MAGAZINE Avec le printemps

Le retour des allergies

Avec le réveil de la nature et l'éclosion des fleurs, les pollens recommencent à se répandre partout autour de nous. Pour celles et ceux qui y sont allergiques, il s'agit de prendre des précautions pour éviter le pire. Car, dans un tiers des cas, l'asthme peut succéder au rhume des foins. D'ailleurs, les personnes qui souffrent au moment de la pollinisation sont aussi les plus susceptibles de développer une allergie à certains aliments…


Entre 15 et 20% de la population suisse est allergique aux pollens

Si la plupart d'entre nous attendent le printemps avec impatience, il n'en va pas de même pour 15 à 20% des habitants de notre pays. Pour cette forte minorité, l'arrivée des beaux jours signifie des éternuements à répétition, un nez qui coule, des picotements des yeux et des démangeaisons au niveau du palais, du nez et des oreilles. Si en plus, les sinus se bouchent, la migraine et des douleurs dans les mâchoires s'ensuivent. Or, si le malade ne suit pas rapidement un traitement médical ou homéopathique, son allergie aux pollens peut se transformer en asthme allergique, ce qui va encore lui compliquer la vie.
Pour éviter cette escalade du mal, il faut avant tout diminuer le contact avec l'air ambiant de février à août, spécialement lorsque le temps sec favorise la pollinisation. Les automobilistes peuvent équiper leur véhicule d'un filtre et fixer éventuellement des filets de protection sur leurs fenêtres. Et, pour ceux qui doivent absolument sortir, il est recommandé de porter des lunettes avec une protection latérale, un couvre-chef voire un peu de vaseline dans les narines afin de diminuer la pénétration des pollens. Les sportifs qui n'ont d'autre choix que de s'entraîner à l'extérieur prendront des antihistaminiques, de préférence une heure avant l'effort. Si, en plus, ils souffrent d'une réaction croisée aux aliments (voir ci-dessous), ils renonceront à la consommation de fruits et de noix avant l'effort.

Réactions croisées
Les études scientifiques montrent que 70% des personnes sensibles au pollen d'arbres risquent de subir des allergies à certains aliments. C'est notamment le cas en début d'année, lorsque le bouleau, l'aulne ou le noisetier se réveillent: les candidats au rhume des foins peuvent être momentanément allergiques aux fruits à pépins (pommes, poires, tomates) ou à noyaux (prunes, abricots, cerises…), sans oublier les noisettes, noix, amandes, carottes, céleri, fenouil…
Les symptômes de ce type de réaction croisée consistent en des brûlures ou des démangeaisons sur la bouche ou sur les lèvres, voire en un gonflement du visage. Pour prévenir ces désagréments, il suffit souvent de cuire les aliments à problème. Mais, le mieux est encore de les éviter durant les quatre premiers mois de l'année à moins de réussir à se désensibiliser des pollens déclencheurs. Ceux qui y parviennent sont alors libérés de tout régime particulier.

Bébés aussi
Malheureusement, il n'est pas forcément nécessaire d'être sensible aux pollens pour subir une allergie alimentaire. Deux et quatre pour cent des adultes ressentent des démangeaisons aux lèvres ou à la gorge, voire une sensation pâteuse dans la bouche après la consommation de certains aliments. Chez le nourrisson de moins de huit mois, les systèmes immunitaires et digestifs ne sont pas encore entièrement développés. C'est pourquoi il a de la peine à supporter certaines protéines animales ou végétales. C'est particulièrement vrai pour les 2 à 5% des bébés qui ont une prédisposition allergique: l'absorption de lait de vache ou d'œufs de poule peut les rendre malades. Pourtant, un grand nombre d'entre eux perdra cette sensibilité avant l'âge de quatre ans. Cependant, les allergies aux crustacés, au poisson, à la viande, au lait ou aux cacahuètes risquent de durer toute une vie. En cas de doute, elles peuvent être assez facilement diagnostiquées au moyen d'un test cutané ou d'une analyse sanguine.

Pour en savoir plus: Aha! Centre suisse pour l'allergie, la peau et l'asthme, Gryphenhübeliweg 40, case postale 378, 3000 Berne 6, tél. 031 359 90 00 et aussi infoline au 031 359 90 50 (lu-ve de 9 h à 11 h 30) ou sur www.ahaswiss.ch, e-mail info@ahaswiss.ch.
Tout sur les pollens: http://pollen.bulletin.ch et www.meteosuisse.ch

Acariens domestiques

Les personnes qui souffrent d'un rhume chronique, d'un nez bouché ou de rougeurs oculaires ne sont pas nécessairement allergiques aux pollens. Il s'agit parfois d'une réaction aux acariens, de petits arachnides d'environ 0,3 mm qui vivent dans la poussière des maisons.
Avec 4 à 5% de la population touchée, l'allergie aux acariens est l'une des pathologies les plus courantes en Suisse. Loin d'être inoffensive, elle débouche souvent sur l'asthme allergique. Et, même s'il existe des traitements médicamenteux assez efficaces, ceux-ci ne s'attaquent pas à la cause du mal. C'est pourquoi il vaut la peine de commencer la chasse aux acariens, dans les endroits chauds et humides où ils prospèrent. Comme ils sont particulièrement friands de peau morte, ils sévissent principalement dans les chambres à coucher. La première chose à faire consiste donc à récurer fréquemment les sols. S'ils sont recouverts d'une moquette, il faut passer régulièrement l'aspirateur, si possible équipé d'un microfiltre.

Laver souvent
Deuxième série de mesures, aérer longtemps et quotidiennement les chambres tout en y maintenant une température inférieure à 18 degrés et un taux d'humidité relative inférieur à 50%. Ces mesures de base étant prises, on peut passer au traitement du lit proprement dit. Le matelas sera revêtu d'une housse de protection imperméable aux acariens qui doit recouvrir l'entier du matelas tout en laissant passer la sueur. Quant aux duvets et aux oreillers, on choisira de préférence des matériaux synthétiques lavables entre 60 et 95°. Les inconditionnels de la plume naturelle pourront toujours acheter des housses imperméables aux acariens qui doivent pouvoir supporter un lavage fréquent à 60° minimum.
Car, si une chose est fondamentale, rappellent les spécialistes de l'acaricide, c'est bien de laver toute la literie à une cadence hebdomadaire. Mais, attention: ces mesures ne sont utiles que si tous les lits et sofas qui se trouvent dans la même pièce sont traités de façon identique. En plus, pour mettre toutes les chances de son côté, on évitera certains meubles, surtout les bibliothèques, ainsi que les bibelots qui peuvent devenir de véritables nids à poussière. Dans le même ordre d'idées, les plantes et les animaux ne devraient jamais passer le seuil des chambres… à moins que la maison ne soit située à plus de 1200 mètres d'altitude. Les acariens, assez paresseux, renoncent à monter si haut.


Nicolas Geinoz
20 avril 2004

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