Bientôt trente ans qu’il se balade en marge de la chanson française, qu’il promène son personnage sombre, son univers expressionniste, en toute liberté. Jean Guidoni fait partie de ces artistes reconnus par la profession, de ces gens qui comptent sans toucher le grand public. Avec La pointe rouge, qui succède à Trapèze (2004) il ne va pas faire exploser ses ventes, mais confirme son talent d’interprète et d’auteur. Et qui sait? Il pourrait attirer de nouvelles oreilles, grâce aux collaborations avec Dominique A (que l’on reconnaît d’emblée sur Cloaca Maxima), Mathias Malzieu (de Dionysos), Jeanne Cherhal ou Philippe Katerine, qui le fait chanter cet étonnant «Parfois j’aimerais être un arbre en Normandie / en plein jour J / Y’a soixante ans».
Produit par Nicolas Deutsch (bassiste de Thomas Fersen), également compositeur de la plupart des musiques, La pointe rouge distille des airs de rock, de pop, voire de tango, ou de la chanson classique (Peintures). La voix grave, plus affirmée, de Guidoni (qui rappelle, sur Oh loup! surtout, Nougaro) cisèle des textes raffinés, lyriques, vibrant de vie: «Je me philosophe à l’envers / Barbouillé de rouge et de miel / Entre le futile et l’essentiel…»
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