Cest un patrimoine
verrier singulier que dévoile le Musée du vitrail ce week-end:
de «petits vitraux» qui racontent de «petites histoires»,
selon lintitulé de lexposition réalisée
en collaboration avec le musée zougois In der Burg. Marquant
lachèvement dun projet de recherche sur les vitraux
historiques du canton de Zoug, mené par Uta Bergmann du Centre
suisse de recherche et dinformation sur le vitrail à Romont,
lexposition est dédiée aux vitraux miniatures qui
ont supplanté les verrières monumentales dans les églises,
à la fin du Moyen Age en Suisse.
Du XVIe au XVIIIe siècle, les verrières ornées
de vitrail fleurissent dans les hôtels de ville, les bistrots,
les salles de corporations et les maisons bourgeoises, améliorant
le confort et laspect de nombreux bâtiments. «Sponsorisées»
avant la lettre par les cantons, les communes, les villes, les corporations,
les couvents ou les particuliers, elles offrent à ces donateurs
généreux et intéressés une publicité
sous forme de textes et de blasons.
Lexposition se décline en trois temps: les vitraux dEtat
et autres donations officielles (dans la cage descalier); les
différents donateurs et la manière dont ils sont représentés
(salle 1); trois siècles de production envisagée chronologiquement
à travers dimportants peintres verriers (grande salle).
Le tout dominé par le «rondel», petit panneau rond
développé par les maîtres zougois, dont les méthodes
de travail sont documentées par deux témoignages exceptionnels.
Témoins
privilégiés
Lalbum de compagnonnage de Christoph Brandenberg, sorte de
carnet de souvenirs, avec ses dédicaces signées, datées
et localisées, permet de suivre le chemin du peintre verrier
à travers lAllemagne du Sud et la Suisse au début
du XVIIe siècle. Tandis que lactivité débordante
de Michaël IV Müller, le peintre verrier zougois qui a révolutionné
le marché grâce à un rapport qualité prix
alléchant, est documentée par un petit livret répertoriant
près de 400 commandes. Certains de ces thèmes seront repris
par ses enfants, devenus verriers à leur tour.
Cest dailleurs sur luvre de son septième
fils que se clôt le parcours: un vitrail héraldique en
grisaille de Johann Baptist Müller qui, conformément à
lesprit de la fin du XVIIIe siècle, réduit les coloris.
«Lévolution dans lart du vitrail est remarquable,
des verres colorés à la grisaille, en passant par la peinture
sur verre», note Uta Bergmann, qui vient de publier les résultats
de quatre années détude du vitrail zougois dans
la série internationale du Corpus vitrearum.
Reflet de cette somme, lexposition foisonne de détails.
Le spectateur attentif découvre des scènes savoureuses,
tendres, violentes, historiques ou anecdotiques: la destruction de la
ville de Zoug, en 1435, avec sa farandole de maisons flottantes; ladoration
des mages évoquant le nom du donateur Balthasar Fassbind; ou
le bailli dans son bain attaqué par lépoux de la
paysanne quil convoite.
«Une vraie mine dor», témoigne Monique Jung,
co-responsable des animations pour enfants, qui propose un atelier en
lien avec lexposition. Objectif? Confectionner son propre blason
stylisé à partir de son nom. Tout comme Müller et
son moulin.
Romont, Musée
suisse du vitrail, Petits vitraux, petites histoires, du 12 décembre
au 16 mai 2005. Vernissage le 11 décembre à 17 h. Horaire
dhiver (jusquau 20 mars 2005), du jeudi au dimanche, de
10 h à 13 h et de 14 h à 17 h; durant les fêtes
de fin dannée, tous les jours, de 10 h à 13 h et
de 14 h à 17 h, sauf le 25 décembre et le matin du 1er
janvier. Horaire dété (dès le 21 mars), tous
les jours sauf le lundi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 18
h.
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