
Classement des disques
par rapports aux auteurs


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Norah Jones
NOT TOO LATE
Blue note / Emi |
Elle a déboulé à 22 ans, avec son variété-jazz tout de douceur. Sorti en 2002, Come away with me a été vendu à plus de 20 millions d’exemplaires. Succès confirmé deux ans plus tard par Feels like home. Et il n’y a pas de raison que ça change avec Not too late, malgé la disparition du producteur Arif Mardin, relayé par le bassiste Lee Alexander.
Bien sûr, il n’y a pas là une folle inventivité. Juste une agréable mélancolie où l’on se love volontiers. Ces treize titres marient country-folk, jazz et blues, avec, au départ, un parfum de déjà-vu, même si les guitares prennent le pas sur le piano. Peu à peu, on découvre quelques audaces inhabituelles pour la New-Yorkaise, comme dans le superbe The sun doesn’t like you. Sans perdre sa simplicité, la douce tristesse de Miss Jones se teinte de couleurs rugueuses inattendues.
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Jack the Ripper
I'M
COMING
Disques
Office

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Adulé
par la presse spécialisée anglaise, Jack the Ripper
sort ce mois-ci son deuxième opus Im coming. Sur les
traces évidentes de Nick Cave, le combo parisien pratique une
musique faussement sombre, une sorte de cold wave acoustique jouée
dans un cabaret malfamé du Berlin davant la chute du
Mur (Martha, en allemand dans le texte). Pour ne pas avoir décroché
des Ailes du désir de Wim Wenders, le septet emmené
par le charismatique Arnaud se prend la tête, cite Platon et
Hamlet dans des chansons qui se veulent intellectuelles et ne réinvente
surtout pas lintensité des 16 Horsepower, de Leonard
Cohen ou de Brel quil plagie sans remords.
Au final, les douze titres de cet album se laissent toutefois entendre,
même si lauditeur averti retient cette horrible impression
de déjà-vu. A la copie, on préférera donc
amplement les originaux.
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Jadakiss
KISS
OF DEATH
Universal
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La déception avait été grande à lécoute
du premier album de Jadakiss: de tous les membres de LOX, son opus
solo était sans aucun doute le plus médiocre.
Ce Kiss of death est heureusement nettement moins mauvais. Le rappeur
new-yorkais livre un album un brin fourre-tout qui, sans être
homogène, nest toutefois pas complètement décousu.
On y trouve des titres pour les «gangsters», dautres
pour les filles, dautres encore formatés pour les clubs
Sur les dix-huit plages proposées, certaines réservent
ainsi de (très) bonnes surprises. Il faut dire que Jadakiss
a fait appel à quelques producteurs de tout premier plan: Havoc
sur lexcellent Why, Kanye West sur le non moins bon Gettinit
in, les Neptunes sur le «hit» potentiel quest Hot
sauce to go ou encore Eminem sur Welcome to D-Block. Voilà
pour le meilleur. Il y a hélas du moins bon: Shoot outs, Times
up, Kiss of death
Sans oublier lhorrible U make me wanna
au refrain gloussé par Mariah Carey.
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Jamait
DE VERRE EN VERS
Disques Office
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Lalbum
est sorti il y a quelques années, mais était épuisé
depuis un bon bout de temps. Et Jamait (nom du groupe dijonnais
formé autour de lauteur-compositeur-interprète
Yves Jamait) na cessé de se produire sur scène.
Son expérience du théâtre et son charisme lui
ont donné une audience de plus en plus large. Cette réédition
tombe donc à point nommé, pour peut-être lui
donner la reconnaissance quil mérite.
Au fil des bars et des rencontres, Jamait sest créé
un univers. Ecorché parfois jusquà faire penser
à Mano Solo (sur Dimanche, par exemple), ailleurs un peu
musette, un peu jazz. Avec toujours lémotion à
fleur de peau et cette voix éraillée, idéale
pour son réalisme pas rose, teinté dironie.
Il nous parle dalcool version bière plutôt
que vins raffinés de petits matins blêmes (Cest
lheure, très belle version personnelle dIl est
cinq heures, Paris séveille) et de ruptures (Adieu
à jamais ou lhilarant OK, tu ten vas). Pas de
faux-semblant ni de pose, juste de la sincérité jusquau
fond des tripes.
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Jay-Z
THE
BLACK ALBUM
Universal
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Tout
a une fin
A 34 ans, Jay-Z a décidé de mettre un
terme à sa carrière de rappeur, entamée avec
le désormais classique Reasonable Doubt. A peine dix ans plus
tard, il pose donc la dernière pierre à son édifice
avant de la mettre (définitivement?) en veilleuse.
The Black Album est sans conteste lopus le plus personnel et
le plus introspectif de Jay-Z. Même sa maman vient parler de
lenfance de son rejeton sur December 4th. Le MC y confirme par
ailleurs sa relation avec la belle Beyonce
Mais les titres les
plus intéressants sont ceux où Jay-Z passe en revue
sa carrière (My first song, Allure, Moment of clarity). Mention
également pour lamusant Threat. On se demande par contre
le pourquoi de cet insipide Change clothes ou de cet étrange
Encore
Les mystères de Jay-Z.
Même si au détour dune phrase le rappeur laisse
entendre quil pourrait revenir, ce Black Album sera très
certainement le dernier. Et ce nest pas la pire manière
de clore un chapitre.
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Jeronimo
UN
MONDE SANS MOI
RecRec

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Enfant,
Jérôme Mardaga errait dans les prairies du plat pays
en enregistrant sa voix et tout ce qui était plus ou moins
enregistrable. Ado, appuyé sans relâche sur sa pédale
disto, il flashait sur le rock anglo-saxon des eighties. Cest
à la fin de 2002 que le Liégeois sort, sous le nom de
Jeronimo, son premier opus en solitaire, Un monde sans moi, aujourdhui
disponible en Suisse.
Son monde à lui, donc, où la voix candide du gamin des
prairies côtoie les guitares enragées du fan de noisy
chic. Il y évoque son «éternel petit groupe de
merde», «les fausses blondes à gros nibars»,
sa femme qui le trompe et lui qui tient le coup. Des choses légères
en surface, traitées avec finesse et gravité, parfois.
Malgré lefficacité et la facture réussie
des riffs de guitares et des programmes electro, les morceaux épurés
comme Si javais une fille touchent plus directement au cur.
Le sens mélodique et la sensibilité du chanteur sy
épanouissent plus franchement, rappelant les premières
ballades de Katerine, la provoc en moins.
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Jay-Jay Johanson
RUSH
EMI
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Avec sa voix
haut perchée de castra triste et ses synthétiseurs
qui datent de linvention de lélectricité,
Jay-Jay Johanson na pas forcément tous les atouts de
son côté. Pour la sortie de son cinquième album
Rush le chanteur suédois, entouré de
vrais musiciens, poursuit lévolution déjà
pressentie sur lalbum Antenna. Au-delà de ses expérimentations
purement électroniques, il déroule simplement le tapis
rouge de la nostalgie. Entre house filtrée et electronica
ultrasimpliste, il faufile sa voix dans les méandres de la
techno commerciale.
A la fois influencé par un Elvis boursouflé et une
évanescence dun Pink Floyd trop planant, il polit ses
chansons jusquà la brillance éblouissante. Car
la pop du dandy cool est ronde, sans aspérité, sans
rugosité. Douce et dépourvue de relief, mais qui se
laisse déguster. Comme un long verre deau fraîche
en pleine canicule.
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Norah Jones
COME
AWAY WITH ME
Blue
Note / EMI

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EMI
a eu fin nez en ressortant récemment ce magnifique Come away
with me, premier album de Norah Jones. A sa sortie il y a un an, la
presse en a relativement peu parlé ici, mais le bouche à
oreille a fait son uvre. Aujourdhui, le nom de la jeune
femme est partout: elle vient de rafler cinq Grammy Awards, les plus
prestigieuses récompenses musicales américaines.
Il est donc temps de (re)découvrir cet album subtil, où
la voix chaleureuse de Norah Jones fait merveille. En quelques reprises
notamment de Hank Williams et de Hoagy Carmichael, pour un
magistral The nearness of you quelle interprète seule
au piano et une dizaine de titres composés avec ses
musiciens, la New-Yorkaise de 23 ans épate par son assurance.
Sur fond de jazz enfumé, lalbum se teinte de soul, voire
de folk et de country. Sans jamais déparer lensemble,
qui, par sa gravité et sa densité, donne des frissons
du début à la fin.
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Norah Jones
FEELS
LIKE HOME
Blue
Note / EMI
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Apparue
il y a deux ans avec lénorme succès de Come away
with me (huit Grammy Awards), Norah Jones ne sest pas endormie
sur ses lauriers. Pour la retenue et la douceur, Feels like home vient
du même moule. Mais cette New-Yorkaise qui a grandi à
Dallas est sortie des clubs enfumés pour partir au grand air,
là où son jazz croise le blues, le folk et la country.
Du coup, Feels like home se révèle moins monocorde.
Norah Jones a en outre emprunté certains titres à Duke
Ellington (où lon retrouve son goût pour les ambiances
feutrées), Tom Waits ou encore Townes Van Zandt et sest
ouverte à diverses participations. Apparaît ainsi une
grande dame de la country, Dolly Parton, pour un CreepinIn au
parfum de cow-boy poussiéreux. Surtout, Norah Jones donne une
nouvelle preuve quavec sa voix de velours, la simplicité
et la sobriété sont les meilleures armes de séduction.
A témoin Humble me, merveille mélancolique sans fioriture.
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Juliette
MUTAS
MUTANDIS
Universal
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Le titre de
son nouvel album est révélateur: Juliette a (un peu)
changé. Elle sest ouverte à dautres sonorités,
aux rythmes latinos en particulier (comme dans Les garçons
de mon quartier, inspiré dun roman de Fernando Vallejo).
Sans doute aussi la présence du producteur Renaud Létang
(Alain Souchon, Manu Chao
) a-t-elle joué un rôle
dans cet enrichissement sonore.
Mais Juliette reste égale à elle-même. Pour
la première fois, elle a même écrit et composé
toutes les chansons de son album, à lexception de Franciscae
mae laudes, adapté de Baudelaire. On la retrouve toujours
aussi espiègle, capable de chanter la complainte dune
soubrette comme la manie des jeux vidéo (Fantaisie héroïque)
ou de se balancer des insultes avec François Morel, des Deschiens
(Mémère dans les orties). Surtout, ce qui ne change
pas, cest son amour des mots, sa manière de conjuguer
érudition discrète et simplicité, de mordre
la langue française pour la savourer comme personne.
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Juliette
MA
VIE, MON UVRE, VOL. 1
Universal
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Pour
le grand public, Juliette sest fait connaître en 1997,
comme révélation de lannée aux Victoires
de la Musique. Alors quelle promenait sa frimousse et sa gouaille
sur les scènes depuis déjà pas mal de temps.
La preuve: cette compil sort pour ses vingt ans de carrière,
traversés en vingt chansons.
Hors de tout système, la Toulousaine sest forgé
un répertoire original, teinté de lesprit de cabaret
et de la chanson réaliste. Avec quelques incursions vers le
jazz rigolo (Lucy). Juliette se révèle tour à
tour théâtrale et sobre, drôle et touchante (magnifique
Berceuse pour Carlitos), utilise à merveille sa voix murmurée
ou survoltée. En femme de scène avant tout, elle propose
huit titres live. Dautres, comme Le festin de Juliette, sont
présentés en une nouvelle version. Et pour ceux qui
hésiteraient encore, à signaler deux inédits
en CD et une reprise de Reggiani, Les loups sont entrés dans
Paris. De quoi lui donner raison, plus que jamais, lorsquelle
chante: «Je suis irrésistible.»
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Junkie XL
A
BROADCAST FROM THE COMPUTER HELL CABIN
Roadrunner/Musikvertrieb

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Vous
souvenez-vous de cette pub pour des souliers de foot juste avant la
Coupe du monde lan dernier? Derrière Zidane et Figo,
un remix étonnant de A little less conversation, qui permettait
au King Elvis Presley de retrouver le sommet des hit-parades 25 ans
après sa mort.
A lorigine de ce projet, le remixeur fou Tom Holkenborg, alias
Junkie XL. Tellement fou quil vient de sortir deux albums réunis
sous le nom de A broadcast from the computer hell cabin. Un concept
de radio pirate que lon retrouve sur son site radiojxl.com
quil décline en trois versions. Deux albums, 3PM
et 3AM, vendus dans le commerce et un troisième, 7AM, disponible
uniquement sur la toile.
Et la musique dans tout ça? Dans la veine de Moby, Junkie XL
recycle et électronise à tout va. Peter Tosh, Dave Gahan,
Chuck D, Robert Smith se retrouvent sur lalbum excité
et diurne 3PM. Alors que lalbum nocturne 3AM alterne ambiances
chill-out et house de fins de soirée. Nest-ce pas dans
les vieilles marmites que lon fait la meilleure soupe?
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Archives
1999-2002
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