FRIBOURG Fribourg

La plaque tournante du livre

L’Office du livre de Fribourg distribue et diffuse quelque 350 fournisseurs de livres et produits multimédias à travers la Suisse. Depuis septembre 2002, un nouveau tapis de tri est au centre du dispositif.


A Givisiez, l’Office du livre de Fribourg distribue les livres de quelque 350 fournisseurs

A la fin de la semaine dernière, les familles des collaborateurs de l’Office du livre de Fribourg (OLF) étaient invitées à une visite de l’entreprise. Une entreprise pas comme les autres, puisqu’elle assure le cheminement d’un livre de l’éditeur au lecteur. Lequel passe très souvent par la zone industrielle de Givisiez, où l’OLF est installé.
Depuis longtemps, la plupart des éditeurs ne distribuent pas leurs livres eux-mêmes. Un distributeur se charge de faire parvenir dans les librairies leurs ouvrages. Et ceux qui terminent sur votre bibliothèque ont de fortes chances d’être passés par l’OLF.
L’entreprise fribourgeoise distribue en effet les livres de quelque 350 fournisseurs! Des Suisses, une cinquantaine, des Français, une centaine, dont Gallimard, Flammarion et Vivendi, mais aussi des Belges, des Italiens, des Espagnols, des Américains (30) et des Anglais (120).

36 kilomètres d’étagères
L’amateur de livres qui a la chance de pénétrer dans l’immense halle d’entreposage et de préparation des commandes est saisi de vertige. Quelque 130000 titres, représentant près de 3 millions d’ouvrages, s’étalent sur 36 kilomètres d’étagères! Mais en suivant Patrice Fehlmann dans les rayonnages, on n’a guère le temps de s’arrêter. Le directeur de l’OLF résume la mission de son entreprise: «Nous devons permettre à un livre d’être en temps et en heure là où il doit être.» La visite guidée se fait donc au rythme de l’entreprise…
Chaque semaine, 150 palettes de nouveautés et 120 palettes de réassortiment arrivent dans l’entrepôt. Les livres des réassortiments sont classés dans les rayons, les nouveautés entreposées à part. Car l’OLF ne fournit pas seulement ses clients sur commande: les nouveautés sont envoyées vers 350 points de vente de livres selon des critères définis par les clients eux-mêmes. Ces derniers choisissent, selon leur spécialisation, les domaines d’intérêt qui sont les leurs: une librairie religieuse demandera, par exemple, de recevoir toutes les nouveautés théologiques. Elle les recevra donc automatiquement.
Ce sont les offices nouveautés. Ils mettent chaque jour quelque 80 nouveaux titres sur le marché suisse. Le but, résume Patrice Fehlmann, «est de garantir qu’on va en trouver un sur l’ensemble du territoire en même temps». Les exemplaires d’un nouveau livre qui entre dans les locaux de l’OLF devraient se trouver dans les quarante-huit heures répartis entre les différents points de vente.
Un autre service de l’entreprise consiste à assurer, pour les éditeurs qui le désirent, la promotion des livres. Dans ce cas, l’OLF fait de la diffusion et non seulement de la distribution. Les grands éditeurs français que sont Gallimard, Flammarion ou Vivendi ne se font que distribuer: ils ont leur propre équipe de représentants chargés d’assurer la promotion de leurs ouvrages en Suisse.
Le prix du service n’est pas le même. La seule distribution est beaucoup moins chère pour l’éditeur que la diffusion. Il faut savoir que, pour un livre, l’éditeur laisse quelque 50% du prix de vente au diffuseur. Soit quelque 10 à 20% de plus que s’il le distribue lui-même aux librairies, ces dernières prenant entre 30 et 40% du prix de vente lorsqu’elles traitent directement avec l’éditeur.

Tapis de tri dernier cri
L’OLF se charge aussi des retours des clients. Car, le plus souvent, les livres que vous trouvez sur les rayons des librairies n’ont pas été achetés par la librairie elle-même. Elle les a obtenus en dépôt. Et si elle ne les vend pas, elle les retourne à l’éditeur, et à l’OLF quand l’éditeur s’assure ses services.
Pour gérer l’énorme flux quotidien, l’OLF dispose depuis septembre d’un nouveau tapis de tri. Les commandes qui arrivent sont groupées dans un système informatique. Lorsque des commandes pour 150 paquets sont prêtes, les collaborateurs chargés d’aller chercher les livres dans les rayons se mettent en route. Ils sont guidés par un lecteur mobile de code-barre qui leur indique les livres à charger sur leurs chariots. L’avantage du système est que les saisies de livres ne se font pas par clients, mais de manière globale. Ainsi, si deux librairies de Zurich et Genève ont commandé le même livre, le même jour, il sera pris dans les rayons en même temps.
Le tapis de tri – capable de traiter 6000 articles et 230 bacs par heure – intervient dans la phase suivante. Les livres sont amenés à l’entrée de la trieuse qui les identifie et les attribue à un client, selon les commandes informatisées. Une fois identifiés, les livres reçoivent une étiquette si le client le désire – elle peut être personnalisée et, par exemple, imprimée du logo de la librairie qui a commandé l’ouvrage. Ils arrivent ensuite sur un plateau qui va se déplacer au-dessus des cent cinquante caisses prêtes à recevoir les ouvrages.
Lorsque le système identifie que tel livre va dans telle caisse, un «peigne» se lève pour faire tomber l’exemplaire dans la caisse. Une fois cette dernière complète, et tout aussi automatiquement, elle gagne la surface d’expédition. La facture a été jointe au colis. Les livres partiront vers leur destinataire par bac, en camion, ou en paquets par la poste. Et le livre que vous avez commandé dans votre librairie tombe dans vos mains!

L’OLF en chiffres

Création de l’entreprise: 1946
Titres en stock: 130000 pour 2500 éditeurs
Exemplaires en stock: 3 millions
Nombre de colis expédiés
par jour: 1300
Plus de 1000 clients — librairies, grandes surfaces… — et 1000 kiosques fournis en Suisse
Chiffre d’affaires 2002:
près de 80 millions de francs


Charly Veuthey
18 février 2003

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