HUMEUR

Politique et économie

Un passif transitoire…

Ainsi donc, Marcel Ospel, grand patron de l’UBS, a reçu l’an passé un salaire de 24 millions de francs. Sachant que tout ce qui est exagéré est insignifiant, il conviendrait de classer sans suite l’information. Une somme si étrange distille pourtant suffisamment de ma-laise pour qu’elle justifie des interrogations. Sur la valeur du travail, des hommes et de l’argent lui-même. Comment peut-on justifier un tel salaire – deux millions mensuels, 7000 francs à l’heure si l’intéressé absout une moyenne journalière de 14 heures? La divulgation de ce salaire de tous les excès tombe à l’heure où le Conseil national tente de combler, à coups de millions récupérés parfois auprès de gens dans le besoin, le déficit de l’assurance invalidité. Voilà de quoi susciter la levée d’une nouvelle génération marxiste-léniniste. La vulgarité n’est pas toujours là où on la croit.

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A chaque Apéritif de printemps de la Chambre du commerce revient le même couplet. Celui d’un monde politique incapable, aphasique et sans courage. «Reprenez le pouvoir! Décidez! Placez-vous au-dessus du médiatiquement correct!» a lancé mardi soir au Bicubic le président de ladite chambre devant un parterre nourri d’élus politiques, qui ont écouté la diatribe avec une patience teintée de masochisme. Et si ces «capitaines d’industrie» assumaient durant une seule année une haute responsabilité politique! Une sorte d’échange de bonnes intentions et de bons procédés. Au terme de l’expérience, les impératifs perdraient peut-être un peu de leur vigueur…

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Rendre à César ce qui est à César et attribuer au président ce qui lui revient. Dans notre éditorial du samedi 18 mars, nous esquissions un premier bilan de l’œuvre politique de Claude Grandjean, qui avait annoncé sa décision de ne pas solliciter un nouveau mandat. Et nous ornions la geste du président Grandjean de quelques bémols liés à des affaires qui avaient défrayé la chronique cantonale. Si les vicissitudes de l’ex-brigadier Grossrieder ont effectivement donné du fil à retordre au directeur de la Sécurité et de la Justice, l’«affaire du garage de la police» lui était attribuée de manière erronée. Une malencontreuse faute qui prouve, une fois de plus, que la mémoire journalistique est aussi éphémère que le papier qui la diffuse. «Le dossier était bouclé lorsque je suis arrivé au Gouvernement et il ne figure donc pas à mon bilan, même comme passif transitoire», sourit la plume de M. Grandjean….

Patrice Borcard
23 mars 2006

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