L’ Abyss Festival attire son public et se pose des questions

| mar, 04. sep. 2018

PAR CHRISTOPHE DUTOIT

HAUTEVILLE. «Tout compté, nous avons reçu 2500 spectateurs sur le site, dont 1800 payants. Il nous en fallait 1500 pour être tranquilles, mais nous étions prêts pour en accueillir 3500.» Dimanche aprèsmidi, l’heure était au démontage et aux comptes du côté de la presqu’île d’Hauteville. Propriétaire du site et président de l’Abyss Festival, Jérôme Raemy ne cache ni sa satisfaction ni son questionnement: «Toute l’organisation était au top, on savait que ça allait le faire et ça a parfaitement roulé. On ne peut pas se plaindre.»

Sauf que, dans l’idéal, la bande de copains à la base du festival aurait aimé un bon millier de spectateurs en plus. «L’été passé, on a fait 1600 personnes avec la pluie. Cette année, la météo nous a foiré mille personnes…» Au-delà de la grande satisfaction d’y être à nouveau parvenus, une pointe de déception perçait l’océan de fatigue qui s’est accumulée ces derniers jours.

Sans subventions

«L’organisation du festival nous demande beaucoup de travail et pas seulement cette dernière semaine. Certains prennent du temps sur leurs vacances et tous les bénévoles (ils étaient encore quarante pour le démontage dimanche) ont fait un super boulot.» D’autant plus que l’Abyss ne bénéficie d’aucune subvention publique et qu’il ne peut compter que sur la billetterie et le sponsoring, pour un budget total de 130 000 francs. «De ce côté, c’est aussi de plus en plus difficile, analyse Jérôme Raemy. Nos sponsors ont bien joué le jeu, mais c’est un gros travail tout au long de l’année.»

Fort de ces constats, les organisateurs n’ont pas encore décidé s’ils rempilaient pour une troisième édition en 2019. «Chacun s’est donné à fond et nous allons débriefer durant la semaine.»

Le buzz des Brésiliennes

Sur le plan musical, Jérôme Raemy, qui s’est également chargé avec son fils de la programmation, se félicite que tous les groupes aient «bien assuré». Hormis ses coups de cœur pour les groupes fribourgeois, il a particulièrement apprécié les prestations des Belges de Mindwar, qui ont débarqué à quinze la veille de leur concert, et des Allemands de Peace of Mind, qui ont remplacé la tête d’affiche Brocken Teeth. Sans parler des Brésiliennes de Nervosa, qui ont donné «un sacré coup de buzz à la soirée de vendredi». A l’heure des questions, celle du choix dans la date est revenue sur les lèvres de nombreuses personnes. «Oui, c’est un peu dommage d’avoir lieu en même temps que les Francomanias. Mais je pense que nous attirons des publics différents», avoue Jérôme Raemy, qui énumère les arguments en faveur du premier week-end de septembre: «Nous sommes la plupart des anciens du foot de Gumefens, où se tient la guinguette le week-end précédent. En plus, nous utilisons des prés pour les parkings et les agriculteurs n’ont pas très envie de faire une coupe plus tôt.» Sans compter que la plupart des groupes finissent leur tournée au mois d’août. Autant de raisons qui rendent difficile d’avancer ou de repousser le festival d’une semaine.

A noter encore la bonne entente du festival avec ses riverains, sur une presqu’île qui ne dispose pas forcément des infrastructures dédiées à ce genre de manifestation. «Nous arrêtons les concerts vers minuit et demi et nous avons proposé un prix du billet spécial pour les habitants de la commune.» En outre, la société de jeunesse a non seulement donné un coup de main, mais elle a également tenu un stand durant les deux soirs. «Sans tous ces bénévoles, on n’y serait jamais arrivé.» ■

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