L’échappée belle d’une équipe de cavaliers passionnés

jeu, 09. aoû. 2018

PAR MARTINE LEISER

CARNET DE ROUTE. Samedi 4 août, il est 6 h: les 12 cavaliers du team Piccand s’affairent dans les écuries de Romanens, où règne la fébrilité d’un départ imminent. Pierre-Pascal Piccand, épaulé par sa compagne Linda Villa, est l’initiateur de cette folle chevauchée qui réunit une équipe de passionnés. Des cavaliers veveysans, gruériens et glânois. Il fait les présentations, court dans tous les sens: «Les sacs des filles vont dans le van! As-tu pensé aux aspirines?» Il blague en même temps, espère n’avoir rien oublié.

Depuis l’aube, il jongle avec les derniers préparatifs de ce convoi très spécial et laisse entrevoir, derrière son sourire, beaucoup d’émotions. L’agriculteur de 45 ans, domicilié à La Verrerie, élève des chevaux de race franches-montagnes depuis vingt-cinq ans. Et il s’apprête à concrétiser un vieux rêve: participer avec ses propres montures aux courses du Marché-concours national de chevaux à Saignelégier, qui se dérouleront du 10 au 12 août. Avant son entrée en piste, l’équipe va s’offrir une chevauchée de 120 km jusqu’au Jura. Une aventure de quatre jours qui s’inscrit d’ores et déjà «comme une magnifique expérience de vie».

L’esprit d’équipe

Deux véhicules les suivront, afin de transporter nourriture et matériel. «S’il y a un souci avec un cheval, on a prévu une jument de réserve dans un van. L’autre est vide, au cas où un cavalier tomberait malade. Avec la canicule, on n’est pas à l’abri!» Cette expédition, qui a exigé un gros support logistique, a été financée principalement par des sponsors. Pierre-Pascal Piccand tient à préciser que chaque membre du team a apporté sa pierre à l’édifice, trouvant des solutions à chaque étape de cette organisation d’envergure. «Sans cet esprit d’équipe, rien n’aurait pu se faire.»

Les chiens tournent autour des cavaliers, certains chevaux sont nerveux, et puis, il y a le chat: «Kadhafi, n’embête pas la dame!» Le matou a la patte baladeuse et s’amuse à agripper le visiteur pour réclamer des caresses. Devant les écuries, les cavaliers, âgés de 12 à 51 ans, défilent sur leurs superbes destriers. Et on se demande comment a germé l’idée d’une telle expédition… C’était en septembre. «Avec mon fils Mathew, on était dans les écuries et on réfléchissait à la manière de débarquer en grande pompe au Marchéconcours. Une petite fille de l’équipe m’a alors tendu une pièce de 5 fr., en me demandant si elle pouvait nous accompagner. Cela m’a tellement touché que j’ai décidé d’organiser ce voyage et d’emmener tous les jeunes avec moi!»

Prouesse technique

Pour les cavaliers, comme pour leurs montures, cette aventure est un véritable défi. «Cela représente des mois d’entraînement», commente Mathew Piccand, au côté du musculeux N-Row. Lors du Marché-concours, le jeune homme de 16 ans participera à trois courses de galop monté. Pour l’heure, le challenge de la journée consiste à effectuer 47 km.
Cap sur Romont, Payerne, Salavaux, puis Sugiez, fin de la première étape. «Un agriculteur nous a proposé d’héberger les chevaux. Et pour que les filles puissent se doucher, on dormira ce soir au camping», relève Pierre-Pascal Piccand. Durant ces quatre jours, ils passeront d’une ferme à l’autre. «Il y a également des gens qui nous attendent sur le parcours pour nous offrir des rafraîchissements. C’est extraordinaire, tout cet engouement!» Cet aprèsmidi, une surprise est d’ailleurs prévue: «On va aller baigner les chevaux dans le lac de Morat.»

Le soir du 4 août

En début d’après-midi, après sept heures de randonnée, la troupe rejoignait son point de chute. «On a eu très soif, mais ces jeunes ont une volonté incroyable.» L’éleveur évoque également la générosité des personnes qui les ont accueillis: «A Payerne, une dame nous attendait avec des pastèques, des gâteaux et du sirop de sureau.»

Dimanche 5 août

Lever à 5 h. Les cavaliers ont préparé leur monture et sont partis à 7 h afin d’entamer l’itinéraire de 30 kilomètres. Direction Ins, Erlach, puis Le Landeron. «Quelle chaleur! C’était dur, en plus nos bouteilles d’eau étaient bouillantes. Mais quel spectacle de nous voir avancer en file indienne.» La troupe raconte la montée en ligne droite, depuis Le Landeron jusqu’à Lignières, où elle a dû marcher à côté des chevaux, tant le dénivelé était rude. Après six heures de route et des haltes régulières aux bassins, le team a rejoint Nods en début d’après-midi: «Un paysan nous a mis des locaux à disposition, mais on a eu envie de dormir à la belle étoile.»

Lundi 6 août

Lever à 6 h, départ à 8 h 30 pour une balade de 24 km. Les premières courbatures se font ressentir durant le trajet qui les conduit au ranch des bisons, aux Prés-d’Orvin. «On nage en plein Far West!» Le team a ensuite rejoint la métairie de Gléresse, qui culmine à 1272 m, avant de redescendre sur Cortébert, fin de l’étape. «On a beaucoup marché car il fallait économiser nos montures, mais on a pris notre temps, en faisant des pauses dans les buvettes.» Il est 16 h, chevaux et cavaliers sont en pleine forme.

Mardi 7 août

Pour cette dernière étape de 25 km, les cavaliers sont partis à 8 h 30 pour entreprendre un dénivelé important de 800 m, direction le Mont-Crosin. Ils ont ensuite rejoint le passage du Galop du silence pendant 10 km: «C’était magique de parcourir ces paysages, parmi les troupeaux de chevaux qui galopaient avec nous!» Lara Maillard, 12 ans, la plus jeune de la bande, considère que c’est l’un des plus beaux moments du périple, malgré les courbatures.

Une fois arrivés aux Breuleux, une délégation jurassienne, composée de dix cavaliers, est venue à leur rencontre afin de les escorter jusqu’à la ferme de Romain Vuillaume – fidèle ami de Pierre-Pascal Piccand – au Peuchapatte. «Un instant particulièrement émouvant. On a sorti les drapeaux jurassien, fribourgeois et veveysan.»

La troupe est arrivée au terme de son expédition à 16 h, pour terminer sur un happy end. «Les journalistes nous attendaient, mes jeunes avaient le sourire jusqu’aux oreilles, tout s’est merveilleusement passé. Je suis aux anges!» Grâce à Romain Vuillaume, l’aventure du team Piccand peut se poursuivre: une écurie accueillera les montures et les cavaliers pourront se reposer. Prochain défi, vendredi, aux courses du Marché-concours. ■


Le team Piccand fera le show

«La dernière fois que Fribourg a été invité au Marché-concours national de chevaux à Saignelégier, c’était il y a vingt-trois ans. Il s’agit d’un événement majeur, notre canton possédant le troisième plus important cheptel de franches-montagnes de Suisse», note Pierre-Pascal Piccand, qui fait partie du Syndicat chevalin de la Veveyse. Sur les 64 concurrents fribourgeois inscrits aux courses, 12 sont issus de son team. Le Veveysan assure qu’il va y avoir du spectacle, notamment à la course de char romain, où il promet de faire le show. Le team Piccand n’a pas fini de faire parler de lui. ML

Ajouter un commentaire

CAPTCHA
Cette question est pour tester si vous êtes un visiteur humain et pour éviter les soumissions automatisées spam.

Annonces Emploi

Annonces Événements

Annonces Immobilier

Annonces diverses

Trending

1

Bulle accueille le tournage d’une nouvelle série télévisée

Le chef-lieu gruérien servira de décor à une nouvelle série: une coproduction entre la RTS et Intermezzo Films. Le petit écran diffusera les six épisodes, de 52 minutes chacun, en 2020. Trois périodes de tournage s’étaleront sur deux saisons: l’hiver
2018-2019 et le début de l’été 2019.