Les délégués du PDC fribourgeois ont décidé de ne soutenir que Didier Castella

| jeu, 01. fév. 2018

Par 75 voix contre 46, les délégués du PDC fribourgeois ont décidé, jeudi soir, de donner une unique consigne de vote en faveur du candidat radical-libéral Didier Castella, en vue de l'élection complémentaire au Conseil d'Etat du 4 mars.

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

Jeudi soir, le PDC fribourgeois a pris une décision qui pourrait s’avérer lourde de conséquences pour l’avenir de l’entente de droite dans le canton. «Par le passé, on nous a reproché de louvoyer, de ne pas avoir de position claire», a affirmé le président André Schoenenweid aux délégués réunis à Neyruz. La course à la succession de Marie Garnier au Conseil d’Etat a en effet cristallisé les positions, bien que les démocrates-chrétiens ne présentent pas de poulains dans cette course.
«Le comité directeur aurait vivement souhaité une seule candidature provenant du PLR et de l’UDC et nous regrettons que la droite parte dispersée», a poursuivi le vice-président Markus Bapst. Après trois réunions et une «analyse des personnalités et des compétences des candidats», le comité directeur du PDC a décidé de donner sa préférence au libéral-radical Didier Castella, «une personne plus proche des valeurs démocrates-chrétiennes». Un choix d’en haut, qui n’était pas censé être soumis à l’approbation des délégués.


Le vote de l’assemblée
Or, premier signe, la salle n’a pas applaudi au terme de cette présentation. Puis une première voix a regretté l’absence d’une femme de droite dans cette campagne. Mais il a fallu attendre le moment où le comité directeur a demandé une délégation de compétences pour le second tour, pour que plusieurs délégués brisent la glace et sortent de leur mutisme. «Tout le monde ne pense pas comme le comité directeur, a asséné l’ancien député Jean-Louis Romanens. On a réussi à élire nos trois conseillers d’Etat grâce à une large alliance. L’assemblée doit pouvoir se prononcer, je demande que l’on puisse voter.»
Pour d’autres, pas question en effet de «prendre à la légère une décision qui aura des conséquences sur les élections cantonales de 2021». Après quelques atermoiements, l’assemblée a, dans un premier temps, accepté le principe de donner un mot d’ordre. Mais lequel? Fallait-il soutenir uniquement Didier Castella, comme le proposait le comité directeur, ou donner «une liberté de vote à droite», comme le plaidaient certains membres. Finalement, par 75 voix pour, 46 contre (parmi lesquelles les deux conseillers d’Etat Jean-Pierre Siggen et Georges Godel) et 9 abstentions, une majorité des membres a décidé de suivre la volonté du comité directeur et d’afficher publiquement «sa préférence» à Didier Castella. Mais que ce fut laborieux.


«Pas contre l’UDC»
«Ce choix n’est pas contre l’UDC. Nous avons préféré la personnalité de Didier Castella, qui correspond mieux à nos valeurs», affirmait André Schoenenweid à l’issue de l’assemblée. A ses yeux, «la collaboration entre les trois partis de droite continuera toutefois à être très bonne…»
Joint vendredi par téléphone, le candidat de l’UDC Ruedi Schläfli dit «prendre acte de cette décision. J’ai plus que jamais confiance et mes chances sont intactes. L’assemblée du PDC ne reflète pas tout son électorat: les citoyens auront le dernier mot dans les urnes.» Quant à l’avenir de l’entente, «nous allons la réévaluer», avoue le président de l’UDC cantonale.


Deux oui et deux non
Au reste, les délégués du PDC ont, à d’écrasantes majorités, donné leur mot d’ordre pour les prochaines votations du 4 mars. Oui au nouveau régime financier 2021, non à «No Billag», non à la transparence du financement politique et oui à l’agrandissement du Collège Sainte-Croix. Enfin, l’assemblée a accepté deux modifications statutaires, dont la possibilité de renouveler deux fois le mandat des président et vice-présidents. ■

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