Domdidier n’accueillera pas le stockage interinstitutionnel

| jeu, 04. oct. 2018

PAR DOMINIQUE MEYLAN ET XAVIER SCHALLER

 «Entre plusieurs centaines d’emplois et chercher un nouveau terrain, il n’y avait pas photo.» Directeur de l’Aménagement, de l’environnement et des constructions (DAEC), Jean-François Steiert justifie par ces mots l’abandon du projet de Centre de stockage interinstitutionnel (SIC) à Domdidier. Hier, le Conseil d’Etat a annoncé qu’il cédait le terrain prévu à l’entreprise Wago Contact SA. Selon le communiqué, celle-ci «envisage de créer plusieurs centaines d’emplois sur son site d’ici dix ans au plus».

L’entreprise est installée depuis quarante et un ans de l’autre côté de la route, sur un terrain de 15 000 m2. «Nous avons presque 500 employés et le site est plein, indique le directeur Frédéric Riva. Nous n’avons plus aucune réserve.»

Dans un premier temps, Wago Contact SA a acheté la moitié de la parcelle de 30 000 m2 laissée libre par Milupa, l’autre moitié allant à l’Etat pour son projet de centre de stockage. «Selon les contacts que nous avions eus au printemps, les deux projets étaient compatibles», note Jean-François Steiert. Selon le Conseil d’Etat, l’entreprise a changé de stratégie au début de l’été. Avec une concentration de la production sur ses sites allemands et suisses (voir encadré).

Quid du SIC?

Après avoir renoncé au printemps 2017 à un projet à Schmitten, le Conseil d’Etat doit encore trouver un nouveau terrain pour le SIC. Lors de l’annonce de son installation à Domdidier, Jean-Fran- çois Steiert avait indiqué que trois autres solutions avaient été étudiées à Givisiez, Granges-Paccot et Matran. «Comme la situation a pu changer, nous allons refaire un scan du canton pour déterminer les sites adéquats. Puis nous évaluerons les différents terrains.»

Jean-Pierre Siggen, précise: «A la suite des articles déjà parus, nous avons reçu des propositions.» Pour le directeur de l’Instruction publique, de la culture et du sport, un terrain plat, équivalent à celui de Domdidier, serait l’idéal: cela permettrait de transférer le projet sans nouvelle étude architecturale. Un tel terrain ne peut se trouver qu’en zone industrielle. «Nous serons toujours en concurrence avec des emplois potentiels», soulignet-il.

Urgence à la BCU

La construction devrait avoir entre six mois et une année de retard. Une grosse épine dans le pied, pour Jean-Pierre Siggen. Cette halle de stockage interinstitutionnel répond à un besoin urgent. «Nous ne pouvons pas commencer les travaux à la BCU sans vider la bibliothèque.»

Le peuple a récemment accepté un crédit de 60 millions de francs pour l’agrandissement et la modernisation de la Bibliothèque cantonale et universitaire. Cette rénovation n’est pas qu’esthétique, elle est absolument nécessaire: le bâtiment actuel est en très mauvais état. Des étais ont été placés pour soutenir les dalles. Pour connaître sa marge de manœuvre, le canton a commandé une expertise externe de l’édifice. «A mon avis, nous n’avons que quelques mois», avance Jean-Pierre Siggen.

Stockage provisoire ou pas

Dix institutions fribourgeoises attendent une solution. Dans l’ancien arsenal, le canton stocke des collections du Service d’archéologie dans des bureaux plus propices à accueillir des employés. Une nécropole fribourgeoise, entreposée à contrecœur par le canton de Bâle-Campagne, attend de revenir sur sa terre d’origine. Quant au nouveau Musée d’histoire naturelle, il ne prévoit aucun entreposage. Le château de Gruyères, le Vitromusée et le Musée gruérien comptent également profiter de ces surfaces de stockage.

La détérioration de la situation à la BCU pourrait précipiter les choses. «Je crains qu’on ne doive trouver une halle transitoire», rapporte Jean-Pierre Siggen, pour qui une telle opération doit être évitée à tout prix. Aussi transitoire soit-il, un déménagement nécessitera d’équiper les salles afin d’offrir une atmosphère adéquate aux livres et autres objets conservés. Un aménagement forcément coûteux, sans compter le prix de la location.

«Nous pourrons peut-être éviter ce scénario, estime Jean-François Steiert. Mais, pour être prêts le cas échéant, nous sommes déjà en discussion avec des propriétaires de locaux au centre du canton.» Le directeur de la DAEC se veut aussi rassurant concernant d’éventuelles indemnités à verser à la suite de l’abandon du projet SIC à Domdidier, dont la construction avait été attribuée à Bat-Mann SA. «Nous sommes dans les fractions de pour mille du montant global. Ce n’était pas un argument déterminant dans la décision.» ■


De nouvelles usines 4.0

Wago Contact SA a fêté l’an passé quarante années de présence à Domdidier. L’entreprise y fabrique des produits pour la technique d’éclairage et des connecteurs pour les circuits imprimés. «Au début, on faisait du montage manuel, note le directeur Frédéric Riva. Maintenant, ce type de travail se fait plutôt en Asie et en Europe de l’Est et notre site est plus axé sur l’automatisation.»

Le groupe international Wago a des objectifs de croissance ambitieux. «Pour les atteindre, le groupe compte notamment sur de nouvelles usines 4.0.
Le site de Domdidier a une très bonne réputation au sein du groupe et une main-d’œuvre bien formée. De quoi tirer un maximum des technologies d’avantgarde.» Une stratégie que le directeur du groupe Sven Hohorst a confirmée au Conseil d’Etat. «Miseptembre, j’ai eu une conférence téléphonique avec lui, le directeur de l’Economie et de l’emploi et le directeur de Wago Contact SA à Domdidier, indique Jean-François Steiert, directeur de l’Aménagement, de l’environnement et des constructions. Nous avons ensuite reçu une confirmation par écrit.»

Frédéric Riva salue la position du Conseil d’Etat, qui est entré en discussion pour une pesée d’intérêts: «Je suis content qu’on ait eu ce dialogue et que l’Etat ait pris en compte les besoins de Wago.» XS

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