Classement des disques par rapports aux auteurs

Les disques de la semaine:


Suzanne Vega
Beauty & crime
Blue Note / EMI

Dès les premières notes, on retrouve en frissonnant la voix de Luka. C’était il y a vingt ans déjà… Depuis cet énorme tube, Suzanne Vega a poursuivi son chemin, avec quelques expérimentations. Son septième album studio, Beauty & crime confirme un retour au folk amorcé par Songs in red and gray.
Beauty & crime est centré sur New York, ville que Suzanne Vega n’a jamais quittée. Réalisé par Jimmy Hogarth (James Blunt, Corinne Bailey Rae…), il démontre une nouvelle fois que c’est dans les ballades dépouillées et les orchestrations subtiles que se révèle tout son talent de mélodiste. En témoignent des merveilles comme New York is a woman ou Edith Wharton’s Figurines. Entourée de nombreux musiciens, dont les guitaristes Lee Ranaldo (Sonic Youth) et Gerry Leonard (David Bowie), elle aborde aussi des thèmes intimes, avec des chansons dédiées à sa fille (As you are now) ou à son mari (Bound). Un album resserré (moins de 35 minutes) pas révolutionnaire, mais intense. Et toujours cette voix…

EB / 28 juin 2007
 


Jean Guidoni
LA POINTE ROUGE
Disques Office

Bientôt trente ans qu’il se balade en marge de la chanson française, qu’il promène son personnage sombre, son univers expressionniste, en toute liberté. Jean Guidoni fait partie de ces artistes reconnus par la profession, de ces gens qui comptent sans toucher le grand public. Avec La pointe rouge, qui succède à Trapèze (2004) il ne va pas faire exploser ses ventes, mais confirme son talent d’interprète et d’auteur. Et qui sait? Il pourrait attirer de nouvelles oreilles, grâce aux collaborations avec Dominique A (que l’on reconnaît d’emblée sur Cloaca Maxima), Mathias Malzieu (de Dionysos), Jeanne Cherhal ou Philippe Katerine, qui le fait chanter cet étonnant «Parfois j’aimerais être un arbre en Normandie / en plein jour J / Y’a soixante ans».
Produit par Nicolas Deutsch (bassiste de Thomas Fersen), également compositeur de la plupart des musiques, La pointe rouge distille des airs de rock, de pop, voire de tango, ou de la chanson classique (Peintures). La voix grave, plus affirmée, de Guidoni (qui rappelle, sur Oh loup! surtout, Nougaro) cisèle des textes raffinés, lyriques, vibrant de vie: «Je me philosophe à l’envers / Barbouillé de rouge et de miel / Entre le futile et l’essentiel…»

EB / 28 juin 2007