FRIBOURG Discothèques à Ffribourg

Eclosion de nouveaux projets

Assoupie depuis des années, confinée au seul To See Club, la vie nocturne est en passe de subir un électrochoc à Fribourg et environs. Trois projets sont à l’enquête, tandis que le Macumba change de nom.

 

On ne démolit pas comme ça des pans de mur quand ils sont l’œuvre de l’architecte tessinois Mario Botta. Le gérant du Rock Café, à Fribourg, vient de l’apprendre à ses dépens, lui qui projette de transformer en dancing la cave au sous-sol de cet établissement (ex-Gambrinus). Le hic: les locaux, propriété de la Banque Cantonale, se trouvent dans l’immeuble réalisé en 1982 par Botta. Un monument de notoriété internationale, notent les experts, qui est l’un des symboles modernes de Fribourg.
C’est pour cette raison que les travaux préparatifs entrepris ont été stoppés sur ordre de la préfecture de la Sarine, vendredi 16 septembre, le jour même de la mise à l’enquête de la transformation intérieure. Ces travaux allaient au-delà des préparatifs, confirme Jean-Marc Schaller, architecte de ville. Les ouvriers démolissaient des murets de bars et autres briques du décor. Des éléments typiques de Mario Botta.
Egalement présent sur place aux côtés du conseiller juridique de la préfecture Richard Jordan, Claude Castella note que «ce bâtiment est inscrit au recensement de l’architecture contemporaine». Le chef du Service des biens culturels ajoute que cela ne représente pas une mesure de recensement au sens de la loi sur la protection des biens culturels. Mais, dans l’éventualité d’un désaccord avec le tenancier sur les transformations, des mesures de protection provisoire pourraient être prises: «Il n’y aura aucun problème si le nouveau décor est réversible, par exemple. Car on parle d’un élément de l’histoire de l’architecture et d’un tournant dans la carrière de Botta.»
Administrateur de Rock Café Fribourg SA, Bernard Schneider n’en fait pas tout un fromage. Il parle simplement d’un retard d’un mois pour créer notamment deux espaces de danse pour un coût avoisinant 600000 francs. «Après treize ans d’existence, nous allons maintenant nous concentrer sur le soir», explique Bernard Schneider. Le café, à l’avenir fermé la journée, ouvrira entre 16 h et 4 h, renouant ainsi avec la vocation de ce coin de ville qui a abrité par le passé la discothèque Le Select.

Place au Da Vinci Club
Plutôt léthargique, la vie nocturne va ainsi prendre un nouvel élan dans la capitale cantonale. Car d’autres projets du même type se bousculent au portillon, chacun destiné à une partie de la clientèle (collégiens, étudiants, 25-35 ans…). Dont le plus avancé à la rue Saint-Pierre. Dévoilé en mars, le FMRA (prononcez: éphéméra, comme soirée éphémère) pourrait démarrer avant la fin de l’année. L’un de ses promoteurs, Laurent Palard, tenancier de bar, a bon espoir de surmonter les derniers obstacles au moyen d’une convention avec les opposants. Il lui faut également garantir le respect des normes, en particulier celles liées au bruit. FMRA disposera de 700 places au deuxième sous-sol de la rue Saint-Pierre 6, en dessous de l’ancienne Coop-City. Investissement: un demi-million.
Et voilà qu’on apprend l’existence d’un autre projet de discothèque du côté de Granges-Paccot (lire encadré), au moment où le Macumba, au Schoenberg, animé ces derniers mois par des soirées albanaises, entend renouer avec le grand public. Rebaptisé Da Vinci Club, du nom de la pizzeria située au-dessus, l’établissement a été repris par les deux associés turcs de la pizzeria, dont James Tuncel: «On espère ouvrir à mi-octobre après des travaux d’environ 350000 francs.»
Quant au To See Club, à côté de la Brasserie Cardinal, il poursuit ses activités entamées il y a sept ans. C’est lui qui portait seul ces derniers temps la vie nocturne de la cité des Zaehringen, depuis la fermeture du Vertigo. Sans oublier, en périphérie, l’Escale, à Givisiez. «Cette nouvelle concurrence, c’est plutôt une bonne chose, car il n’y avait pas grand-chose par ici hormis des bars», témoigne Olivier Rodi, directeur artistique du To See.
Nul doute que ce regain d’animation contribuera à retenir les clients sur place, eux qui se déplacent volontiers à Berne, Bulle ou Lausanne. Le 0,5‰ d’alcoolémie au volant les incite en effet à limiter leurs déplacements.

 

Disco et bowling à Granges-Paccot

Une disco, un resto et un bowling à l’enseigne d’«Espace jeux». La société Agy Hôtel Forum entend ainsi combler le vide qui s’étend entre l’hôtel Ibis et le Casino Barrière, près de Forum Fribourg, à Granges-Paccot. Ce projet figure dans la Feuille officielle d’hier au nombre des mises à l’enquête. «L’investissement sera de l’ordre de 15 millions pour la construction et l’équipement», précise l’architecte responsable, Jean-Louis Waeber, du bureau Longchamp. Sur 50 mètres de long pour 30 m de large, le complexe sera contigu aux deux bâtiments existants. Deux locataires se partageront les locaux distribués sur cinq niveaux, dont deux en sous-sol (parking). Pour la discothèque (600 m2), il s’agit d’une société encore en formation. Et pour le bowling (3400 m2 pour 24 pistes, avec coin restauration et autres loisirs), d’une société qui gère d’autres bowlings en Suisse romande. Ce complexe se construira en lieu et place du multiplexe de cinéma qu’il était prévu initialement de construire à cet endroit, entre l’hôtel et la maison de jeux.

Sébastien Julan
24 septembre 2005

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