«Un snowpark aussi grand, on n’en verra pas souvent»

| jeu, 08. fév. 2018

Mathilde Gremaud prend aujourd’hui la direction de PyeongChang, en Corée du Sud, où elle participera à ses premiers jeux Olympiques en freestyle. Après onze mois sans compétition en raison d’une blessure au genou, la skieuse évoque ses sentiments avant la grande aventure olympique.

PAR KARINE ALLEMANN

Aujourd’hui jeudi, jour de son 18e anniversaire, Mathilde Gremaud s’envole pour la Corée du Sud, où elle participera à ses premiers jeux Olympiques d’hiver. Ses premiers, car les joutes de PyeongChang pourraient bien précéder d’autres rendez-vous olympiques. La Rochoise n’a-t-elle pas que 18 ans? La compétition féminine de slopestyle (enchaînement de figures sur des barres et des sauts) aura lieu le samedi 17 février, sur le coup de 5 heures en Suisse. Jointe quelques jours avant le grand départ, elle évoque son état de forme après les onze mois sans compétition depuis sa blessure au genou et cette aventure olympique qui l’attend.

Comment se passe votre préparation?
Avec les freestylers suisses qui vont aller aux Jeux, nous sommes restés en camp à Laax, dans les Grisons, du jeudi au mardi. Tout se passe bien, je m’amuse tout le temps, donc c’est cool! C’est bien de pouvoir skier comme avant, le genou va super. Les sensations sont encore un peu étranges, car toutes les figures ne «rentrent» pas du premier coup, alors je m’énerve un peu. Mais, sinon, je me sens bien.

Quelle est une journée type d’entraînement?
Nous partons skier le matin vers 9 h. Ce n’est pas très tôt mais, même si on reste toute la journée au snowpark, les conditions ne changent pas, donc autant bien dormir. En général, on skie assez longtemps, jusque vers 15 h 30 ou 16 h, en enchaînant les barres de slide (glisse) et les sauts. Ensuite, on se repose et on va manger toute l’équipe ensemble, et parfois on refait un petit entraînement physique le soir ou on va à la piscine.


Est-ce que vous entraînez de nouvelles figures ou vous consolidez vos bases?
Je consolide plutôt ce que je sais déjà faire. Je dois réapprendre certains petits réglages pour bien poser les figures à chaque fois. Des petits réflexes et des repères que j’ai perdus durant la période où je n’ai pas skié. Le but est de récupérer mon niveau d’avant. Et il faudra réussir à être constante, à rester concentrée.

Quel serait votre run idéal, qu’auriez-vous envie de montrer?
Je ne sais pas. Là, j’ai surtout récupéré mes tricks (figures en l’air) et j’attends de voir les installations sur place avant d’imaginer trop de choses. Je préfère ne pas prévoir les détails, car, parfois, on peut être surpris en découvrant les installations, qui ne correspondent pas tout à fait à ce qu’on imaginait en voyant les photos. On sait déjà comment le snowpark sera aménagé, mais sans voir sur place, on ne peut pas vraiment se rendre compte de la taille des éléments et des espaces entre chacun d’eux.

Qu’est-ce que les meilleures et vous-même allez présenter pour viser la victoire ou un podium?
Il y aura de toute façon des doubles, c’est-à-dire des sauts où les filles auront deux fois la tête en bas. Cela s’est fait une fois seulement en slopestyle, par deux filles. Sinon, cela se réalise plutôt dans les compétitions de big air. De mon côté, avec ma blessure, je n’ai pas eu de progression cette année, je suis restée à mon niveau de l’hiver dernier. Donc je vais sûrement opter pour des passages plus sûrs, en visant une bonne réalisation plutôt que le truc difficile. Car celles qui vont tenter les doubles peuvent aussi perdre des points si elles commettent beaucoup d’erreurs. Vu ma situation, je n’ai pas tellement d’autres choix que d’essayer d’assurer un maximum. Et peut-être que je profiterai des erreurs des autres.

Vous partez jeudi soir pour PyeongChang. Logerez-vous au village olympique?
Non, toute l’équipe de freestyle s’installera dans un appartement au pied des pistes, tout près du snowpark. Il a été décidé de nous loger tous ensemble, mais pas dans le village olympique. Aux JO de Sotchi, ils avaient été très déçus des résultats des Suisses, qui normalement forment une des meilleures fédérations de freestyle. Tout le monde s’était planté. Alors ils ont décidé de ne pas changer nos habitudes et de faire comme si c’était une compétition habituelle. Car c’est vrai que, dans le village olympique, il y aura forcément beaucoup de monde, de distractions et de bruit.

Longtemps, cette participation aux JO était incertaine, cette fois ça y est: vous êtes sur le départ. Comment vous sentez-vous?
Normale (rires)! On verra au moment de partir, mais pour l’instant c’est difficile à imaginer qu’on va aller aux Jeux, car on s’entraîne normalement avec la team. Peut-être que l’émotion montera une fois sur place.

Votre meilleur résultat en slopestyle est une deuxième place en Coupe du monde, l’hiver dernier. Quel sera votre objectif dans dix jours?
Déjà, de passer en finale au terme des deux premiers passages (n.d.l.r.: 30 à 40 secondes par manche). C’est presque le plus dur. Nous serons 24 au départ et il y aura 10 ou 12 concurrentes qualifiées. Et, une fois en finale, on verra bien. Plusieurs filles peuvent prétendre à la victoire ou au podium, surtout du côté de la Norvège et de la France. La deuxième Suissesse engagée, Sarah Höfflin, a aussi réussi d’excellents résultats dernièrement.

A quel point ne pas avoir pu faire de compétitions avant les Jeux est embêtant?
Ce vrai que je n’ai pas eu cette sensation de stress avant un départ. Mais voilà, je vais faire avec. Pour le reste, je me sens bien. En tout cas, je n’ai pas de pression.

Qui sont les principales chances de victoires pour la Suisse du côté du freestyle?
Andri Ragettli et Fabian Bösch sont au top! Jonas Hunziker et Elias Ambühl sont d’excellents skieurs aussi. Ils ont tous leurs chances.

De quoi vous réjouissez-vous le plus?
De tout! Ça va être une belle expérience. Voir autant d’athlètes réunis, c’est monstre cool. Et puis, un snowpark grand comme celui-là, on n’en verra pas souvent. Il n’aura rien à voir avec ce qu’on connaît en Coupe du monde. Je me réjouis d’y skier. Les barres de slide seront parfois à 2 mètres de hauteur. Quant aux sauts, c’est à peu près ce qu’on a l’habitude de faire, soit 22 mètres de long et entre 5 et 7 mètres de haut.

Quelques appréhensions?
Non, franchement aucune.

Un mot sur la suite: quel sera le programme après la Corée?
Directement après les Jeux, début mars, il y aura une compétition en Suisse, dans les Grisons, puis en Italie. Ensuite ce sera joliment la fin. Il y aurait d’autres compétitions FIS, notamment au Québec. Mais sûrement que je ne vais pas y aller. Car j’ai été invitée à des manifestations un peu plus fun, moins axées sur la compétition justement. Donc je vais profiter de skier plus freestyle, plus relax. Ce sera bien, après tout le travail de rééducation, puis d’entraînement, réalisé pour aller aux JO. ■

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