Les TPF dévoilent leurs projets pour les gares du RER Sud

jeu, 08. mar. 2018

PAR FRANÇOIS PHARISA

Les gares de Châtel-Saint-Denis et de Bulle ne seront pas les seules à changer de visage ces prochaines années dans le Sud fribourgeois. Toutes celles entre Montbovon et Palézieux s’offriront un lifting. Pour se mettre aux normes de la Loi sur l’égalité pour les handicapés (LHand), dont la date butoir est fixée au 1er janvier 2024. Pour accueillir des trains longs de 150 mètres. Et pour réduire les temps de trajet.

Dans un rapport interne rendu ce lundi, les Transports publics fribourgeois (TPF) précisent leurs intentions pour les gares du RER Sud, qui doit permettre l’instauration de la cadence 30 minutes entre Gruyères et Palézieux à l’horizon 2020. Chaque projet de transformation est détaillé et chiffré. «Les choix ont été arrêtés en suivant l’objectif d’un réseau le plus rationnel et efficient possible. Mais ils pourraient encore évoluer, selon les demandes de la Confédération», avertit Stéphane Berney, porte-parole des TPF.

La plupart de ces projets se trouvent en effet au stade de l’étude préliminaire. Chacun devra ensuite faire l’objet d’un dossier de procédures d’approbation des plans (PAP), sorte de mise à l’enquête auprès de la Confédération. Après examen, celle-ci délivrera ou non les permis de construire, soit les décisions d’approbation des plans (DAP) dans le jargon fédéral.

Premier tronçon en 2019

Bonne nouvelle pour les communes concernées, les TPF n’envisagent aucune suppression de points d’arrêt. Au total, c’est un peu moins de 50 millions de francs qui devront être déboursés pour la réfection des gares sur la ligne Bulle-Palézieux. Ceci sans compter les mégaprojets en cours à Bulle et à Châtel-Saint-Denis.

Les investissements concernant le tronçon Châtel-Saint-Denis-Palézieux sont inscrits au plan financier 2017- 2020. Les projets de réfection des gares de Remaufens, Bossonnens et Palézieux sont ainsi déjà entre les mains de la Confédération. «Les travaux s’opéreront avant l’inauguration de la gare de Châtel-Saint-Denis et l’introduction du nouvel horaire à la fin 2019. Pour ce faire, la ligne sera complètement fermée entre le printemps et l’automne de cette même année», explique Stéphane Berney. A Palézieux, le quai central sera rallongé pour atteindre 120 mètres, une longueur suffisante pour permettre l’arrêt de deux rames de 75 mètres. D’autres modifications, la suppression de la fosse à bogies notamment, sont au programme. L’investissement s’élève à 6,7 millions. A Remaufens et à Bossonnens, où la possibilité de croisement sera supprimée, des quais de 120 mètres seront également aménagés. Les travaux sont chiffrés respectivement à 5,7 et 4,5 millions.

L’adaptation des petites gares entre Châtel-Saint-Denis et Bulle interviendra ultérieurement. Les projets sont inscrits dans le plan de financement ferroviaire 2021-2024. «Les montants nécessaires ne sont donc pas encore acquis», insiste Stéphane Berney. Les TPF visent une mise en service de la gare de Vuadens nouvelle mouture en 2021, en 2022 pour les autres. A La Verrerie, la possibilité de croisement sera supprimée. Le quai sera rallongé pour respecter la LHand. Des places de stationnement et un espace pour les bus sont prévus. Quant au bâtiment, il pourrait «être conservé et rénové ou bien détruit», indique le porte-parole des TPF. La facture se monterait à 5,9 millions de francs.

A Semsales, comme La Gruyère l’avait révélé (édition du 30 janvier 2016), la gare prendra la clé des champs. Elle quittera le village pour être réinstallée en contrebas, à proximité de l’autoroute. «Cela permettra de corriger le tracé pour qu’il soit le plus rectiligne possible.» De quoi grignoter «quelques dizaines de secondes».

Au total, les TPF espèrent gagner «trois minutes» entre Palézieux et Bulle. Une réduction de temps de trajet rendue possible principalement par le repositionnement de la gare châteloise. «C’est notre objectif. Mais il dépendra des points d’accroche avec les CFF, puisque nous nous calquons sur leur réseau.»

Elle aussi adaptée, la gare de Vaulruz «gagnera en importance». Elle conservera deux voies et permettra donc les croisements. Comme à Palézieux, Châtel-Saint-Denis et Bulle. Elle disposera de deux quais respectant les exigences légales. Le passage à niveau de la gare sera supprimé au profit d’un passage sous voie. «En 2016, 180 passagers montaient ou descendaient à Vaulruz, ils seront 590 d’ici 2045 d’après nos estimations.»

Reste la gare de Vuadens. Pour 6,2 millions, elle sera «complètement assainie» et passera de trois à une seule voie.

Gros travaux à Gruyères

Mais la ligne Bulle-Palézieux n’est pas la seule concernée. Le tronçon Bulle-Montbovon l’est tout autant. Là encore, toutes les gares seront remises à niveau. A commencer par celle de Montbovon, où les travaux ont commencé l’été dernier. Un projet commun aux TPF et à la Compagnie du chemin de fer Montreux Oberland bernois, devisé à 32 millions de francs (LaGruyère du 18 juillet 2017).

«Exception faite de la halte d’Estavannens, déjà supprimée, l’idée est de conserver tous les points d’arrêt», rassure Stéphane Berney. Dans le détail, les TPF préfèrent pour l’heure ne pas communiquer sur ce secteur. Les investissements seront en tous les cas importants. A Gruyères en particulier. Environ 16 millions seront demandés pour la mise en conformité des quais, la suppression de certains passages à niveau et l’amélioration de la sécurité, des travaux qu’il faudra coordonner avec la future transformation de la fromagerie. ■

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