Le centre d’excellence, c’est fini

| jeu, 18. Jan. 2018

Inauguré en grande pompe il y a huit ans, le prestigieux centre de recherche sur le chocolat sera rapatrié à York dès le 1er mai. Les vingt-cinq personnes concernées devraient retrouver du travail chez Nestlé. La fabrique de Broc conservera une unité technique d’une quinzaine de personnes.

PAR JEROME GACHET

Le 7 septembre 2009, quand ouvre le Chocolate Center of Excellence (CCE), c’est l’effervescence à l’usine de Broc. Parmi les invités, la conseillère fédérale Doris Leuthard, Paul Bulcke, un des patrons de Nestlé, ainsi que le conseiller d’Etat Beat Vonlanthen. Pour couvrir l’événement, des journalistes qui viennent de Suisse, de France, d’Angleterre, mais aussi du Japon. Près de 25 millions de francs sont investis dans l’opération.
L’implantation de ce centre d’excellence donne incontestablement du prestige à la fabrique gruérienne. C’est là que doivent être élaborées les nouvelles recettes de chocolat. Un haut lieu de l’innovation. Nestlé signe un contrat de collaboration avec quelques-uns des meilleurs chocolatiers du monde comme le Belge Pierre Marcolini.
Cette belle histoire, vieille de huit ans seulement, est déjà terminée. Mardi après-midi, les responsables de Nestlé ont informé le personnel que, dès le 1er mai, le CCE sera rattaché au Product Technology Centre de York, en Angleterre.
Une information révélée hier par 24 heures et que confirme Nina Kruchten, porte-parole de Nestlé Suisse. Les motivations de la multinationale restent floues: selon la version officielle, cette centralisation vise à «améliorer la rapidité et l’agilité de l’innovation à l’échelle mondiale». Cette décision s’inscrit dans un vaste plan de restructurations lancé l’automne dernier.


«Eviter tout licenciement»
Actuellement, vingt-cinq employés d’une dizaine de nationalités, travaillent au CCE de Broc. Nina Kruchten explique que le but est d’éviter tout licenciement: «Certaines pourront aller travailler à York, d’autres resteront à Broc ou prendront d’autres fonctions au sein du groupe Nestlé. Nous devons encore trouver des solutions pour huit collaborateurs. La situation se clarifiera dans les semaines à venir.»
L’usine de Broc n’est pas directement concernée, reprend Nina Kruchten. Le CCE a toujours été une entité indépendante, avec ses quartiers au deuxième étage de l’usine.
Et qu’adviendra-t-il des locaux? «Le CCE sera transformé en unité technique. Composée d’une quinzaine de personnes, celle-ci soutiendra les activités de chocolat dans la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique du Nord. Il y aura toujours de l’innovation à Broc.» Et d’insister sur le fait que les produits Cailler continueront à être développés et produits exclusivement en Gruyère. «Pour cette marque, ça ne va pas changer.»
Avec ce départ, le site perd toutefois son fleuron. C’est en effet le secteur de la recherche fondamentale qui va s’en aller. Le Chocolate Center of Excellence comporte quatre secteurs: la cuisine gustative, le laboratoire d’analyse sensorielle, la connaissance des consommateurs et le design.


Le syndic rassuré
Averti mardi, le Conseil communal de Broc prend acte de la décision de Nestlé. «Pour nous, le centre d’excellence, qui concerne surtout les professionnels, a toujours été assez abstrait. Mais c’est triste pour les personnes concernées», réagit le syndic Stéphane Sudan. «Les responsables de Nestlé nous ont rassurés sur l’avenir de l’usine et des
300 collaborateurs, même s’il n’y a plus qu’une vingtaine de Brocois. Ils comptent investir sur le site dans les années à venir.» ■

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