Assemblée Communale

La Magne choisit la fusion

La Magne sera de la fusion. C’est ce qu’ont décidé à une très large majorité ses citoyens, réunis jeudi soir en assemblée. La perspective de l’isolement a pesé sur les débats.


Comme de coutume, La Magne a tenu son assemblée dans le secrétariat communal qui n’est autre que… la cuisine de l’ancien syndic (C. Haymoz)

La petite commune de La Magne, qui compte tout juste 51 âmes, vivait probablement jeudi soir son avant-dernière assemblée. Par 15 oui, 3 non, 2 abstentions, les citoyens ont en effet décidé de rejoindre les sept communes voisines (Estévenens, La Joux, Les Ecasseys, Lieffrens, Sommentier, Villariaz et Vuisternens-devant-Romont) sur le chemin de la fusion.
La Magne sera donc de la partie lors des prochaines échéances: le 19 avril pour une séance d’information réunissant tous les citoyens de la future commune à La Joux; et le 8 mai en assemblée communale, pour l’ultime décision. Avec un taux de participation de 64% – 20 des 31 électeurs du village siégeaient autour de la table de cuisine de leur ancien syndic – ce vote de principe laisse peu de doutes sur le verdict final: «Ça va passer le 8 mai», assure avec satisfaction l’actuel syndic, Claude Menoud.

«Parties sans nous»
La convention de fusion a déjà été présentée au mois de décembre dans toutes les communes concernées. A l’exception de La Magne, qui se réunit traditionnellement en début d’année et que la perspective d’une fusion laissait encore perplexe. «On n’était pas pressés, explique Claude Menoud. On avait une bonne situation financière. On avait même revu la fiscalité à la baisse.» Depuis l’an dernier, l’impôt sur les personnes physiques se montait en effet à un 1 franc, et la taxe immobilière à 2,5‰.
Mais les communes voisines comptent bien fusionner. Elles ont d’ailleurs signé la convention de fusion le 7 février dernier: «Elles seraient parties sans nous», assure le syndic. Un argument qui a pesé dans le débat, long d’une vingtaine de minutes. «Seule, que peut offrir La Magne à ses habitants? a demandé l’un des villageois. L’école est à Vuisternens, la paroisse et les sociétés aussi», tout comme les pompiers. «Et la nouvelle commune pourrait renégocier toutes ces collaborations avec La Magne», a-t-on ajouté. Une perspective jugée peu séduisante, d’autant que les charges communales ne cessent d’augmenter.

Pour mémoire
La fusion des huit communes, si elle est acceptée, prendra effet le

1er janvier 2003. D’une superficie de 2260 hectares, la nouvelle entité recensera environ 1750 habitants. Vuisternens-dt-Romont, qui accueillera son administration, lui donnera son nom et lui prêtera ses armoiries pendant deux ans. Le futur Conseil communal comportera onze membres – deux pour La Joux, Villariaz et Vuisternens-dt-Romont, un seul pour les autres. Côté finances, les impôts sur les personnes physiques s’élèveront à 1 fr. et la taxe immobilière à 2‰. La nouvelle commune sera en classe 6. Quant au subside d’encouragement à la fusion versé par l’Etat de Fribourg, il se montera à 950000 francs.
Avant de parler fusion, l’assemblée de La Magne a approuvé le budget de fonctionnement 2002, qui prévoit un bénéfice de 145 francs, pour des charges totales de 88800 francs. Elle a également exprimé
sa gratitude à Fernand Dumas, conseiller pendant trois ans et syndic durant vingt-quatre ans, jusqu’en 1997.

Stéphane Sanchez / 16 mars 2002