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Lex-chef de
service de lenseignement primaire, qui avait détourné
un peu plus dun million de francs entre 1992 et 2002, naura
pas réussi à se blanchir dune partie des malversations
qui lui étaient reprochées. La Cour dappel du Tribunal
cantonal (TC) a balayé mardi son recours, en confirmant le jugement
prononcé en juin 2004 par le Tribunal pénal de la Sarine.
Pour le TC, les qualifications descroquerie par métier et
de faux dans les titres dans lexercice de fonctions publiques ne
font pas un pli, nen déplaise à la défense.
La peine de trois ans et cinq mois ferme est maintenue.
Mardi, lex-fonctionnaire ne niait pas les faits. Il ne contestait
pas que trois de ses 37 malversations relevaient de lescroquerie
et de la falsification. Il ne revenait pas non plus sur son modus operandi:
faire verser des montants puisés dans le fonds de formation continue
sur un compte établi au nom de lassociation des inspecteurs.
Une association qui navait eu quune existence éphémère,
et qui ne servait en réalité plus quà financer
ses virées dans un cabaret romontois, ses voitures et les améliorations
quil apportait à sa villa.
Qualifications contestées
En fait, le recourant, représenté par Me Nicolas Charrière,
sest focalisé sur un seul élément: il nétait
que cosignataire. Or, la loi contraignait ses cosignataires le
direc-teur, le secrétaire de lInstruction publique ou les
comptables de lEtat à effectuer des contrôles
aisément réalisables. A savoir, vérifier que les
pièces justificatives fournies avec les ordres de paiement nétaient
pas elles-mêmes signées par le fonctionnaire. Ces critères,
les «factures» quil présentait ne les remplissaient
pas. A vrai dire, estime la défense, ces documents à en-tête
du service ne pouvaient même pas être considérés
comme des factures. Doù deux conclusions: labsence
de faux dans les «titres» et descroquerie, la dupe étant
coresponsable.
Un argumentaire balayé par la Cour dappel. Le tribunal a
rappelé que la législation invoquée, dailleurs
postérieure à une partie des faits, ne concernait que les
versements à des organismes extérieurs à lEtat.
De plus, le fonctionnaire, profitant de sa position de chef de service
et de responsable de la formation continue, motivait clairement ses ordres
de versements, qui avaient donc toutes la valeur probante dun titre.
En un mot: «Il a abusé de la confiance dont il bénéficiait
et du volume de paiements traités. Il naurait pas pris le
risque de perdre son emploi sil nétait pas convaincu
de lefficacité de son système.»
Depuis la découverte du pot aux roses au début 2002 et sa
condamnation, lex-fonctionnaire vit, selon Me Nicolas Charrière,
dans un «désert social, familial et financier», écrasé
par lobligation «jus-tifiée» de rembourser la
somme détournée. En incapacité de travail et suivi
par un psychiatre, mais privé de sa rente AI, il est à lassistance
sociale et bénéficie dune mesure dinsertion.
«Je vois lavenir dune manière excessivement sombre.
Je prends cinq ou six antidépresseurs par jour. Mes lettres à
mes enfants restent sans réponses. Je regrette, je ne sais pas
bien ce qui sest passé et pourquoi je lai fait. Cétait
dabord pour paraître. Et peut-être quau fond mes
rapports avec largent étaient faussés. Si je navais
pas fait ces énormes bêtises, je serais mieux.»
Autant déléments qui, avec la durée de la procédure,
ont incité la défense à demander le sursis. Mais
pas de quoi ébranler la Cour dappel. Laquelle a simplement
invité lescroc à assumer ses actes.
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