GRUYÈRE Barrage de Rossens

Pose d’une deuxième turbine

Une deuxième turbine est installée ces jours au barrage de Rossens. Il faudra plusieurs mois pour accomplir ces travaux nécessitant la pose d’une grue. But des opérations: rendre un débit suffisant à la Petite-Sarine dès le printemps 2005.


Des travaux qui bloquent la route du barrage de Rossens ce jeudi encore

 

La route du barrage de Rossens est fermée hier et aujourd’hui en raison de l’installation de la grue qui servira à poser le nouveau groupe de production au pied de l’ouvrage d’art. Les Entreprises électriques fribourgeoises (EEF) espèrent mettre en fonction cette deuxième turbine au plus tard au printemps 2005. Cette nouvelle centrale hydroélectrique permettra de restituer davantage d’eau à la Petite-Sarine.
«Ces travaux sont en fait une mise en conformité à la Loi fédérale de 1992 sur la protection des eaux (LEAU). Les EEF doivent restituer plus d’eau sur une distance de 14 km compris entre le barrage de Rossens et Hauterive», explique le biologiste Jean-Daniel Wicky, chef du secteur pêche au Service cantonal des forêts et de la faune. Pour l’heure, les EEF restituent un mètre cube d’eau par seconde. Ce qui n’est pas suffisant selon les normes de LEAU. Un groupe de travail, composé de représentants de l’Etat, des EEF et de pêcheurs, a décidé de porter ce débit à 3 mètres cubes par seconde.
Par convention, les Entreprises électriques fribourgeoises se sont ainsi engagées à restituer à la Petite-Sarine cette moyenne, soit 3,5 mètres cubes par seconde en été et 2,5 mètres cubes par seconde en hiver. Les pêcheurs et les protecteurs de la nature attendent depuis de longues années cette mesure qui vise une amélioration de la rivière. Selon leurs observations, la faune aquatique pâtit du faible débit. La Fédération des sociétés de pêche évoque entre autres une diminution de la population de truites et l’obstruction du lit de la rivière.

Un plus pour les poissons
Ces travaux réjouissent les pêcheurs et les milieux de la protection de la nature, même s’ils estiment que le débit idéal de restitution devrait être compris entre 6 et 7 mètres cubes par seconde. Mais le compromis est tout de même «un grand plus pour la faune piscicole. Il y aura sans doute plus de fraie», admet Jean-Daniel Wicky. Avis partagé en partie par Marius Achermann, responsable scientifique du Service cantonal de la protection de la nature et du paysage: «On n’est pas sûr d’avoir de bons résultats. Mais on peut penser que certains secteurs asséchés seront de nouveau humidifiés. De quoi avoir plus de possibilités de vie, notamment de la flore qui pourrait avoir une incidence sur la croissance de batraciens. Il pourrait y avoir plus de zones de ponte, plus de libellules aussi.»

Manque à turbiner
Les EEF répondent aux revendications des sociétés de pêche par cette construction, non sans laisser quelques plumes dans l’histoire. «Cette nouvelle installation n’empêchera pas un manque à turbiner, estimé à 5 gigawatts/heure, soit la consommation annuelle de 1300 familles de 5 personnes», estime Laurent Mivelaz, chef de projet aux EEF. Mais le responsable de l’unité technique à la direction de production d’énergie précise que, si la turbine n’était pas installée, ce serait une perte deux fois et demie plus importante. Les travaux sont estimés à 2,4 millions de francs. Ils devraient durer plus de six mois.

Niveau d’eau normal

Le promeneur est étonné de découvrir cet été le lac de la Gruyère sous son plus bel aspect, avec un haut niveau. Le lac artificiel est bien rempli par rapport à l’an dernier, où la canicule avait sévi. «C’est un niveau normal, un retour à la normale», souligne Patrick Koller, responsable des médias auprès des Entreprises électriques fribourgeoises (EEF). L’an dernier, l’évaporation avait aussi été importante compte tenu de la chaleur.
Jean-Daniel Wicky, chef du secteur pêche au Service cantonal des forêts et de la faune, souligne qu’il y a eu l’an dernier un manque patent de précipitations, sans oublier les fortes chaleurs. La situation actuelle est idéale pour la faune piscicole. «La fluctuation rapide du niveau du lac cause de gros dégâts à la faune, surtout quand il y a une décrue rapide», précise-t-il. Cette année, les poissons devraient donc se refaire une santé après l’été cauchemardesque de 2003.

 


Christophe Schaller
12 août 2004

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