Matériel scolaire versus effets personnels

mar, 19. juin. 2018

PAR XAVIER SCHALLER

Les parents des élèves bullois qui entreront en 1H et 2H ont reçu de la commune une «liste des effets et matériels personnels» à acheter à leurs rejetons. Problème, cette liste ne tient pas compte des instructions de la Direction de l’instruction publique, de la culture et du sport (DICS).

Que la commune du Bulle demande aux enfants d’être équipés d’un tablier de bricolage, de chaussons, de ballerines et d’une tenue de gym ne pose pas de problème. Par contre, qu’elle exige des boîtes de crayons de couleur, de feutres et de Neocolor, ainsi qu’un feutre noir et des tubes de colle va à l’encontre des directives de la DICS.

Comme annoncé au début du mois, la DICS a rédigé une «liste des effets et équipements personnels», envoyée aux communes et aux écoles le 4 juin– juste après la décision du Conseil d’Etat de prendre en charge la moitié du montant payé par les parents, à savoir 3 millions de francs. «Elle fait suite à l’arrêt du Tribunal fédéral (TF) publié le 27 décembre dernier, qui précise que tous les moyens nécessaires servant directement le but de l’enseignement obligatoire doivent être mis gratuitement à disposition, explique Marianne Meyer Genilloud, chargée de communication à la DICS. Non seulement les activités scolaires culturelles et sportives – pour autant qu’elles soient obligatoires – mais aussi le matériel nécessaire: cahiers, crayons, feutres, etc.»

David Seydoux, édile responsable des écoles bulloises, avoue avoir sursauté en recevant cette liste, même s’il savait qu’un groupe de travail planchait dessus: «La DICS va très vite en besogne, alors que la Loi scolaire n’a pas encore été modifiée.» Pour lui, ce n’est pas parce que la DICS a rédigé une liste que son interprétation de l’arrêt du TF est juste. «Les préfets ont d’ailleurs demandé une note exploratoire à ce sujet, concernant les cycles d’orientation (CO).»

Ce que confirme Patrice Borcard. Préfet de la Gruyère, il est aussi pré- sident de l’Association de communes du district pour le CO, comme la plupart de ses collègues. «Les sommes en jeu sont encore plus importantes pour les CO. On parle de 200 à 230 francs par élève.» L’analyse juridique est encore en cours, mais elle leur a déjà donné des pistes d’interprétation. «Pour les CO de la Gruyère, nous avons déjà imprimé le matériel d’information. Nous déciderons lundi si nous l’envoyons tel quel ou si nous le modifions.»

Sans parler de son contenu, la directive est, selon David Seydoux, impossible à appliquer. «Pour des cercles scolaires de dix classes, ça va peut-être. Mais nous avons deux mille élèves qu’il faudrait équiper dans un mois et demi. Pour les plus grands, il y a encore des équerres, des compas, tout un économat doit être mis en place. Au-delà de l’aspect financier – rien n’est prévu au budget– ce n’est simplement pas applicable. C’est pourquoi le Conseil communal a décidé de garder le système existant encore une année.» A sa connaissance, d’autres communes en feront de même.

Pour Marianne Meyer Genilloud, «il n’y a pas de flou et le TF a été très clair». La liste établie par la DICS est fermée et exhaustive, les communes ne peuvent pas la modifier de leur propre initiative. «La liste peut être complétée en fonction des besoins de l’école, sous réserve d’approbation par l’inspectorat scolaire», précisait le courrier envoyé. «Une réunion est prévue vendredi entre les autorités bulloises et les deux inspecteurs chargés de ce secteur. Ils en profiteront pour aborder la question du matériel.»

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