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VEVEYSE-GLÂNE
Philippe Rothen
Grand
manitou de la glace
Depuis plus de
dix ans, Philippe Rothen est le maître de glace des Paccots. Après
avoir veillé sur lancienne patinoire démontable, il
soccupe, depuis plus dun an, de la nouvelle structure en dur
et couverte, dune surface deux fois plus grande. Vingt mille entrées
ont été enregistrées depuis louverture. Portrait
dun fan de froid qui a toujours les yeux sur le ciel et le nez au
vent
 
Philippe
Rothen, qui les aiguise régulièrement, veille jalousement
sur les patins
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Philippe Rothen,
58 ans, «Philon» pour les amis, ne regrette pas davoir
troqué son ancienne profession de dessinateur contre celle de
maître de glace. Cest la dénomination officielle
de sa fonction de responsable de la patinoire des Paccots qui loccupe
cinq mois de lannée (avec deux personnes formées
pour le remplacer durant ses congés), tandis quil passe
lété au service de la voirie châteloise. «Il
me reste quelque chose de mon ancien métier!» lâche-t-il
en montrant une immense maquette davion motorisé en construction
dans son atelier. Le modélisme est le hobby, à rare temps
perdu, de cet homme qui aime pas-sionnément travailler au grand
air. Il a déjà construit une quarantaine de modèles
davions télécommandés. Certains arborent
neuf mètres denvergure! Des engins quil fait décoller
sur la piste de Cuquerens, entre Rathvel et la Chia.
Tôt le matin, tard le soir: telle pourrait être la devise
de celui qui consacre 12 à 15 heures par jour à son travail
de maître de glace. Ce mercredi 26 janvier après-midi,
le thermomètre affiche moins 8,9 degrés. «Avec la
bise, ça fait un bon moins 15!» rigole Philippe Rothen,
grands yeux clairs et frétillantes moustaches à la gauloise.
«Jadore! Ce job me plaît beaucoup, parce que jaime
le contact. Je suis gâté, ici!» Certains week-ends,
en effet, il y a de telles «bourrées» que le stock
de 250 paires de patins peut faire trois tours. Ce qui implique dêtre
prévoyant. Car quand un groupe de gosses du même âge
déboule, tous ont besoin de patins de la même pointure.
«Si on ny prend pas garde, une vingtaine de gamins risquent
de se retrouver en baskets!»
Des patins sur lesquels Philippe Rothen veille jalousement, lui qui
les aiguise régulièrement et fait en sorte quils
regagnent tous leur support en fin de journée. A 100 ou 120 francs
la paire en moyenne, on le comprend
«Mais les gens sont
honnêtes et disciplinés. Et les gamins, ça me connaît.
Pendant dix-sept ans, je me suis occupé de lancienne colonie
de vacances des Chavacots aux Paccots. Alors, je parle le même
langage que les jeunes. Sil y a un ronchon sur 1000,
cest un maximum!»
Lil
sur le ciel
La mission principale de Philippe Rothen nest pas seulement de
tenir la caisse et de distribuer des patins. Cest aussi et surtout
de gérer une surface de 1000 m2 de glace. Produit périssable
sil en est
«Il faut tout le temps écouter les
prévisions météo, car je dois toujours avoir un
temps davance sur le climat quil va faire. La glace, cest
une terrible masse dinertie. En surface, elle peut réagir
très vite. Un gros coup de foehn, et ça peut être
la catastrophe en peu de temps. Mais, en dessous, la glace est une immense
machinerie, au temps de réaction beaucoup plus lent». Il
faut donc avoir loreille radiophonique, mais aussi lil
et le nez pour gérer toutes les questions de température
et dépaisseur de la glace.
En cet hiver miraculeusement généreux, on table sur une
ouverture de la patinoire jusquau 15 mars, voire fin mars et les
vacances de Pâques. La froidure donne des ailes
«Mais
à un moment donné, il se produit comme un déclic
dans la saison et dans la tête des gens. Il y a une période
où ils en ont marre de lhiver. Nous, on est toujours là-haut,
dans le froid et les névés. Pour nous, cest encore
lhiver. Mais en bas, les gens ont humé la venue du printemps.
Ils ont des envies de primevères et de jardin. La glace, cest
fini!» Alors? La froidure persistante laisse de lespoir.
Et puis, aux Paccots, on est devenu philosophe, à force dhivers
capricieux: Philippe Rothen en connaît un bout, lui qui réside
dans la station depuis trente-deux ans.
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20000
entrées
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Construite
en moins de six mois, ouverte le 19 décembre 2003, la
patinoire des Paccots a bouclé sa première saison
sur un bilan très satisfaisant pour les autorités
châteloises, relève Pascal Genoud, ingénieur
de ville. De son ouverture à fin décembre 2004,
la glace a en effet enregistré 20000 entrées (dont
11500 pour les enfants), sans compter le Hockey-club de la Veveyse
qui sy entraîne, à défaut de pouvoir
accueillir des matches officiels. Les dimensions de la glace
natteignent pas les normes exigées pour les compétitions.
Châtelois, écoliers veveysans et touristes ne sont
de loin pas les seuls utilisateurs. «Les écoles
du district dOron, de même que de Montreux et Blonay
viennent régulièrement. Les classes de la Veveyse
pourraient même être plus nombreuses», constate
Pascal Genoud. «Le fait que nous nayons pas énormément
dheures occupées par le Hockey-club est un avantage,
dans un sens, car cela laisse beaucoup de plages horaires à
la disposition des autres utilisateurs. Pendant la période
des fêtes, bien des gens de lextérieur étaient
étonnés et ravis de découvrir que notre
patinoire était ouverte le matin déjà,
contrairement à dautres dans le canton!»
Et lutilisation de la patinoire en été?
Couverte, la surface «déglacée» sera
précieuse, fin avril, pour laccueil de létape
reine du Tour de Romandie, ainsi que pour un marché folklorique,
en été. Dautres utilisations existent, comme
des expositions notamment ou pour des sorties dentreprise.
La question du crédit supplémentaire de 500000
francs, voté en octobre 2003, ce qui avait ramené
le coût final de la patinoire à 2 millions de francs,
est aujourdhui de lhistoire ancienne. «Cest
un choix technique qui avait impliqué cette demande de
nouveau crédit.» Avec une surface double de glace
à produire par rapport à lancienne patinoire
démontable, la facture délectricité
est restée la même et, surtout, on utilise beaucoup
moins deau.
La patinoire est ouverte tous les jours, dès 9 h en période
de vacances scolaires fribourgeoises et vaudoises (le samedi,
dès 11 h 30), ainsi que le dimanche et les jours fériés.
En période scolaire, ouverture à 11 h les jours
ouvrables et 11 h 30 le samedi. «Nocturnes» jusquà
20 h, voire 21 h, certains soirs non dévolus au Hockey-club
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