Déjà neuf vies sauvées grâce au réseau de «first responders»

jeu, 02. aoû. 2018

PAR PRISKA RAUBER

Un arrêt cardiaque est une course contre la montre. En l’absence de gestes de réanimation, les chances de survies diminuent de 10% à chaque minute qui s’écoule. En Suisse, le taux de survie n’excède pas les 5%. Un chiffre que la Fondation first responders entend bien améliorer. Dirigée par le Glânois Christophe Roulin, elle a créé l’an passé un réseau de premiers répondants qu’elle coordonne en collaboration avec la centrale sanitaire 144.

A l’heure des premières statistiques, le réseau compte 1342 bénévoles appelés à intervenir auprès d’une personne en arrêt cardiaque avant l’arrivée des secours professionnels. Depuis octobre (soit depuis l’inscription du réseau dans le registre national Swiss Reca, qui recueille l’ensemble des données liées aux arrêts cardiorespiratoires, depuis l’intervention des témoins et des premiers répondants jus-qu’au suivi à douze mois des patients qui ont survécu), ce nouveau maillon dans la chaîne des secours a permis de sauver neuf vies. Le plus jeune avait 38 ans, le plus âgé 81 ans.

«Neuf vies… C’est donc établi: avec peu de moyens financiers, on peut sauver des vies», salue le Glânois Christophe Roulin. Les «first responders» sont bénévoles, et leur formation de premiers secours, à renouveler tous les deux ans, est à leur charge. La fondation souhaite toutefois aller vers la professionnalisation de sa mission. Il s’agira donc de trouver des fonds, pour une part étatiques. «Un projet sur lequel nous travaillerons d’ici à la fin de l’année», précise Christophe Roulin.

Application Momentum

Parmi ces 1342 premiers répondants, qui représentent 0,5% de la population, on trouve 133 professionnels de la santé, 114 policiers et 1125 citoyens lambda. Quand le réseau a été créé l’an passé, l’objectif était d’atteindre les 3000 volontaires. «Nous l’espérons toujours, souligne le directeur. Car évidemment, plus il y aura de monde dans le réseau, plus il y aura de vies sauvées.»

Les secouristes bénévoles – ils peuvent être samaritains ou pompiers, ou Monsieur et Madame Tout-le-monde – doivent simplement être majeurs, en bonne santé physique et psychique, et avoir suivi la formation de base BLS-AED (Basic Life Support - Automated External Defibrillation). Ils s’inscrivent ensuite auprès de la fondation (www.fondationfirst-responders.ch), qui vérifie certains prérequis et leur fait signer une charte d’engagement. Après quoi, le premier répondant est prêt à agir.

Il sera alerté par le 144 via une application smartphone nommée Momentum. S’il se trouve près de la personne en arrêt cardiorespiratoire (et plus près que l’ambulance), il peut valider l’alarme et se rendre sur place où il commencera le massage cardiaque en attendant l’arrivée des secours professionnels, voire utilisera un défibrillateur (quelque 300 appareils sont répartis dans le canton, répertoriés par la centrale sanitaire 144).

En cinq minutes

En 2017, l’alerte a été lancée 61 fois et en 2018, déjà 58 fois. 86% d’entre elles ont reçu des réponses positives, c’est-à-dire que des premiers répondants se sont rendus sur les lieux, en cinq minutes en moyenne. Précisons que ces chiffres ne tiennent pas compte des interventions des policiers formés aux premiers secours, alertés par le 117 et non par Momentum. La démarche fait des émules, se félicite Christophe Roulin. Sa fondation a reçu un mandat du canton de Vaud pour mettre en place un réseau de «first responders». Leur déploiement sur le terrain est prévu pour le mois de septembre. Les cantons du Valais, du Jura, de Berne et du Tessin utilisent déjà l’application Momentum. Le Tessin faisant d’ailleurs office de pionnier. Il a créé un tel réseau en 2005. Le taux de survie y est passé de 5% à 57% en 2016 pour les patients en fibrillation. ■

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