Ces «fils de» qui suivent le glorieux chemin déjà tracé

| sam, 17. fév. 2018

A Bellegarde à l’occasion des deux slaloms de Coupe d’Europe, plusieurs fils d’anciennes stars du ski helvétique sont présents. Partout où ils se rendent, Elia Zurbriggen, Noel von Grünigen et Marco Reymond, le fils d’Erika Hess, doivent assumer ce statut et l’inévitable comparaison.

PAR VALENTIN CASTELLA

Sur la piste de Schattenhalb, des noms prestigieux ont résonné. Zurbriggen, von Grünigen… Autant de patronymes qui ont certainement dû raviver de nombreux souvenirs aux amateurs de ski. Mais, vendredi, pas de combinaisons Kodak ou fromages, pas de lunettes roses ni de moustache. Pirmin et Michael n’étaient pas présents. C’est leur progéniture qui représentait les couleurs helvétiques lors de ce slalom. Ajoutez-y Marco Reymond, le «petit» d’Erika Hess, et vous obtenez une belle brochette de «fils de».
En Suisse, et notamment en ski alpin, les histoires de famille qui s’écrivent au plus haut niveau sont légion. Les frères et sœurs Meillard, la fratrie Gisin, les frangins Caviezel et donc tous ces «fils de», qui tentent aujourd’hui de se faire un prénom. Pas évident lorsque votre paternel a fait lever les foules. A l’image du géantiste Elia Zurbriggen (30e hier), qui a hérité d’un lourd héritage, avec un père qui a gagné l’or olympique, quatre titres de champion du monde et 40 victoires en Coupe du monde. A table lors des dîners de famille, il peut également papoter de Coupe du monde avec sa tante Heidi (trois succès). Sans oublier son lointain grand-oncle Silvan, qui a conquis le bronze olympique et l’argent aux Mondiaux. Un athlète qui participe régulièrement à la Coupe du monde est d’ordinaire la vedette de la famille. A 28 ans, Elia ne l’est pas avec ses 34 départs et ses quatre succès en Coupe d’Europe. Difficile à accepter? «Non, le niveau était bien trop haut pour que je sois la star, rigole l’intéressé. Ce qu’a réalisé mon père est extraordinaire. J’ai vite compris que ce serait très compliqué de le dépasser.»


Assumer cet héritage
Fils de Michael von Grünigen, Noel (23 ans, membre du cadre C et 22e hier) doit composer avec un père qui reste dans les mémoires com­me le maître de l’élégance en slalom géant, avec 23 victoires en Coupe du monde et deux titres mondiaux. A Bellegarde, on l’a observé plus attentivement que les autres, rien que pour voir s’il avait hérité du «style von Grünigen». «J’essaie  de skier aussi proprement que lui, sourit-il. Mais ce n’est pas facile. En plus, il me manque la moustache!»
Lors de chaque sortie, la comparaison est inévitable. «Cet héritage restera toujours et il ne faut pas le mettre de côté, ajoute Elia Zurbriggen. Il faut faire avec et surtout se concentrer sur ses propres performances. C’est ce que je conseillerais à Noel et Marco. Ils doivent s’entraîner dur et suivre leur propre chemin.» Un avis que tente de suivre Noel von Grünigen: «Je suis fier de mon père et je lui dis souvent que je veux faire comme lui, mais à ma manière. En skiant pour moi, afin d’être fier de mes résultats, et pas seulement des siens.»
De son côté, Marco Reymond (24 ans, 7 départs en Coupe d’Europe, éliminé en première manche vendredi) peut parfois passer entre les gouttes, étant donné qu’il ne porte pas le nom de sa mère Erika Hess (médaillée de bronze olympique et six fois championne du monde). Reste que son père Jacques est également connu pour avoir été le coach de sa mère. Une maman championne du monde, un père entraîneur: le Vaudois aurait-il pu entamer autre chose qu’une carrière dans le ski? «Oui, on m’a toujours laissé le choix. Après, je me suis retrouvé dès mon plus jeune âge sur les skis. Forcément, il y a une incidence.»


Une tradition familiale
A la question de savoir pourquoi autant de «fils de» s’illustrent, Elia Zurbriggen parle, comme Marco Reymond, de tradition familiale. «Ce sport a toujours fait partie de ma vie, explique le Valaisan. Et peut-être aussi que j’ai reçu quelques bons gènes.» Autre argument évoqué par le skieur de Zermatt, l’encadrement: «C’est clair que ce n’est pas un désavantage d’avoir quelqu’un à ses côtés qui connaît parfaitement le circuit, qui sait ce qu’il faut faire et qui te donne des conseils.»
Revers de la médaille: l’om­bre parentale plâne toujours: «Au début de ma carrière, j’avais de la peine à assumer, avoue Marco Reymond. Maintenant ça va mieux. Et puis, à un certain niveau, seuls les résultats comptent. Le nom n’a plus aucune importance.»
On dit qu’il est toujours difficile pour un enfant d’anciennes gloires de se faire un prénom. Elia Zurbriggen y est parvenu, cinq ans après ses débuts en Coupe du monde. Noel von Grünigen et Marco Reymond ne sont qu’au début de leur ascension. Le chemin de la reconnaissance est encore long. ■

 

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Redescendre pour mieux revenir

Le 27 février 2010, Giuliano Razzoli (photo) atteignait le sommet de sa carrière. A Vancouver, l’Italien devenait champion olympique de slalom. Figurant parmi les bons skieurs de la discipline, l’homme n’était toutefois pas un cador. Mais il avait su, comme tous ces athlètes qui parviennent à créer la surprise aux Jeux, se surpasser le jour J. «Je me souviens du moment où j’ai franchi la ligne d’arrivée, que j’ai regardé le chrono et que j’ai compris. Et puis, j’ai vu ma famille et mes amis. C’était extraordinaire.»


«Continuer à me battre»
Huit ans plus tard, à deux semaines près, ses camarades de Coupe du monde se retrouvent à nouveaux aux Jeux. Sauf que Giuliano Razzoli n’a pas été convié à la fête, faute de résultats cet hiver en Coupe du monde. Il doit donc batailler à Bellegarde en Coupe d’Europe face à des gamins qui, pour certains, étaient encore adolescents lorsqu’il a conquis l’or au Canada. «Bien sûr que je suis déçu de ne pas être en Corée. Mais je veux revenir au plus haut niveau et c’est en participant à des épreuves de Coupe d’Europe que j’y parviendrai. Car il faut batailler avec tous ces jeunes. Ce n’est pas évident, à l’image d’aujourd’hui, lorsque la visibilité n’est pas bonne.» Et conseille-t-il les jeunes Italiens? «Oui, j’essaie. Mais vous savez, c’est aussi eux qui m’apprennent des choses. Ils m’obligent à continuer à me battre.»
Hier, celui qui était considéré à l’époque en Italie comme le futur Alberto Tomba a terminé 11e. Loin de ses standards de l’époque, lorsqu’il montait régulièrement sur la boîte en Coupe du monde (10 podiums au total et deux victoires). A 33 ans, l’Italien n’a jamais passé le cap de la première manche cette saison en Coupe du monde. S’il sait que sa carrière est derrière lui, il ne compte toutefois pas s’arrêter. «Si je suis ici aujourd’hui, c’est pour obtenir des points FIS. J’en ai besoin pour revenir.» Batailler sous la pluie et dans le brouillard à Bellegarde: voilà la plus belle preuve de la volonté de retour d’un champion olympique. VAC

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