FUTSAL Uni Futsal Team Bulle

«Ce sport nous a bluffés»

Né en Amérique du Sud, le futsal – football en salle – est bien présent en Europe, où des championnats professionnels connaissent un énorme succès. Le Tourain David Meyer, qui a participé à Majorque au championnat du monde universitaire de futsal, a monté une équipe dans la région: Uni futsal team Bulle. Elle milite en première division.


David Meyer: «Tous les joueurs qui se sont mis au futsal ont attrapé la flamme»

 

Il ne faisait pas très beau en Uruguay, en 1930, lors de la première Coupe du monde de football. Les organisateurs ont alors imaginé un moyen de disputer les matches si le mauvais temps perdurait. C’est ainsi qu’est né le futsal – football en salle, ou football de salon – ensuite développé et réglementé dès 1936 par le Brésil.
Enfant du ballon rond, le futsal se pratique à quatre joueurs plus un gardien et, d’alternative au mauvais temps extérieur, il est depuis devenu sport à part entière. Les premières fédérations sont constituées et légalisées dans les années 1950. En 1971 se crée la Fédération internationale de futsal (FIFUSA), dont le siège est situé à Sao Paulo, présidée par un certain Joao Havelange.
Etudiant à Lausanne, le Tourain David Meyer a découvert le futsal en participant à des tournois faisant office de championnat de Suisse universitaire. En octobre dernier, pour la première année, une délégation helvétique prenait part au championnat du monde universitaire, à Majorque. Le Gruérien était de celle-là: «C’est confrontés aux meilleurs joueurs du monde que nous avons vraiment découvert ce sport. L’esprit d’équipe et la tactique qu’il demande nous a complètement séduits.»
A tel point que dès son retour David Meyer a mis sur pied une équipe, Uni futsal team Bulle, pour participer au premier championnat de Suisse de futsal jamais organisé et chapeauté par l’Association suisse de football (AFS).

– David Meyer, où le futsal est-il surtout pratiqué?
Après l’Amérique du Sud, ce sport s’est développé en Europe de l’Est et dans les pays méditerranéens. En Ukraine, en Russie, en Espagne, au Portugal et en Italie, il existe des championnats professionnels dont on diffuse les matches à la télévision. Au Brésil, c’est le sport numéro un. Les jeunes adorent jouer en salle, car les terrains extérieurs sont en très mauvais état. Des gars comme Ronaldo ou Ronaldinho ont débuté par le futsal. C’est pour ça qu’ils sont si bons techniquement.

– Quelles sont les spécificités du futsal?
A haut niveau, les joueurs n’utilisent que leur semelle pour contrôler et dribbler le ballon. C’est très impressionnant. Et ils tirent beaucoup du pointu. Ça non plus, on ne le fait jamais au foot! Avec ces ballons lourds, les tirs sont très puissants et le gardien ne fait que repousser le cuir. Surtout, la tactique est très intéressante. Au départ, nous, on se contentait de faire du foot en salle. Alors qu’il s’agit d’un sport complètement différent avec des phases de jeu très précises. En cela, il s’apparente beaucoup au hockey et au basket.

– Qu’avez-vous découvert lors des championnats du monde de Majorque?
On ne savait pas trop à quoi s’attendre. L’Uni avait demandé de former une équipe de douze gars et on savait juste que l’on devait affronter les Russes, champions du monde en titre. On s’est vite rendu compte que nous n’étions pas du même monde. Avec nos gestes de footballeurs, on était largués! A Majorque, on a vraiment découvert que le futsal était un sport à part entière, qui demandait une grande discipline et un grand sens tactique. On a largement perdu nos trois premiers matches, tout en nous améliorant à chaque fois. Finalement, nous avons pu battre l’Angleterre sur le score de 5-1!

– C’est ensuite que vous avez voulu créer une équipe, à Bulle…
Tous les joueurs présents à Majorque ont adoré! Et comme l’AFS voulait organiser un championnat de Suisse, les six Romands de l’équipe universitaire étaient partants pour monter un club. J’ai ensuite pris quelques contacts avec des footballeurs que je connaissais, quelques sponsors et l’équipe était faite. Nous avons aussi trouvé une salle pour nous entraîner, à Bulle, et l’AFS s’est occupée de réserver les salles pour le championnat.

– Qu’est-ce qui vous plaît, dans ce nouveau sport?
Tous les joueurs sont sur le même bateau. C’est vraiment intensif, donc les changements sont perpétuels, comme au hockey. Du coup, tout le monde est concerné et cela crée un immense esprit d’équipe. A Majorque, nous étions bien inférieurs aux autres, mais cela nous a soudés. J’aime aussi son côté tactique, le jeu avec la balle. Et puis, c’est agréable de ne plus se soucier du temps extérieur!

– Comment s’organise le championnat de Suisse de futsal?
Il est chapeauté par l’AFS, qui a créé trois divisions. Comme six d’entre nous ont participé au championnat du monde universitaire, nous avons obtenu le droit de militer en première division. Elle est formée de six groupes de quatre équipes. Les matches se déroulent le dimanche. Si nous terminons dans les deux premiers, nous prendrons part à la deuxième phase et nous devrions pouvoir jouer dans le canton, à Chiètres. Ensuite, lors d’une troisième phase, les 5 et 6 mars à Genève, les quatre meilleures équipes lutteront pour le titre. Il y a aussi un système de relégation et une Coupe de Suisse.

– Quels sont les objectifs de Uni futsal team Bulle?
Difficile à dire, puisque l’on ne connaît pas les autres équipes. Pour l’instant, nous avons gagné notre premier match face à Porrentruy (8-5). Ensuite, on espère se qualifier pour la deuxième phase. Mais je sais que d’autres équipes sont formées de joueurs sud-américains. Elles devraient être d’un meilleur niveau. Mais après ce que nous avons vécu à Majorque, plus rien ne nous effraie!

– En hiver, c’est un bon complément pour les footballeurs…
Le futsal nous permet de rester en forme et d’améliorer notre technique. Mais ce n’est pas que cela. Le rythme est soutenu, tout le monde s’encourage et entre sur le terrain. Tout en restant une équipe de copains, nous participons à un championnat assez sérieux. Ceux qui s’y sont mis ont tous attrapé la flamme.

Le futsal en quelques règles

La durée: deux fois vingt minutes de temps effectif, soit avec arrêt du chronomètre.
Les joueurs: douze noms peuvent figurer sur la feuille de match. Sur le terrain, sont alignées deux équipes de quatre joueurs et d’un gardien.
Les changements: ils sont volants et s’opèrent soit par ligne soit individuellement.
Le terrain: identique à celui de handball.
Les buts: comme au handball.
Le ballon: plus petit et plus lourd pour faciliter le jeu au sol.
Le penalty à six mètres: comme au football.
Le penalty à dix mètres: un peu comme au basket, les fautes sont cumulées et dès la 5e commise dans la même mi-temps, l’équipe adverse peut tirer un penalty à dix mètres.
Les arbitres: deux juges de touche chacun sur leur côté du terrain et trois autres s’occupent de la table de marque.
L’organe officiel: Association mondiale de futsal (www.amfutsal.com).

 

Des Tourains à Uni team Bulle

Uni futsal team Bulle est composé de nombreux joueurs de la région. Si David Meyer, 24 ans, a lancé l’équipe, on y retrouve ses coéquipiers du FC La Tour/Le Pâquier Thomas Rumo (gardien), Vincent Schwitzguebel
(2e gardien), Mathias Rauber, Yaël Piccand et Laurent Rumo (cette saison à UGS), ainsi qu’Emmanuel Buchs (Farvagny) et Jérôme Grandgirard (Fribourg). Le contingent est complété par cinq joueurs de la Riviera.
«Nous pouvons même compter sur une masseuse en la personne d’Angela Sudan, souligne David Meyer. Elle nous avait accompagnés à Majorque et ce sport l’a complètement éblouie.» A moyen terme, le Gruérien souhaiterait faire de Uni futsal team Bulle un club à part entière: «Je dois encore proposer des statuts et un comité. J’espère mettre cela sur pied prochainement.»
L’équipe compte-t-elle les services d’un entraîneur? «Non. Je m’occupe de la gestion de l’équipe et Laurent Rumo de la tactique, en défense surtout.» Et d’ajouter: «En fait, nous n’avons pas d’entraîneur puisque, dans la région, nous sommes les seuls à connaître les règles de ce sport!»

 

Karine Allemann
11 décembre 2004

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