Bisbille autour de l’aménagement

jeu, 23. aoû. 2018

PAR JEAN GODEL

PONT-EN-OGOZ. L’aménagement du territoire provoque quelques remous à Pont-en-Ogoz. Récemment, les quatre membres externes de la commission d’urbanisme (en dehors du syndic Christophe Tornare et du conseiller communal en charge de l’aménagement Yvan Maillard) ont démissionné en bloc avec effet immédiat.

Une décision qui n’est pas sans lien avec le retour de la Direction de l’aménagement, de l’environnement et des constructions à propos du projet de révision du Plan d’aménagement local. Dans la Feuille officielle du 6 juillet, la DAEC publiait un droit d’être entendu assorti d’une longue liste de points qu’elle envisageait de ne pas approuver en l’état (La Gruyère du 7 juillet).

Echec cuisant

Pour les démissionnaires, il y a de quoi être surpris d’un tel résultat, surtout après de nombreuses années passées à une préparation qui a coûté son prix à la commune. Ils y voient un cuisant échec. «Nous avons demandé à plusieurs reprises la réunion de la commission, ne serait-ce que trois ou quatre fois par an, afin de discuter de divers points de la révision, sans succès: le Conseil communal a refusé notre aide», se désole Luc Merian, l’un des démissionnaires. Lorsqu’elles avaient lieu, certaines séances n’étaient, de surcroît, pas protocolées, dénonce-t-il.

Dans leur lettre, dont une copie a été envoyée à la Préfecture de la Gruyère, les démissionnaires regrettent aussi les choix du Conseil communal sur certains points essentiels du PAL, malgré trois examens préalables auprès du canton. Ils se posent dès lors la question des compétences, si ce n’est de l’Exécutif, du moins du bureau d’urbanisme engagé.

Enfin, ils déplorent que les propriétaires touchés par des changements d’affectation de zones n’aient pas été avertis au préalable. Refusant de siéger plus longtemps dans une commission jugée alibi, ils ont donc remis leur mandat.

Syndic pas étonné

Cette démission n’étonne pas le syndic: «Deux des quatre membres externes ont des intérêts privés à défendre et font partie des opposants au PAL.» L’un (n.d.l.r.: Luc Merian) s’oppose au parking du futur port de Redon, un port pourtant prévu par le Plan directeur des rives du lac de la Gruyère, rappelle Christophe Tornare; l’autre au passage de 3000 m2 en zone villa à côté de chez lui. «A chaque séance, ils auraient dû se récuser.»

Le syndic ne voit non plus pas d’intérêt à convoquer plus qu’il ne faut ladite commission entre la première mise à l’enquête du PAL, au printemps 2016, et la réponse de la DAEC en juillet dernier. «Entre-temps, rien ne s’est vraiment passé.» Un point de vue que ne partage pas Luc Merian: «Il n’y a pas que le PAL. Nous aurions pu discuter de tout le reste sans nous récuser.» S’il s’estime en droit de continuer à défendre ses intérêts malgré sa présence à la commission, Luc Merian ne comprend pas qu’au terme des trois examens préalables du projet de révision du PAL, la commune n’ait présenté aucune variante.

Commission pas superflue

Le préfet Patrice Borcard ne sait pas encore si une conciliation sera possible, à l’image de celle qu’il a pu mener à Bulle – démissionnaire en bloc en 2014, la commission d’urbanisme du chef-lieu avait finalement accepté de revenir sur sa décision.

Cela dit, de manière générale, réunir trois ou quatre fois par an une telle instance en pleine révision du PAL ne lui semble pas superflu. «L’aménagement du territoire est l’un des gros enjeux du district.» Si la commission d’urbanisme n’est que consultative, elle n’en demeure pas moins obligatoire, rappelle-t-il, au même titre que la commission financière, et elle est nommée par l’assemblée communale. Elle a donc un caractère officiel. «Le but est d’utiliser au mieux les compétences qui s’y trouvent.»

Problème au camping

Au sujet du PAL lui-même, la commune a transmis ses explications au canton avant l’échéance du 6 août dernier. Christophe Tornare se dit pourtant surpris qu’au cours des trois enquêtes préalables, les points contestés n’aient pas été soulevés par les services de l’Etat.

Le gros point noir, estimet-il, concerne l’extension de la zone spéciale du camping de Gumefens – l’Etat considère ce dernier comme une zone résidentielle, une vingtaine de personnes y habitant à l’année. «C’est le fruit de l’ancien règlement de Gumefens, avant la fusion de 2003, rappelle le syndic. Il y a là un droit acquis. Mais l’extension projetée n’est prévue que pour des caravanes et des tentes. Le règlement en vigueur exclut les résidences secondaires.» Plus généralement, le syndic constate un décalage entre la théorie et la pratique: «Imposer un parking souterrain en bord de lac n’est pas réaliste…»

La suite? Un scénario possible serait une validation du PAL sous certaines conditions. «Nous avons cherché des solutions dans l’intérêt de la commune», conclut pour sa part Yvan Maillard. Qui constate que, malgré son accès aisé au lac et les appels de tous bords au développement du tourisme estival, la commune ne figure pas au rang des pôles touristiques du canton. «La question devra un jour venir sur la table.» ■

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

Au volant d'une voiture volée, il s'enfuit par les rails

A Bulle, mercredi après-midi, le conducteur d'un véhicule volé a pris la fuite au moment où la police a voulu l'intercepter. Au volant, il n'a pas hésité à emprunter les voies de chemin de fer sur plusieurs centaines de mètres. Il a finalement été interpellé quelques instants plus tard.