A Torny, un musée d’art remplacera les militaires

jeu, 19. jui. 2018

PAR MAXIME SCHWEIZER

TORNY. Métamorphoser un terrain militaire en un musée d’art et un parc agrémenté de sculptures. Le projet du Middes Art Center (MAC Middes) apparaît ambitieux et fait partie du Plan directeur cantonal (PDCant). Mené par la Fondation Leschot, présidée par Hans Leonz Notter, résident du château de Middes depuis des décennies, il devrait être mis à l’enquête au début de l’année prochaine.

Le terrain militaire, situé sur le territoire communal de Torny dans le secteur de Middes, présente une vue sur tous les alentours, comme le confirme le syndic de Torny Patrice Jaquenoud. «Le panorama à 360 degrés offre une situation idoine pour y instaurer un musée.» Lors des quelques rencontres avec le châtelain, seules les grandes lignes du projet ont été présentées. «Il nous a fait part du concept d’aménagement général avec deux ou trois variantes.»

Hans Leonz Notter, actuellement à l’étranger et de ce fait indisponible pour nous répondre, préside la Fondation Leschot qui deviendrait propriétaire de la surface de 80 000 m2. Cette passation de terrain demeure possible grâce à un droit d’emption signé par le canton avec la Confédération en 2014. «Cependant, il existe quelques conditions en lien avec le droit d’achat, précise Patrice Jaquenoud. Il faut que ce secteur devienne une zone spéciale.»

Des secrets et contraintes

Par rapport aux œuvres qui garniront la collection, les premières esquisses prévoient une exposition permanente et d’autres temporaires. Le MAC Middes baigne dans une culture du secret. «Je pense que M. Notter souhaite surprendre son monde en ne laissant fuiter aucune information concernant les artistes et la teneur du musée.»

La Fondation Leschot devra prendre en compte quelques contraintes. Notamment que le village de Torny-le-Petit est inscrit dans l’Inventaire fédéral des sites construits d’importance nationale à protéger. De plus, les bâtiments ne devront pas se situer à une altitude de plus de 743 m en raison du radar militaire présent sur les lieux.

Bunkers militaires intégrés

Dans le document sur la révision du PDCant, la Direction de l’aménagement, de l’environnement et des constructions s’exprime sur le projet. «Il s’agirait avant tout d’en vérifier sa conformité avec la législation en matière d’aménagement du territoire, et d’évaluer s’il n’existe pas d’autres sites potentiels plus adéquats pour un tel musée.» Parmi les concepts présentés à la commune, aucun ne prévoit de démolir les baraquements militaires présents. «Toutes les idées prennent en compte ces bunkers, car l’objectif de la fondation est d’intégrer l’enveloppe extérieure au contenu. De plus, une exposition extérieure de statues devrait se tenir sur les lieux.»

Le terrain est actuellement propriété de l’armée, comme le rappelle Jacqueline Stampfli, porte-parole d’Armasuisse. «Aujourd’hui, sur place, il y a la police militaire et des compagnies en cours de répétition qui utilisent les infrastructures.» Elle ajoute que toute la zone ne serait pas vendue à la fondation. «L’armée va rester sur la partie qui serait encore à la Confédération.» Pour l’instant, aucun montant n’a été divulgué, car il dépend de la surface nécessaire.

La question des transports

Pour la région, voir arriver un musée d’art contemporain est une aubaine. Car en plus d’attirer des touristes, l’offre de transports publics devrait augmenter. «Nous avons de la chance, car nous ne pouvons pas nous développer dans le domaine de l’industrie, confie Patrice Jaquenoud. Le PDCant prévoit de mieux desservir les localités de Middes et de Torny pour favoriser l’accès au musée.» Actuellement, la ligne Rosé-Romont se compose d’environ vingt courses durant la journée et six pendant le weekend. «C’est trop peu pour un projet touristique. Nous nous devons donc d’améliorer la desserte des bus.» ■


Entre mystère et discrétion

Présidée par Hans Leonz Notter depuis 1997, la Le personnage de Hans Leonz Notter est entouré Fondation Leschot a été créée par Georges Henri de mystère. «Il habite au château de Middes Leschot et son épouse Mariette. Selon ses statuts, depuis environ trois décennies, relève Patrice Jaqueelle a pour but «d’acquérir des œuvres d’art pour noud. Un événement tragique a cependant accentué les exposer au public par ses propres soins ou ceux sa discrétion.» Le syndic de Middes fait référence d’un musée existant; encourager d’une manière à l’assassinat de la compagne du châtelain survenu directe ou indirecte l’art contemporain sous toutes en 1997. Le coupable était un ami de cette dernière. ses formes». La fondation a eu l’occasion de prêter «Même s’il a toujours eu un rapport, bon ou maucertains de ses biens au Metropolitan de New York, vais selon les mandataires, avec la commune, au Kunstmuseum de Zurich ou encore au Centre il a réduit le contact avec les habitants au fil des
Pompidou de Paris. années.» MS

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