La
coupe framboises est aux délices estivales ce que la fondue est
aux plaisirs de lhiver: un passage obligé. On la déguste
souvent au restaurant, sur la terrasse, comme une récompense
après leffort dune balade en montagne ou dune
visite touristique. Mais combien la paie-t-on, cette fameuse coupe,
et que trouve-t-on au fond du couvert? En ce milieu dété,
La Gruyère a décidé denvoyer ses journalistes
dans quelques hauts lieux du Sud fribourgeois, afin de déguster
lillustre fruit rouge et de voir à quelle sauce le client
était mangé à son tour. Quel prix? Quelle quantité?
Quel type de framboise et de crème? Telles sont les questions
basiques que nous nous sommes posées, et dont les résultats
sont réunis dans le tableau ci-dessous.
Plusieurs motifs de satisfaction doivent être signalés
avant tout: partout, on nous a servi des framboises fraîches,
accompagnées dauthentique crème double de la Gruyère.
Et, de manière générale, à en croire des
serveuses et serveurs certes pas toujours très au courant, les
fruits venaient «du pays», voire «de la région».
Combien coûtent-elles ces chères framboises? Les établissements
visités font le grand écart: le prix de
la coupe ou par framboise va du simple au double. Soit de 7 fr. 50 à
14 fr. 50 la coupe pour une moyenne de 9 fr. 90, ou de 16 ct. à
32 ct. la framboise pour une moyenne de 23 ct.
A Gruyères, nous avons opté pour le restaurant Le Chalet.
Létablissement a la bonne idée de présenter
une carte particulière pour les spécialités à
la crème. Une iconographie permet même didentifier
les desserts maison, dont font partie les coupes de framboises. Ces
dernières sont proposées avec un généreux
baquet de crème double. Les fruits, servis en abondance, sont
bien mûrs et ont un goût savoureux. Mais laddition,
contrairement aux framboises, est salée: 14 fr. 50 la coupe,
soit 32 centimes par fruit! Cest le prix le plus élevé
de notre test.
Bien que rassasié, notre enquêteur a fait halte à
la Maison du Gruyère en descendant de la cité des comtes.
Surprise: les coupes framboises ne figurent ni sur la carte, ni sur
un panneau daffichage. Elles sont pourtant servies sur demande.
Là aussi, la qualité est au rendez-vous: crème
double généreuse et fruits frais. Un peu trop frais, même,
puisquils passent directement de la chambre froide à la
table. Le porte-monnaie est plus épargné que sur la colline:
9 fr. 50 (25 ct./framboise).
Pas
toujours à la carte
A Moléson-Village, la Pierre à Catillon ne propose pas
de coupes framboises, et nen sert pas à la demande. Le
client est orienté vers une coupe de petits fruits chauds et
glace vanille. Du coup, La Gruyère a poussé jusquà
La Locanda, où la coupe demandée ne fait pas partie des
habitudes de la maison. Mais la sympathique serveuse sest démenée
pour nous en faire une. «Comme le patron fait des gâteaux,
je vais voir sil y a des framboises!» Il y en avait, mais
vraiment pas beaucoup: vingt-quatre, pas une de plus. Savoureuses. Et
facturées au prix de la meringue-crème. Soit 7 fr. 50:
la coupe la moins chère du test, mais un prix à la framboise
très élevé (31 ct.).
A Charmey, Le Sapin nindiquait pas de coupe framboises à
la carte, mais nous en a volontiers servi une. Comme à Moléson,
nous avions le choix entre la crème double, la chantilly ou des
framboises natures. Naturellement, on a pris la crème double!
Elle a masqué une portion un peu chiche: 35 framboises, pas très
goûteuses, selon notre appréciation.
Les
plus bas prix
«Est-ce que vous faites des coupes framboises?» «Mais
évidemment!» répond la serveuse du café Le
Fribourgeois, à Bulle. Il sagit là dune tradition.
La coupe, garnie de 53 framboises vraiment succulentes, est accompagnée
dun baquet de crème un peu petit à notre goût.
Mais cest là que nous avons trouvé le meilleur rapport
quantité-prix: 16 ct. la framboise, dans cette coupe à
8 fr. 50 seulement!
On na trouvé pareil prix quà Château-dx,
au Chalet. Le dessert convoité figure sur la carte, assorti de
cette réserve: «Selon la saison». Plutôt bon
signe
Les fruits frais, tout juste sortis dun chariot réfrigéré,
abondent dans la coupe: 61 framboises! Le baquet de crème est
aussi généreusement garni. Très bon rapport qualité
et quantité-prix
(10 fr. la coupe), avec en prime le spectacle des touristes émerveillés
par la fabrication du fromage.
Mais retournons en Gruyère, pour faire halte au Restoroute. Étonnement,
la coupe framboises ne figure pas en tant que telle à la carte
«cafétéria». Une lueur despoir pointe
à la lecture de la mention «petits fruits (selon cueillette
en saison». «Je vais voir sil en reste»,
lâche la serveuse. Ouf, sauvé! De belle présentation,
mais peu goûteux, les fruits sont servis avec une ration si copieuse
de crème double quelle en déborde du baquet! Le
personnel a noté notre question sur la provenance des framboises.
Mais on attend toujours la réponse
Puisqu'on est sur lautoroute, allons jusquen Veveyse! Aux
Paccots, Le Tsalè propose la divine coupe à la carte.
Framboises et crème sont servies en quantité, et pour
un prix des plus raisonnables. Les fruits, qui viennent «de la
région», sont bien gros et goûteux.
Chou
blanc à Romont
Et en Glâne? Déconvenue! Nous avons usé nos semelles
dans les rues de Romont sans le moindre succès. Notre visite
na pas été exhaustive, mais, sans tenir compte des
établissements fermés pour cause de vacances, nous avons
poussé la porte de huit bistrots sans pouvoir manger la plus
petite framboise. Et sans quon puisse nous renseigner sur un quelconque
établissement salvateur.
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Hausse
des prix pas répercutée
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En raison
de la sécheresse, la production de framboises en Suisse
(et ailleurs) a été bien moindre que la normale.
Le prix au détail, sur le marché, a augmenté
en conséquence. Présent sur le marché de
Bulle depuis de nombreuses années, le marchand de primeurs
Angelo Della Vecchia (de Bussigny-près-Lausanne), qui
fournit de nombreux restaurants de la région, indique
que le prix au kilo a augmenté en moyenne de trois francs
cet été. «Ce jeudi, nous sommes même
montés à 22 fr., alors que le kilo de framboises
coûte normalement entre 16 et 17 francs», constate-t-il.
Néanmoins, aucun des établissements que nous avons
visités na, semble-t-il, majoré le prix.
Ce qui est à saluer. DP
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La
rédaction
(DP, FL, PP, SJ, SZ, TG, AB)
2
août 2003
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Une
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