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San Francisco,
1876. Ancien soldat, Nathan Algren (Tom Cruise) soigne dans lalcool
le traumatisme de ses campagnes contre les Indiens. Jusquau
jour où on lui propose de partir au Japon: il se voit chargé
de la formation de la nouvelle armée souhaitée par
lEmpereur. Très vite, il reçoit lordre
dattaquer les rebelles samouraïs réunis autour
de Katsumoto. Fiasco pour larmée. Blessé, Algren
est fait prisonnier. Dans le village des samouraïs, il va découvrir
une autre culture, gagner lestime de ses nouveaux compagnons
et combattre à leurs côtés.
Le dernier samouraï ne manque pas de bonnes intentions. Un
Américain pur sucre qui sattache à une autre
culture, guidée par le sens de lhonneur, lidée
peut paraître prometteuse. Mais elle ne tient guère
la distance. De même, la reconstitution historique se révèle
soignée, les couchers de soleil et les paysages magnifiques,
mais tout cela paraît bien vide.
Durant lessentiel de ces 2 h 25, on se demande ainsi où
Edward Zwick cherche à nous emmener. On a droit à
la cure de désintoxication de Nathan, quelques batailles
spectaculaires, des considérations sur lhonneur, la
vie, la mort, le destin ou les fleurs de cerisiers. Et cette découverte
simpliste de la différence, qui passe par lapprentissage
de la langue japonaise en quelques semaines, chapeau capitaine!
Avant de comprendre soudain que tout le film est tendu vers la bataille
finale, impressionnante, avec centaines de figurants, démonstration
de courage, flèches et sabres contre canons et fusils, le
tout barbotant dans une musique pâteuse.
Le dernier samouraï apparaît dautant plus pesant
que la réalisation du balourd Edward Zwick (Glory, Légendes
dautomne) le plombe rapidement. Son emphase en vient même
à friser le ridicule, comme avec cette scène où
Nathan se fait rouer de coups de bâton sous la pluie, ou celle
de la mort du fils de Katsumoto, filmée avec un tel pathos
que lémotion recherchée laisse plutôt
la place au rire nerveux.
Le dernier samouraï confirme donc une nouvelle fois quun
sujet intéressant, des images soignées, de beaux costumes
et une interprétation convaincante (de la part de Tom Cruise
comme de ses acolytes) ne suffisent pas pour réussir un film.
Celui-ci nest guère plus que luvre sans
consistance dun réalisateur assez quelconque. On peut
certes se laisser prendre par ces batailles spectaculaires, voire
verser une larme sur ce début damitié brisée
par le cruel destin contre lequel lhomme ne peut rien, tout
cela na pas grand intérêt.
Le dernier
samouraï, dEdward Zwick, avec Tom Cruise, Bulle,
Prado
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Eric
Bulliard
17
janvier 2004
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