Hausse
du prix du mazout, campagne promotionnelle du canton, sensibilité
écologique accrue: lénergie solaire thermique
comprenez lutilisation du soleil pour chauffer leau sanitaire
domestique ou pour le chauffage connaît une progression
lente, mais constante dans le canton de Fribourg. Fin 2000, on y recensait
240 installations, pour une surface totale de capteurs avoisinant 5000
m2. Fin 2004, 200 installations supplémentaires sont entrées
en service, portant à 8300 m2 la surface de captage. Le public
pourra en découvrir quelques exemples ce samedi dans le Sud fribourgeois,
à loccasion de la Journée du soleil organisée
les 20 et 21 mai par Swissolar.
Pionnier en la matière à Attalens, linstallateur
sanitaire Alain Genoud est acquis à la cause et a déjà
fourni trois propriétaires, dans son village et à Granges.
Il y a trois ans, il a équipé sa propre maison de 6,3
m2 de panneaux solaires de quoi couvrir 70% de sa consommation
annuelle deau chaude, un chauffage à mazout combiné
au bois assurant le complément. Des inconvénients au solaire,
Alain Genoud nen voit aucun. «Ce qui est sympathique, explique-t-il,
cest quil sagit dune énergie indépendante
de tout distributeur. Le soleil ne se paie pas et il ny a aucune
fluctuation du marché. Par ailleurs, la production ne nécessite
pratiquement aucun système mécanique, donc aucun entretien.»
La
guerre des énergies
Comment, dans ces conditions, expliquer la frilosité des
particuliers? «Question de manque dinformation et surtout
de prix», estime le Veveysan, en précisant que durant ces
dix dernières années, linvestissement nécessaire
a baissé de moitié et la performance doublé. Sa
propre installation na ainsi occasionné quune plus-value
denviron 7000 francs par rapport à un chauffage à
mazout, déduction faite des subventions cantonales et des avantages
fiscaux. «Mais voilà, nous sommes en pleine guerre de lénergie.
Les distributeurs délectricité, de mazout et de
gaz et leurs lobbies font tout pour accaparer le consommateur. Lénergie
payante est forcément plus juteuse...»
Pour Pascal Cretton, ingénieur et responsable technique de lassociation
Sebasol Vaud, le secteur du solaire porte aussi le poids de son faible
développement: «Cest un marché de niche qui
a eu tendance à verser dans le luxe», explique-t-il. Doù
le créneau adopté depuis huit ans par Sebasol, qui regroupe
une cinquantaine de propriétaires dinstallation: démocratiser
laccès à lénergie solaire, en favorisant
lautoconstruction. Lassociation fournit un support technique
et logistique, et le particulier sa sueur. Résultat: un prix
moitié moindre que le clé en main. Grâce à
ce concept, la famille Morier Jaquet, à Semsales, a pu soffrir
fin 2004 une installation de 9000 francs, que le public pourra voir
samedi. Elle comporte 15 mètres carrés de capteurs solaires,
qui fournissent leau chaude sanitaire et complètent le
chauffage à bois de la ferme. La formule séduit, puisquune
vingtaine de chantiers dautoconstruction sont ouverts à
ce jour.
Isoler
avant tout
Mais de lavis général, une mesure doit précéder
toute dépense dans le solaire thermique pour le chauffage: lisolation
du bâtiment. «Pour gagner des litres de mazout, cest
encore le moyen le plus efficace», sourit Pascal Cretton. Là
encore, la Journée du soleil fournira un exemple abouti de cette
démarche, à Riaz. On y découvrira samedi une maison
solaire passive de 180 m2 habitables, dont la consommation dénergie
est inférieure de 90% à celle dune villa standard.
Tout y contribue, des revêtements de façade aux matériaux
disolation, en passant par la dalle, les baies vitrées
ou la ventilation contrôlée.
Du coup, la consommation du chauffage un fourneau en pierre ollaire
ne dépasse pas 3 m3 de bois par an. Quant à leau
chaude sanitaire, elle est bien sûr fournie en partie par des
capteurs solaires. Coût de la maison: environ 440000 francs, sans
le terrain. «Trois chantiers similaires sont en cours, à
Sommentier notamment, et quinze projets du même type sont lancés»,
indique larchitecte de Fribourg Conrad Lutz, en soulignant que
le rapport écologie/prix est de plus en plus concurrentiel.
Lavenir
au soleil
Nempêche, le marché suisse du solaire thermique
traverse une période de stagnation, alors que le pays se trouvait
dans le peloton de tête dans les années nonante. Et malgré
sa progression sur Fribourg, la production annuelle (un peu plus de
2,2 GWh) est encore loin du potentiel annoncé dans le plan sectoriel
de lénergie fribourgeois (150 GWh). «Raison pour
laquelle la suppression des subventions [n.d.l.r.: 1000 francs par installation
et 180 francs par m2 de panneaux] nest pas à lordre
du jour», note Serge Boschung. Le collaborateur du Service des
transports et de lénergie promet pourtant un bel avenir
au solaire: «Le coût des autres énergies va augmenter,
alors que celui de la technologie solaire ne peut que baisser en se
démocratisant, grâce aux économies déchelle.»
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Le
soleil contre latome
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Le
solaire, cest aussi la production dénergie
électrique. Une aventure dans laquelle Pierre-André
et Marielle Vial, au Crêt, se sont lancés depuis
la mi-février. Le toit de leur maison arbore plus de
38 m2 de panneaux photovoltaïques, qui ont produit jusquici
un peu plus de 1360 kWh.
«Même par ciel couvert et par temps de pluie, nous
parvenons au minimum à couvrir notre consommation quotidienne,
qui avoisine 9,6 kWh. En fait, la production na été
nulle que durant deux jours, lorsque les panneaux étaient
couverts de neige», relève Pierre-André
Vial. Mieux: 80% de la production totale a pu être injectée
sur le réseau public, les EEF rachetant le courant à
un tarif oscillant entre 13 et 20 centimes, selon lheure
et la saison.
Le coût de linstallation, financée par emprunt?
Un peu plus de 50000 francs, desquels il faut déduire
environ 13000 francs de subventions. «Cest cher,
cest vrai, commente Pierre-André Vial. Mais notre
choix sinscrit dabord contre le nucléaire.
En quatre ans, en modifiant nos habitudes sans sombrer dans
le fanatisme, nous avons déjà divisé notre
consommation délectricité par deux. Maintenant,
nous avons la preuve que le photovoltaïque fonctionne.
Et sans faire de déchets ingérables.»
Malgré un potentiel considérable (la production
fribourgeoise délectricité solaire pourrait
théoriquement dépasser celle issue de lhydraulique),
le photovoltaïque reste marginal dans le canton. En 2000,
on recensait 200 m2 de cellules sur le territoire, pour quarante
installations. Depuis, 387 m2 supplémentaires ont été
réalisés, dans 11 installations. «Cest
peu, mais la technologie souffre de son coût, explique
Serge Boschung, du Service des transports et de lénergie.
Le prix de lélectricité photovoltaïque
oscille entre 80 ct. et 1 fr. 20 par kilowattheure, soit quatre
fois plus que celui payé à la prise. Du coup,
il faut des particuliers motivés.»
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Les
visites dans le Sud
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A
loccasion de cette Journée du soleil, cest
Attalens qui frappe le plus grand coup dans le Sud fribourgeois.
La Commission communale de lénergie a en effet
mis sur pied une grande exposition où le public pourra
découvrir des capteurs solaires, une installation de
chauffage solaire pour piscine et même une tondeuse à
gazon solaire, ainsi que des sources dénergie alternative,
comme les pompes à chaleur, les chaudières à
bois ou les poêles suédois. A voir le samedi 21
mai de 10 h à 17 h à la salle polyvalente de lécole
des blés.
Même endroit, même jour, trois conférences
sont aussi prévues. A 10 h, une entreprise spécialisée
présentera le chauffage à bois et les miniturbines
hydrauliques. Suivra, à 11 h, un exposé dAndré
Freymond, responsable romand du Groupement promotionnel suisse
pour les pompes à chaleur. Retour au soleil à
14 h, avec Marc Tillmanns, de Swissolar, qui abordera le solaire,
le label Minergie et lisolation. De 14 h à 17 h,
le public pourra finalement découvrir linstallation
solaire dAlain Genoud, rue de la Croix-de-Montet 21, à
Attalens.
La Commission de lénergie de Châtel-St-Denis
sest jointe à lévénement, en
organisant une marche vers Attalens. Rassemblement à
8 h 30 à la gare du chef-lieu, où le public pourra
consulter des panneaux dinformation sur les énergies
renouvelables et sur le label Cité de lénergie.
Toujours ce samedi, à Semsales, les portes de la maison
dIsabelle Morier Jaquet, route de la Rougève 117,
seront ouvertes au public de 13 h à 18 h. Loccasion
de découvrir une installation solaire thermique réalisée
selon le concept de lauto-construction. Enfin, du côté
de Riaz, on pourra visiter la maison solaire passive conçue
par le bureau darchitecture de Conrad Lutz pour la famille
de Stéphane et Sylvie Currat, à la ruelle du Levant.
Accueil ce samedi, de 10 h à 16 h.
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