Rentrée touchante en Gruyère pour Passe-moi les jumelles

jeu, 23. aoû. 2018

PAR SOPHIE ROULIN

«Il arrive quand le bus, Léo?» Resserrant la main de son grand frère Maxime, Léo se penche pour mieux voir la route. «Demain», annonce-t-il, alors qu’il ne voit rien venir. Ce matin-là, Léo, 4 ans et des poussières, prend le bus pour la première fois pour se rendre à l’école. C’est la rentrée dans l’Intyamon, comme dans toutes les classes du canton. Des moments chargés d’émotion que Passe-moi les jumelles a immortalisés l’année dernière et qu’elle diffuse demain vendredi, à 20 h 10.

Heureusement, il y a madame Adrienne, l’institutrice, qui renvoie à maman les larmes qui s’accrochent encore aux cils sur les escaliers de l’école. «C’est ma 35e rentrée scolaire, peut-on entendre dire Adrienne Eguizabal dans le documentaire. Je me réjouis toujours de la rentrée. Mais j’ai quand même la boule au ventre. C’est un moment particulier, surtout pour les plus petits qui quittent leur famille, leur maman. Un moment de détachement.»

Pas seulement pour l’enfant d’ailleurs. Elle a beau être aventurière et avoir vécu sur un voilier ces huit dernières années, Mélina Repond n’en mène pas large quand son petit Martin réajuste son sac à dos et lui lance «au revoir, maman». «Tout est nouveau pour lui, l’entendon commenter. On est à Montbovon, il n’y a que dix élèves, mais quand même…» Quand même, ça fait plus de monde que sur un voilier.

«Il existe peu de reportages sur les rentrées scolaires, commente Laurence Mermoud, journaliste responsable de ce documentaire, jointe en début de semaine. Je suis venue en Gruyère parce que j’ai des racines fribourgeoises et que je suis attachée à ce coin de pays. On y trouve encore des écoles villageoises, avec plusieurs degrés sous un même toit, avec cet enseignement de proximité très vivace.» Il est vrai qu’il faut être du cru pour pouvoir expliquer aux écoliers que c’est le ruhyo qui les refroidit en ce matin de rentrée.

Avec les familles aussi

En tout, douze jours ont été consacrés au tournage. Les deux jours de la rentrée, jeudi et vendredi, ont évidemment été les plus remplis. «On voulait aussi montrer la vie des familles et on est allés à leur rencontre chez elles, pendant leurs loisirs», ajoute Laurence Mermoud. Trois enfants, autant de familles et de classes se sont prêtés au jeu du tournage.

Préparation du matériel scolaire, trajet vers l’école, mise en rang sur le préau, premiers instants en classe, rien ne manque. Pour ancrer le documentaire: des images de paysages et de montagnes, le son des cloches – celles de l’église aussi bien que celles des vaches – la promenade dominicale vers le pont couvert et même la participation de Léo et de son papa à la pèta boloche, aux Sciernesd’Albeuve.

«C’était une jolie expérience, affirme Corine Sigrist, maman de Léo. On a passé des chouettes moments avec l’équipe.» Tout n’était pas paramétré comme du papier à musique. Il y avait de la place pour la vraie vie, celle de tous les jours. Les images du déjeuner et des tartines au miel, par exemple, ont été tournées avant même l’heure du rendez-vous. «Je les avais invités à boire un café et ils m’ont demandé s’ils pouvaient déjà filmer.»

Avant-première au CO2

Ce documentaire de PaJu, les écoliers de l’Intyamon et leurs parents ont déjà eu l’occasion de le découvrir lors d’une avant-première au CO2, en janvier dernier. «Ça a été un grand moment, relate Laurence Mermoud. Tous les enfants étaient là, solidaires. Notre volonté était de faire un sujet touchant et il l’est grâce à ces petits, à leur spontanéité, à leur sincérité.»

La réalité rencontrée durant les douze jours de tournage a dépassé ce qu’avait imaginé la journaliste avant de se lancer: «On a passé des moments fantastiques, chaleureux. On est revenu avec le cœur gros de belles émotions.» ■

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