
Classement des disques
par rapports aux auteurs


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Maurice Guerandi
Dans le compartiment
des jours
Recrec |
Il y a toujours un air de voyage avec Maurice Guerandi. Après Etrange étranger (1998) et Gauguin (2000), ce troisième album a aussi un parfum d’ailleurs, de mer et de désert. Hors de toute mode, le Lausannois a travaillé seul, jouant de la guitare, de la basse, des claviers, mais aussi du sitar ou des tablas, avec la seule contribution extérieure du pianiste Alberto Vasquez. Il crée un univers très personnel, envoûtant, usant aussi bien d’instruments traditionnels que d’électronique.
Pas de refrain facile dans ses dix titres qui mêlent ouverture au monde et introspection, mais des chansons lentes, des compositions surprenantes, une voix un peu traînante. Un album à apprivoiser peu à peu, pour se laisser bercer par le vagabondage que propose cet artiste étonnant.
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The beauty of Gemina
Diary of a lost
Musikvertrieb |
Une perle de plus dans le paysage suisse de l’alternatif noir, au côté de Bak XIII par exemple. Son nom? The beauty of Gemina. Mêlant malicieusement goth-rock, trip-hop, electro et une dose d’indus dans une atmosphère sombre et chargée d’électricité, le groupe assume une ascendance nommée Clan of Xymox ou Das Ich, tout en produisant une dark wave qui n’a rien à leur envier. Tout en évitant le piège du rétro pompeux.
Avec ce premier album, Diary of a lost, Michael Sele, le fondateur, auteur, compositeur et chanteur, a touché juste, tour à tour hypnotisant ou électrisant avec sa voix profonde, qui n’est pas sans rappeler celle d’Andrew Eldricht (The Sisters of Mercy). De plus, les morceaux, diablement efficaces, sont aussi divers que réussis, plusieurs ayant de quoi allumer les dancefloors avec leur côté EBM. Protéiforme, enthousiasmant, The beauty of Gemina a bien de quoi remplir vos nuits les plus froides.
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The Game
DOCTORS ADVOCATE
Universal
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A la sortie
de The Documentary (2005), The Game incarne le renouveau dun
hip-hop californien à bout de souffle. A lombre de
son idole Dr. Dre qui la découvert et avec qui
il partage le «privilège» dêtre né
à Compton Chuck Taylor présente un opus forgé
par les plus grands: Kanye West, Hi-Tek, Just Blaze ou Timbaland
pour ne citer queux. Sans oublier Dr. Dre, bien sûr.
Des productions de grande classe, encore mal servies par The Game,
encore peu à laise au micro et à lécriture
des textes
Des défauts gommés sur sa nouvelle livraison, Doctors
advocate, où le rappeur se montre beaucoup plus tranchant
tant au niveau du flow que de la plume. Il faut dire quil
a ramé depuis lénorme succès de The Documentary
et le clash avec 50 Cent et G-Unit
Conflit qui conduisit The
Game à quitter Aftermath, le label fondé par Dr. Dre.
Conséquence: ce dernier ne produit aucune des seize plages
du nouvel album.
Doctors advocate nen demeure pas moins un très
bon millésime, le Californien sétant entouré,
une fois encore, de pointures telles que Kanye West, Just Blaze,
Swizz Beats, Will.I.Am
Une large palette de producteurs, qui
lui ont fourni des instrumentations fort différentes, mais
finalement très cohérentes. Parce que, au bout du
compte, entre les emprunts aux breakbeats de la genèse du
gangsta rap et la résurrection de sons gothiques façon
NWA, lalbum résonne typiquement «west coast».
En définitive, la défection de Dr. Dre et de léquipe
dAftermath/Shady Records est peut-être la meilleure
chose qui soit arrivée à The Game, qui prouve de manière
fort convaincante quil na besoin de personne pour fabriquer
un bon disque.
Et puis si son idole, 50 Cent et Eminem ne figurent pas au générique
de son Doctors advocate, Chuck Taylor peut encore compter
sur un vaste collectif damis: Snoop Dogg, Nate Dogg, Nas,
Busta Rhymes
Ça fait quand même du beau monde
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Charlotte Gainsbourg
5:55
Warner
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Cest sans
doute la sonorité du mot qui la dabord attiré.
Mais le choix de Taormina pour titre du nouvel album de Jean-Louis
Murat nest pas innocent: la ville sicilienne sétend
sur les rochers, entre lEtna et la mer. De même, ces
douze titres mêlent une forme daridité à
lénergie volcanique et à la sérénité.
Au premier abord, on se dit que Murat fait du Murat. Textes ciselés,
où la nature et les éléments tiennent le premier
rôle, folk-rock teinté de blues, voix suave
Enregistré
avec ses complices Stéphane Reynaud aux percussions et Fred
Jimenez à la basse, Taormina se révèle rugueux
et sombre. Il sapprivoise au fil des écoutes, dévoile
peu à peu ses richesses. Lalbum distille ballades langoureuses
(Chemin des poneys, Au-dedans de moi
), comptines de troubadour
(Est-ce bien lamour?) et rock intimiste (Accueille-moi paysage).
Il y est question de mort, dabandon, de peines que Murat résume
par des fulgurances poétiques dont il a le secret, comme
«Je voulais te dire / Ne pleure pas caillou / je taime».
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Anja Garbarek
BRIEFLY SHAKING
EMI
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Pour son retour,
Anja Garbarek qui a également composé la BO
du film de Luc Besson Angel-A a mis de la couleur plein sa
pochette, plein sa musique aussi. Du rouge surtout. Dans une trip-hop
tranquille et minimale, la voix douce de la demoiselle chante pourtant
des choses pas très gaies... Entre ritournelle entêtante
(The last trick), incursion rock (Shock activities), electro bidouillée
(Can I keep him?) ou balade (Sleep), ce nouvel album, simplement
intitulé Briefly shaking, explore les pistes les plus diverses,
des ténèbres à la lumière. Une unité
se dégage pourtant de ce très bon opus. Une unité
qui prolonge les tremblements bien au-delà du raisonnable
.
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Serge Gainsbourg
GAINSBOURG... ET CAETERA
Universal
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Plus que dans
les reprises, compils et hommages sortis pour les quinze ans de
la mort de Gainsbourg, lévénement est là,
dans ce live. Cet enregistrement public au Palace passait pour un
album maudit: la seule version existante était mal enregistrée,
amputée, pas terrible. Et voici quon nous sort ce double
album superbe, avec un Gainsbourg éblouissant.
Nous sommes en décembre 1979. Lhomme à la tête
de chou na plus donné de concerts depuis quinze ans.
Cette année-là, tout a basculé: son album reggae
Aux armes et cætera a fait de Gainsbourg une star. Ses musiciens
jamaïcains (dont ceux de Peter Tosh: Sly Dunbar à la
batterie, Robbie Shakespeare à la basse et Sticky Thompson
aux percussions) laccompagnent sur scène. Et cest
un festival, de Relax baby be cool à Lola Rastaquouère,
en passant par Brigade des stups, Des laids des laids, La Marseillaise
reggae, évidemment, ou encore Vieille canaille. Gainsbourg
pose son talk over avec une précision incroyable, la section
rythmique est impressionnante, lambiance surchauffée
Ce double album bénéficie en outre dun livret
intéressant qui place lenregistrement dans son contexte.
Avec notamment labjecte campagne antisémite dont a
été victime lirremplaçable Gainsbourg
après son coup de génie de La Marseillaise..
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G-Unit
BEG
FOR MERCY
Universal
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Dix-huit
titres, la plupart plutôt faibles
Lalbum de G-Unit
(Tony Yayo étant en tôle, le crew est réduit à
50 Cent, Young Buck, Lloyd Banks) nest guère surprenant.
Flingues, filles, potes
même si ce concept a été
usé jusquà la corde par de nombreux rappeurs,
les New-Yorkais ont ressenti le besoin de le revisiter encore. A moins
quils naient rien dautre à raconter, ce qui
est fort possible.
La seule chose qui sauve Beg for mercy du désastre, cest
la production qui atteint parfois des sommets, comme sur Stunt 101,
Footprints, Beg for mercy ou GD up. Meilleur moment de lalbum,
Wanna get to know you, lun des titres «obligatoires»
qui raconte que les «gangsters» peuvent tuer de sang froid
mais quils ont eux aussi besoin damour
Mais là
encore, rien de nouveau depuis 2Pac.
Cet album sonne peut-être si mal à cause du battage qui
entoure sa sortie. Nul doute pourtant quil sarrachera
par palettes: promotion denfer, rimes simplistes, beats entraînants
Le piège fonctionnera..
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The Game
THE
DOCUMENTARY
Universal
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Gangster reconverti
au rap après quune fusillade leut cloué
six mois à lhôpital, Chuck Taylor devait incarner
le renouveau dun hip-hop californien à bout de souffle.
Avec Dr. Dre pour veiller sur lui, The Game ne pouvait guère
rêver mieux. Et lon imaginait déjà le
classique. Côté productions, rien à redire,
cest la grande classe. Kanye West, Hi-Tek, Just Blaze, Dr.
Dre, Eminem, Timbaland
Tous ont fourni dexcellents beats
au MC de Compton (Dreams, Runnin, Higher
).
Mais voilà, The Game na rien du grand «lyriciste».
Il est venu au rap en digérant le flow et les concepts des
autres. Résultat: il plagie tout le monde, dEazy-E
à 2Pac, en passant par BIG, Nas ou Jay-Z. La chose est particulièrement
flagrante sur les deux titres où apparaît 50 Cent:
The Game adopte le même phrasé que Fifty
mais
se retrouve complètement éclipsé par loriginal.
Sil na rien du classique attendu, The Documentary nen
reste pas moins un bon album. Et The Game, avec sa magnifique voix,
un rappeur davenir. Il na plus quà progresser
dans son écriture.
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Dave Gahan
PAPER
MONSTER
Mute/Musikvertrieb

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Quelques
semaines après son compère Martin L. Gore, Dave Gahan
sort son premier album solo intitulé Paper monsters. Plus sombre
quavec son band, le chanteur de Depeche Mode raconte son autobiographie
de la douleur. Héroïnomane et suicidaire, il parcourt
en chanson sa lente descente, son agonie de pop star trop adulée.
Dès Dirty sticky floors, le ton de lalbum est donné.
Sur des rythmes electro composés par son nouvel allié
Knox Chandler, Dave Gahan perpétue la tradition Depeche Mode.
Des chansons taillées pour être écoutées
sur les longues autoroutes américaines, les cheveux au vent
et lautoradio à fond.
Longtemps dans lombre artistique de Martin L. Gore, Dave le
ténébreux évolue davantage dans les méandres
de lâme. Ses compositions, plus lentes et plus profondes,
rappellent le glorieux temps de lalbum Violator, chef-duvre
ultime de Depeche Mode. Une référence.
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Simon Gerber
A
CINQ HEURES DE LA MER
Disques
Office
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Simon Gerber a ouvert les dernières Francomanias avec aplomb.
Dans la foulée, il a sorti son deuxième album, nouvelle
étape pour le talentueux auteur-compositeur-interprète.
Il y prend un virage, vers le blues, où les étonnantes
inflexions de sa voix trouvent parfaitement leur place. Avec parfois
des envolées à la Tom Waits (Monsieur Bill).
Ce qui na pas changé en revanche, cest son talent
pour dire les petites choses de la vie. Simon Gerber a beau se lancer
dans le blues, il est trop malin pour se contenter des clichés
du genre. Il préfère user dhumour (Paris) et de
tendresse, comme dans ce country blues de Cest bizarre («Allez
demain, cest dimanche et on a rien») ou dans Lugano. Parfois,
pointe la colère face, par exemple, aux inepties télévisuelles
(Les plombs). Pas étonnant que Sarclo se soit pris daffection
pour ce musicien très doué. Et vice versa, puisque Simon
Gerber reprend cette magnifique chanson, Pleurer dans tes bras.
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Ghostface Killah
Shaolins
Finest
Sony

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La
nébuleuse Wu-Tang toujours, avec la sortie de ce Shaolins
Finest, qui se veut le best of des trois albums solos de Ghostface
Killah, lun des meilleurs MC du Clan.
Les morceaux choisis résument assez bien la discographie de
Dennis Cole. Même sil manque quelques perles, notamment
lextraordinaire Winter Warz, meilleure plage dIron Man.
De ce premier opus daté de 1996 restent pourtant de très
bons moments: les sombres Daytona 500 et Poisonous Darts, ainsi que
le sublime All that I got is you, où Ghostface Killah arrive
presque à nous tirer des larmes.
De Supreme clientele (2000) album aux forts relents blaxploitation
le MC a retenu cinq bons titres. Mais encore une fois, le meilleur
Wu Banga 101 a été oublié
Vraiment dommage. Enfin, trois morceaux du très bon Bulletproof
Wallet (2001) ferment ce Shaolins Finest, qui offre une porte
dentrée tout à fait intéressante dans lunivers
de Ghostface Killah.
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Girls in Hawaii
FROM
HERE TO THERE
RecRec
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ILa
Belgique ne se résume pas à la bière et aux moules
frites. Il y a aussi Arno, dEUs et une ribambelle de groupes rock
plus étonnants les uns que les autres. Girls in Hawaii est
un parfait exemple de cette émulation passionnante qui secoue
le Plat Pays.
Prenez un chanteur à la voix nasale dans la veine de Polar,
un guitariste qui a passé sa jeunesse à user les vinyles
des Smiths et une section rythmique aussi mélodique que celle
de New Order: si vous ne secouez pas trop, vous obtenez From here
to there, le magnifique premier opus de Girls in Hawaii. Parfois lancinantes,
souvent nostalgiques, toujours ciselées avec une précision
horlogère, les douze perles de cette galette ne tarderont pas
à trouver une oreille attentive auprès des fans de la
nouvelle vague du rock français. Sur les pas de Mickey 3D,
Girls in Hawaii est sans doute lune des premières révélations
de lannée.
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Glen of Guiness
FOLK OFF
Musikvertrieb
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Glen of Guinness a parfois fait sourire les puristes: pensez donc,
des Valaisans qui chantent du folk-rock irlandais, cest mettre
un doigt de whiskey dans un déci de fendant
Le groupe
nen a cure et va désormais encore plus loin dans son
mélange des genres et la revendication de ses racines valaisannes.
Pour ce nouvel album, à la fois best of, enregistrement live
et production de quelques nouveaux titres, le groupe sest allié
à lEnsemble de cuivres valaisan, un brassband de 25 cuivres
et quatre percussionnistes, champion suisse en catégorie excellence,
en 1999.
Le résultat de ce mélange entre folk irlandais et fanfare
se révèle assez étonnant. Les cuivres se mêlent
avec naturel au banjo, aux flûtes, au violon, à laccordéon
et à la voix de Bertrand Gaillard. Né pour la scène,
Folk off garde toute son énergie joyeuse sur disque. Les chansons
de Glen of Guinness gagnent même en poids et en volume sans
pour autant devenir lourdingues. Original et sympa.
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GNU
Milky
way
Bel
management

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Formation
atypique dans le paysage musical fribourgeois, Gnu vient de sortir
son troisième opus Milky way. Atypique, car composé
dun chanteur guitariste, de deux bassistes et
dune
boîte à rythmes.
Mélangeant allégrement une pop sucrée dans la
plus directe ligne anglo-saxonne et des instruments en provenance
des Andes, Gnu propose un concept savoureux. Agrémenté
de la voix étrange dAlain, le trio pratique une musique
chatoyante qui ne craint pas les télescopages bizarroïdes.
Ainsi, sur le très helvétique Mountain song, des guitares
cristallines côtoient un refrain yodle des plus folkloriques
Très minutieusement produit par Bertrand Siffert lingénieur
des Young Gods Milky way supporte avec panache lépreuve
de lécoute dans le fauteuil du salon. Mais toute la puissance
de Gnu se révèle sur scène: à vérifier
ce samedi 3 mai, au café le XXe, à Fribourg.
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The Go-Betweens
BRIGHT
YELLOW BRIGHT ORANGE
RecRec

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Il
était un groupe, dans les années huitante, qui transforma
la pop music sans vraiment sen rendre compte. Un peu à
limage des Nits, The Go-Betweens composait des mélodies
hallucinantes de beauté dans la veine jamais reniée
des Beatles. Mais le groupe ne trouva quun maigre public et
ses deux leaders, Robert Forster et Grant McLennan, abandonnèrent
le bateau pour suivre des trajectoires solitaires.
Reformé à la fin du siècle passé, The
Go-Betweens na toujours du succès quauprès
de ses fans. Quel gâchis! Tant de bonheur dans une ligne de
guitare, tant de suavité dans la voix de ses deux compositeurs,
tant dharmonie dans leur songwriting éthéré.
Peut-être que leurs belles mélodies, si simples et si
efficaces, sont un peu ringardes dans le monde artistique actuel
Reste que, aujourdhui, The Go-Betweens est le groupe qui dégage
le plus denvie dapprendre le solfège depuis que
John Lennon chante Imagine au paradis.
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MARTIN L. GORE
Counterfeit2
Mute/Musikvertrieb

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Compositeur
attitré et occasionnellement chanteur de quelques perles de
Depeche Mode (Somebody), Martin L. Gore sort son deuxième album
personnel, après Counterfeit en 1989. Le concept, comme le
titre, est dailleurs similaire: des reprises, dans la pure tradition
Depeche Mode, dartistes qui comptent pour Martin L. Gore.
Ainsi, de Julee Cruise à Iggy Pop, en passant par John Lennon,
Lou Reed, Nick Cave ou Kurt Weill, lhomme-orchestre de DM passe
à la moulinette électronique des standards comme des
chansons puisées de la poussière. Quand il entonne Loverman,
on se croirait dans un Berlin désaffecté, puis on croise
le fantôme de Candy says à New York. Plus loin, Martin
L. Gore donne sa relecture respectueuse et néanmoins audacieuse
dOh my love avant de reprendre, en allemand, le magnifique Das
Lied vom einsamen Mädchen.
En attendant la sortie, en juin, de lalbum solo de Dave Gahan
(le chanteur), Depeche Mode se ressource dans lanonymat de la
création alternative. Avec toujours le meilleur goût..


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Gorillaz
DEMON
DAYS
EMI
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Après
avoir momentanément mis Blur de côté, Damon
Albarn met les bouchées doubles sur son deuxième
projet, Gorillaz. Plus de trois ans après limmense
succès du premier album, le groupe virtuel (les membres
du groupe ne sont en fait que des personnages de manga) revient
à la charge avec Demon Days. En allant plus chercher
du côté de lélectro-pop, Gorillaz
démontre un talent de mélangeur dinfluences
absolument unique. En quinze titres, le groupe se permet de
passer par un nombre de courants presque illimité, pour
déstabiliser au mieux lauditeur.
Le côté hip-hop du groupe peut avoir tendance à
rebuter les personnes réticentes à ce courant
musical. Néanmoins, le côté pop sucrée
adoucit le son et le rend accessible à tout le monde.
Cest sur ce point que cet album est surprenant. Le voyage
musical quil impose est très rapidement déroutant
et au bout de quelques chansons, on perd totalement ses repères.
Sans conteste, Damon Albarn arrive pleinement à combler
la place laissée vacante dans son agenda grâce
à Gorillaz.
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Grace
REPORT OF THE INQUIRY
Saïko Records
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Fondé
il y a dix ans, Grace reprend ses activités bruitistes
et présente son deuxième album intitulé
Report of the inquiry into the circumstances surrounding the
death of Melpomene.
En constante recherche dénergie hypnotique, les
quatre Genevois pratiquent un metal cérébral,
plus sombre que méchant. La voix, gutturale à
souhait, ose parfois un chant mélodique (le très
hanté Some quiet thoughts). Sinon, les incantations
de Grace emportent lauditeur dans des abysses de noirceurs,
là où les grosses guitares cisèlent des
arrangements tant à la tronçonneuse quau
stylet de dentellière.
Grace parle davantage à lesprit quaux muscles
et frise souvent la frontière du gothique. A se demander
si le combo na pas été fan, en son temps,
des Sisters of Mercy ou de The Nephilim. Des influences que
personne na honte de revendiquer, dailleurs
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Guess What
HOMECOMING
Disques
Office

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Dans
les années 1990, Guess What plongeait les soirées lausannoises
dans un antre en fusion. Leurs syncopes mâtinées de soul
et de funk prouvaient que des Blancs pouvaient aussi avoir le groove
dans la peau. Mais, à force de brûler les planches, le
groupe a fini par se consumer, avant de partir en fumée à
laube du millénaire.
Reconstitué lan passé, Guess What saventure
aujourdhui sur des sentiers plus électroniques. Sans
pour autant perdre ses influences puisées dans la tradition
noire américaine, les Lausannois amplifient leur musique de
machines sautillantes, de rythmiques «sambatiques» et
on ne se réinvente jamais entièrement
de grooves huilés façon Motown.
Très proche de la mouvance Rhinocerose, Homecoming explore
les voies ténues de la «musique à danser».
Avec une touche dhumanité, due à lusage
de vrais instruments, qui donne ses lettres de noblesse aux dancefloors
trop habitués à la techno de bas étage.
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GZA
Legend
of the Liquid Sword
Universal

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La
meilleure plume du Wu-Tang dégaine un album qui, sil
natteint pas les sommets de Liquid Swords (1997), reste une
bonne surprise. On sattend toujours au pire devant la galette
en solo des membres du Clan
Encore que GZA dont voilà
le quatrième opus na jamais vraiment déçu.
A lécoute de Legend of the liquid sword, les nostalgiques
de lâge dor du Clan seront déçus.
Ils y auront pourtant cru quatre titres durant. Les quatre premiers.
Les quatre meilleurs (dont le génial Did ya say that).
Le reste nest pas à brûler pour autant. Luminal,
bande-son oppressante de dj Muggs (Cypress Hill), en témoigne
à lui seul. Vrai cependant que quelques productions frisent
le code, à linstar de Stay in line ou du titre qui donne
son nom à lalbum
Sil nest pas toujours
bien servi par les faiseurs de boucles son cousin RZA ne signe
que le décevant Rough cut GZA fournit pourtant un travail
remarquable, tant au niveau de lécriture que du flow.
On ne va donc pas se lamenter sur le glorieux passé du Wu-Tang
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Simon Gerber
SIMON
GERBER
Disques
Office

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Dès
les premières minutes, on sent là une vraie personnalité.
Et pas grand-chose qui laisse percevoir quil sagit dun
premier album, celui du vainqueur des Nouvelles Scènes 2001,
Simon Gerber.
Dans la tradition de la meilleure chanson française, enveloppée
de cordes, de cuivres et dun piano jazzy, le jeune Biennois
raconte ces «tout petits bouts de bonheur», avec une force
indéniable. Dabord par sa voix, à peine éraillée,
qui sautorise toutes les vocalises. Par la justesse de ces images
ensuite, quil parle de la cave de son grand-père ou de
Décembre, ce «temps des enfants et des clochards qui
chantent». Simon Gerber ignore la facilité, avec ses
lignes mélodiques audacieuses. Ce nest pas lidéal
pour faire un tube, mais cest la marque dune belle assurance.
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Archives
1999-2002
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