L’hôtellerie fribourgeoise doit apprendre à vivre avec Airbnb

sam, 10. mar. 2018

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

Lundi dernier, l’Association fribourgeoise des hôteliers (AFH) a tenu son assemblée générale à Lully. Tour d’horizon de la situation en trois points.

AIRBNB

Depuis quelques années, la plateforme Airbnb double annuellement son catalogue de logements dans le canton de Fribourg, avec plus de 425 offres à ce jour. «La situation est très complexe et très dure avec Airbnb», constate Raymond Surchat, président de l’AFH et directeur d’Au Parc Hôtel, à Fribourg. La situation est paradoxale. D’un côté, Airbnb – «le plus grand groupe hôtelier au monde, avec ses 4,5 millions de logements répartis dans 81 000 villes»– représente une concurrence directe pour les hôtels. De l’autre, les hôteliers utilisent de plus en plus souvent Airbnb comme plate-forme de distribution.

«Je recommande en effet aux hôteliers fribourgeois d’être présents sur Airbnb, et qui plus est sur Airbnb +, la nouvelle gamme labellisée lancée le 26 février 2018.» Et ce d’autant plus que les hôtels fribourgeois répondent aux normes légales, notamment en matière de protection incendie ou de convention collective de travail.

«Entendons-nous: je ne suis pas contre les avancées technologiques, ni contre le principe de partage. D’autant plus que la demande existe. A Fribourg, nous travaillons depuis trois ans pour trouver des solutions à la concurrence déloyale d’Airbnb.» Par exemple, au-delà de cinq chambres louées, le logement devrait faire l’objet d’un changement d’affectation…

Dans l’attente d’un futur accord (La Gruyère du 13 janvier), Airbnb devrait prochainement s’acquitter de la taxe de séjour dans le canton. «J’espère que la situation va gentiment se stabiliser, avoue Raymond Surchat. A Genève, quelque 235 logements sont récemment sortis du marché locatif, ce qui pèse lourd sur la population.»

LES NUITÉES

En 2017, les 105 établissements hôteliers fribourgeois ont comptabilisé une augmentation de 0,3% des nuitées par rapport à l’année précédente, soit une hausse de 1323 unités sur un total de 446 457. Le canton se situe en retrait par rapport à la moyenne suisse, qui a connu une hausse de 5,24%. «Plusieurs facteurs ont influencé ce résultat, explique Raymond Surchat. Des établissements ont fermé, comme le Castel au Pâquier, le Tonnelier à Bulle ou l’auberge de jeunesse à Fribourg, d’autres ont connu des rénovations (le Cheval-Blanc à Bulle). Si l’on tient compte de l’ensemble de la situation, l’augmentation des nuitées devrait être considérée comme plus forte.» Dans le détail, Bulle et environs souffrent d’une baisse de – 2,65% et Châtel-Saint-Denis- Les Paccots de – 20%, alors que Gruyères - Moléson connaît une hausse de + 32,5%, l’Intyamon + 0,8% et Charmey + 1,88%.

Un autre chiffre intéressant, le taux d’occupation des lits dépasse tout juste les 30%. «En effet, il ne faut pas confondre l’occupation des lits et l’occupation des chambres, précise le président de l’AFH. Dans le canton, nous proposons beaucoup de chambres doubles, alors que les trois quarts de notre clientèle est individuelle. On travaille beaucoup, dans le secteur business, avec les grandes entreprises de la région, dont les collaborateurs sont hébergés dans nos hôtels et qui forment la base de notre activité.» La tendance s’inverse complètement en été et durant les périodes de vacances où l’occupation complète des chambres doubles est alors plus importante.

LES «DÉPOSE BUS»

Un autre souci inquiète l’AHF: les places de stationnement pour les bus. «Nous avons eu une séance à Fribourg avec GastroFribourg, l’Association suisse des transports routiers et les autorités. La situation n’est pas conflictuelle, mais nous devons rester attentifs.» A moyen terme en effet, le quartier du Bourg, par exemple, connaîtra une suppression partielle, voire totale, des places de stationnement pour les bus. «La problématique du tourisme est globale et touche aussi bien la gastronomie que les hôtels. Au Musée gruérien, à Bulle, les cars doivent s’arrêter sur le trottoir pour déposer leurs passagers. Ce n’est pas logique, la sécurité n’est pas assurée. Nous aimerions que les communes envisagent des possibilités de points de “dépose bus”, pour une vingtaine de minutes. Ensuite, les cars pourraient se garer dans des parkings payants de longue durée, en dehors des agglomérations. Nous avons fait le tour de plusieurs villes, car chaque situation est différente. A Bulle, comme ailleurs, les plans de mobilité ont changé. Pour nous, c’est un objectif à long terme. Aujourd’hui, les touristes ne restent plus forcément trois jours à la même place. Ils ont besoin d’une meilleure mobilité.» ■

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