«L’étape de Romont est faite pour les baroudeurs, les vrais»

jeu, 18. avr. 2019
Directeur du Tour de Romandie depuis 2007, Richard Chassot a promis une édition 2019 très ouverte, hier à Morat, lors de la présentation détaillée du parcours et des vingt équipes au départ. ANTOINE VULLIOUD

PAR QUENTIN DOUSSE

Après l’annonce des villes-étapes, la révélation des parcours et des coureurs du Tour de Romandie (TdR) constitue un autre moment toujours très attendu. A treize jours du départ, la boucle romande a donc dévoilé, hier à Morat, les contours de sa 73e édition. Un prologue (à Neuchâtel) pour commencer, un contre-la-montre (à Genève) pour terminer, un total de 699,5 kilomètres pour 11770 mètres de dénivelé: la formule, usitée, devrait une nouvelle fois favoriser les grimpeurs en vue de la victoire finale.

Ainsi se dessine un mano a mano entre le tenant du titre slovène Primoz Roglic (Team Jumbo-Visma) et le Britannique Geraint Thomas (Team Ineos), vainqueur du dernier Tour de France. «Les (vingt) équipes n’alignant pas toutes leurs leaders, la course sera plus ouverte cette année», promet Richard Chassot, un directeur du TdR prêt à miser une piécette sur le grand espoir belge Remco Evenepoel (Deuceuninck-Quick Step), plus d’une fois surnommé le «futur Merckx».

Le sud du canton bien loti

Cette bataille sera d’autant plus intéressante à suivre qu’elle se déroulera en partie dans la région. La grande étape de montagne Lucens-Torgon (du 4 mai) traversera le Sud fribourgeois via Le Châtelard-Charmey-col du Jaun-col des Mosses. Mais surtout, la veille, le peloton «quadrillera» la région sur 160 kilomètres, lors de la troisième étape en boucle Romont-Romont (voir la carte du tracé ci-dessous). Une étape que Richard Chassot compare volontiers avec les classiques ardennaises. «Une sorte de Liège-Bastogne-Liège, illustre le Broyard de 49 ans. Ce parcours est casse-pattes (n.d.l.r.: 2763 mètres de dénivelé positif) et très rythmé. Ceux qui l’ont reconnu m’ont tout de suite dit: “Il n’y a pas un seul mètre de plat!” Cette étape est faite pour les baroudeurs, les vrais.»

Responsable technique, Bernard Bärtschi avoue ne pas «avoir eu beaucoup à réfléchir» au moment de dessiner les trois boucles de l’étape glânoise. «Le terrain de jeu se prête bien pour effectuer plusieurs tours. Il n’y a pas de grand lac à contourner et cette région de plateau accidenté offre tellement de possibilités, souligne ce Broyard d’origine. L’unique difficulté, ce sont les passages à niveau, à éviter. Sinon, j’ai surtout cherché des passages inédits, comme ce petit mur entre Prez-vers-Siviriez et Chavannes-les-Forts.»

En tout et pour tout, trois semaines sont nécessaires à l’élaboration d’une telle étape. «Dessiner le tracé me prend un demi-jour, le reconnaître (avec le responsable de la sécurité) une journée. Le plus long, c’est de répertorier et saisir toutes les données (changements de direction, obstacles, etc.). Cela représente presque 300 lignes au total», détaille Bernard Bärtschi.

Au défi du «mur de Brit»

Pour faire «monter la mayonnaise dans le final», le responsable technique fera entrer le peloton à Romont par l’étroit chemin du Brit, une montée sèche de 900 mètres (pour 80 mètres de dénivelé). Les trois passages, et notamment le dernier, pourraient bien déterminer le nom du vainqueur final. «C’est difficile à dire si la course peut se gagner dans ce mur, reprend Richard Chassot, mais elle peut à coup sûr se perdre ici. Dans tous les cas, cette montée fera mal à tous les coureurs.»

Reste à savoir, à ce petit jeulà, qui sera le plus costaud parmi les 140 coureurs du peleton. Les deux précédentes arrivées dans le chef-lieu glânois avaient souri à des coureurs italiens, Stefano Garzelli en 2004 et Damiano Cunego en 2011. Un des 17 coureurs helvétiques en lice peut-il briser la domination transalpine à Romont cette année? «Pourquoi pas Michael Albasini, qui a déjà gagné sept fois sur le TdR, opine Richard Chassot. Quant à Stefan Küng (vainqueur à Bulle en 2017), il y aura sans doute trop d’ascensions pour lui. Mais je sais qu’il tient à triompher à nouveau sur notre course. Et il est capable de le faire soit à Romont soit à Genève, le dernier jour en contrela-montre. Alors...» L’organisateur a proposé; aux coureurs (suisses) de disposer pour ravir le public romontois, le 3 mai prochain. ■

73e Tour de Romandie, départ le 30 avril à Neuchâtel, étape Romont-Romont le 3 mai, arrivée le 5 mai à Genève.


Comité glânois prêt et impatient

S’il n’a pu assister à la présentation officielle la sérénité. On a même une réserve de temps, S’il n’a pu assister à la présentation officielle du parcours hier, Jean-Bernard Favre a affiché sa satisfaction sur le profil de «son» étape Romont-Romont. «Un parcours tout à fait classique pour notre région, qualifie le président d’organisation. On avait un vœu principal: voir le peloton traverser un maximum de communes glânoises. Et c’est le cas, puisque seules trois ou quatre d’entre elles ne sont pas concernées.» Le Romontois, qui était déjà aux commandes en 2004 et 2011, exprime néanmoins deux réserves sur ce tracé 2019. «Dans l’idéal, pour davantage de visibilité à la télévision, j’aurais préféré que la deuxième boucle (en Glâne-Veveyse) et la troisième (Broye vaudoise) soient inversées. Sinon, j’avais proposé un final encore plus dur via l’avenue Gérard-Clerc et la Grand-Rue. Ce qui a été refusé pour des raisons tout à fait compréhensibles, puisqu’il aurait fallu bloquer le secteur de la gare.»

Jean-Bernard Favre refuse néanmoins de faire la fine bouche, sachant trop bien l’exposition unique qu’offrira le Tour de Romandie à la cité médiévale. A quinze jours de l’événement, le Romontois trépigne déjà. «Je suis impatient, bien sûr! Par contre, il n’y a ni stress ni tension. Cela fait une année qu’on travaille sur cette étape avec le comité. Chacun a respecté les délais et tout s’est mis en place dans la sérénité. On a même une réserve de temps, en cas d’imprévu.» Pour le comité glânois, le travail n’est évidemment pas encore terminé. Reste notamment à peaufiner et à boucler: l’organisation des parkings alentour – puisque la ville sera fermée et «vidée» de tous ses véhicules dès le jeudi soir – et la zone VIP, qui accueillera près de 250 invités près de la ligne d’arrivée (située entre la collégiale et le château).

Un Tour de Romandie demandeur

Si le Tour de Romandie est une chance pour Romont, l’inverse est aussi vrai à en croire son directeur Richard Chassot. «Pour se faire connaître, notre épreuve est toujours en quête de sites visuellement attractifs. Sur le plan touristique également, puisque le TdR est diffusé dans 190 pays. Et avec Romont, cette ville juchée au sommet de sa colline, les vues aériennes sont juste magnifiques», vante le boss de la boucle romande. Les organisateurs du TdR comme ceux de l’étape romontoise n’attendent désormais plus qu’une chose: une météo clémente voire radieuse, élément indispensable pour faire rayonner la région glânoise ce vendredi de mai. QD

Les détails de cette 3e étape sont disponibles sur www.etaperomont2019.ch.

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