boutiques de la Grand-Rue s’alignaient sur la mode de Paris. On recherchait l’élégance à la française. Le patrimoine textile en dit long: il raconte même les rêves et les aspirations. ■

Bulle, Musée gruérien, 18 h 30-21 h. Plus d’infos sur www.musee-gruerien.ch

 

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La Gruyère en six soirées

Ce mercredi, la première visite sera centrée sur les communes de Corbières, Echarlens, Hauteville, La Roche, Morlon, Pont-en-Ogoz, Pont-la-Ville et Treyvaux. L’archiviste cantonal Alexandre Dafflon en assurera un bref exposé historique. A noter que les soirées sont ouvertes à tous, pas seulement aux citoyens des communes concernées. Le 7 février, Bas-Intyamon, Grandvillard et Haut-Intyamon seront à l’honneur. Le préfet et historien Patrice Borcard en fera une présentation. Ce soir-là, les archives de Bounavaux et le drapeau ancien de Grandvillard seront remis au Musée. Le 21 février, l’institution évoquera Bulle, Gruyères, Le Pâquier et Vuadens. La présentation historique sera signée Denis Buchs, ancien conservateur du Musée. Il sera question de Bulle encore, mais aussi de Marsens, Riaz, Sâles, Sorens et Vaulruz, le 7 mars. Les visiteurs pourront écouter l’historienne Anne Philipona leur dévoiler une partie de leur patrimoine. Le 21 mars enfin, la soirée s’adresse en particulier aux citoyens de Botterens, Broc, Châtel-sur-Montsalvens, Crésuz, Bellegarde et Val-de-Charmey. Le conservateur du Musée de Charmey Patrick Rudaz assurera la présentation historique. Les Veveysans et les Glânois qui désirent en savoir davantage sur leur histoire pourront, quant à eux, la découvrir le 28 mars, en présence de Florian Defferrard, archiviste de Bulle et Romont. Une soirée également dédiée à Lausanne, où les Fribourgeois de Lausanne remettront leur drapeau et leurs archives au Musée. PR

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