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Classement des disques par rapports aux auteurs


Tafta
UN JOUR UNE VIE
Disque Office

LPour schématiser, on pourrait dire que c’est du rock français. Mais dans une version plus proche des gentils Kyo que de Noir Désir. Après le succès de son premier album, Tafta poursuit sur le chemin qui semble si bien lui réussir. Le groupe de Vevey a cette fois-ci bénéficié de la réalisation de Steve Lyon, qui a déjà travaillé avec Depeche Mode, Cure ou Suzanne Vega. Autant dire qu’il n’y avait aucun souci à se faire pour la qualité de cette production.
Tafta a tout pour plaire au plus grand nombre: un rien monotone, son pop-rock mélodique distille des refrains accrocheurs, il y a de l’électricité dans les guitares, quelques touches électroniques, une voix puissante… Côté textes, là encore, on est plus proche de la simplicité de Kyo que de la poésie écorchée de Noir Désir. «Je veux te chercher encore pour que tu te souviennes de moi»… A l’inverse de tant de groupes romands, Tafta a au moins le bon goût de chanter en français. Avant la tournée, le vernissage de l’album a lieu ce samedi 24 février au Rocking Chair de Vevey.

EB / 22 février 2007
 


Tsar Shate II
THE PILON VARIATION
Disques Office

Nouveau venu sur la scène musicale romande, Tsar Shate II vient de publier son premier album qui répond au doux nom de The pilon variation. Acoustiques, nostalgiques, les compositions du jeune Genevois doivent autant à Cat Stevens qu’au rock progressif de la décennie septante. Surtout à cause du timbre de sa voix, lancinante et langoureuse à souhait.
Même s’il a étudié les fondements
classiques de la musique, Tsar Shate II n’abuse pas de sa virtuosité et mélange aussi bien des airs de bossa nova, des riffs rock que des harmonies baroques. Si la guitare tient souvent le haut du pavé, un synthé surprise apporte parfois une touche électronique. Avec des titres comme Why am I born today? ou Our story will never die, le Genevois chante ses jolies comptines, à mi-chemin entre le folk des années Vietnam et des soirées scoutes autour d’un feu de campagne.

CD / 1er février 2007
 


Rachid Taha
DIWAN 2
Universal

Rachid Taha est un musicien aux multiples facettes. Provocateur lorsqu’il reprend Douce France, chantre du raï quand il enregistre 1, 2, 3 soleils avec Faudel et Khaled ou carrément punk, quand, avec son Rock el casbah, il gagne le surnom de The Clash arabe.
Avec son nouvel album Diwan 2, le natif d’Oran rend hommage aux musiques arabes comme il l’avait déjà fait en 1998. Aujourd’hui, il dépoussière une poignée de titres emblématiques chantés jadis par la diva égyptienne Oum Kalsoum ou par le compositeur algérois Dahmane El Harrachi.
Mêlant percussions enivrantes, instruments traditionnels (le oud, la kora ou le qanoun notamment) et l’Ensemble de cordes du Caire, il livre ses propres versions des chants «chaâbi» (populaires) algériens. Du très dansant Ecoute-moi camarade au très africain Agatha, Rachid Taha fait siens ces vieux titres comme s’il les avait toujours chantés.

CD / 18 janvier 2007
 


Tété
LE SACRE DES LEMMINGS
Sony /BMG

Il fait partie de ces artistes qui ne se contentent pas de répéter des formules éprouvées. Avec ce troisième album au titre mystérieux (Le sacre des lemmings et autres contes de la lisière), Tété poursuit une quête artistique personnelle. A sa guitare folk et à sa rythmique caractéristique, il ajoute un foisonnement de cordes, de bois ou de cuivres qui donne à sa musique une ampleur qu’il n’avait pas encore atteinte.
A l’instar d’A la vie à la mort, Le sacre des lemmings (ces petits rongeurs symbolisent les individus nuisibles à la société) présente des couleurs plutôt joyeuses, même quand il parle de mélancolie. Il permet à Tété d’aborder des sujets d’actualité, sous forme humoristique (La relance) ou profonde. Fils de Cham, qui ouvre superbement l’album évoque ainsi, de manière détournée, la situation des Noirs à travers les époques. Et démontre que le chanteur d’origine sénégalaise est aussi un excellent manieur de mots. Avec ce disque ambitieux et intense, Tété confirme sa place à part dans la chanson actuelle.

EB / 26 octobre 2006
 


Elisa Tovati
Je ne mâche pas les mots
Universal

Non seulement elle ne mâche pas les mots, mais elle en joue avec délectation. Impertinente et malicieuse, Elisa Tovati (comédienne de formation) s’est entourée de quelques auteurs réputés pour ce deuxième album. On croise ainsi Frédéric Lo, Marc Lavoine, Richard Seff (parolier d’Axelle Red, entre autres). Mais la plus belle réussite est sans doute signée Daniel Darc et Raphaël, qui se sont alliés pour une chanson désabusée, Ça ne sert à rien d’aimer.
Je ne mâche pas les mots alterne ainsi brillantes pépites (La grève, signée Vincent Baguian) et morceaux moins convaincants. Parce que le ton reste ici à la légèreté, parfois limite variété facile (Psy, ou Un garçon facile, par exemple). A signaler encore une ironique Fin de partie tellement d’actualité, avec cette histoire d’une femme prête à tout pour que son mec la préfère au foot: «Pas question qu’sur Zidane il louche / Et que j’reste sur la touche…»

EB / 6 juillet 2006


Tasteless
THE SEA
Saïko

Deuxième album de Tasteless, l’un des combos fribourgeois les plus en vue du moment, The sea représente une traversée au long cours, passant par tous les états de la mer, du déluge de larsens à un certain calme mélancolique. Du rock tout en nuances, entre puissance et douceur. Cette évocation tumultueuse et mélodique est remplie d’émotions soulignées par un violoncelle omniprésent qui apporte une profondeur supplémentaire aux compositions. Il y a du Pearl Jam, du Deftones dans ces rythmes souvent lents et lourds et dans la sombre présence de la voix de Mario Weiss. Servi par une production impeccable, The sea est sorti sous le label fribourgeois Saïko qui poursuit là son excellent travail de promotion.
Verni en début d’année, c’est peu dire que ce deuxième album répond aux attentes qui avaient été placées en lui. Deux choses sont dorénavant sûres: Tasteless n’est pas une faute de goût et The sea va faire mal…

RM / 30 mars 2006


HENRI TACHAN
L'intégrale volume 2
Naïve/Musikvertrieb

A la sortie du premier album d’Henri Tachan, en 1965, Brel avait écrit: «Le lion est lâché!» Depuis, il n’a cessé de rugir, même si radios et télévisions ont toujours rechigné à l’accueillir. Ce deuxième volume de la future intégrale couvre la période de 1969 à 1974. Celui qui à quinze ans voulait «tellement être Verlaine» s’y montre en pleine forme: il mord, cogne et crie sa révolte d’écorché vif.
Certes, à côté d’incontestables réussites (Lyon ou Pas vieillir, pas mourir, une merveille), ce double album de 34 chansons compte aussi des musiques et des arrangements qui ont (mal) vieilli. Mais Tachan est d’abord chanteur à textes et eux demeurent souvent d’actualité: aujourd’hui comme en 1970, les Français n’aiment guère la police, «mais que survienne un Mohammed […], vite on appelle les cognes à l’aide pour qu’ils le collent au trou».
Enragé autant qu’engagé, Henri Tachan sait aussi se montrer tendre (Toi, la petite fille, Leurs noces…). Rien d’étonnant: «Si je crie mes chansons, si je dis des blasphèmes, c’est pour mieux gueuler nom de nom je vous aime.» final, ce Beauseigne terriblement noir.
EB / 6 février 2003


Tafta
ENTRE CIEL ET TERRE
Disques Office

Né en 2001 à Vevey, Tafta vient de publier son premier disque, Entre ciel et terre. Formation rock classique, articulée autour d’une section basse/batterie, d’un clavier et de guitares, le quintet pratique une musique plus proche de la pop sympathique que du gros rock qui tache. La voix de Marc, très aguicheuse, n’est pas sans rappeler celle de Calogero. Quant aux mélodies, efficaces et sans chichis, elles proviennent d’un groupe qui ne doit pas se lasser d’écouter les œuvres complètes de Jean-Jacques Goldman.
Malgré quelques accords un peu variétoches, Tafta réussit le pari de ne pas trop souffrir de la comparaison avec ces stars. Une production très minutieuse et des textes (en français) plutôt intelligents font de
ce premier opus une bonne surprise. Reste que, dans ce genre de musique, la route sera encore longue pour entrer dans la cour des grands…
CD / 8 juillet 2004


Tarmac
CONCERT AU RÉSERVOIR
Disque Office

Cet album live ne ressemble pas tout à fait aux autres: Tarmac a en effet choisi de graver l’intégralité d’un concert. Une manière de se révéler sans fard. De démontrer aussi que le groupe est beaucoup plus qu’un succédané de Louise Attaque: formé comme une parenthèse par le chanteur Gaëtan Roussel et le violoniste Arnaud Samuel, Tarmac est en train de faire oublier cette fille emmenée au vent…
La voix et la diction de Gaëtan Roussel font toujours mouche, la musique se fait plus sombre, l’écriture plus affûtée. Ce qui n’a guère changé, c’est l’intensité et l’énergie de la scène, soutenues aussi par le guitariste et le bassiste des Wampas. Tarmac revisite ses deux albums (L’atelier et Notre époque), navigue entre rock et folk, passe du français à l’espagnol (Inútil, magnifique) et à l’anglais (reprise de Cruel garden des Stranglers). Et s’offre une superbe reprise bluesy d’une des plus fortes chansons de Brassens, La ballade des gens qui sont nés quelque part. Une réussite sur toute la ligne.
EB / 1er juillet 2004


The Tears
Here come the tears
Independiente

A la barre du fameux groupe Suede, Brett Anderson et Bernard Butler se sont pavanés en haut des charts. Depuis la séparation du groupe, on n’entendit plus trop parler des deux Anglais. Que faire lorsqu’on veut passer à autre chose sans traîner les «casseroles» du passé? Pour les deux Anglais, la réponse est simple: créer sous un nouveau nom de groupe. D’où The Tears.
Dès les premières notes de l’excellent Refugees, on se rend compte que le temps n’a pas altéré la magnifique voix de Bernard Butler et que la touche de Suede est malgré tout fort présente. Au fil des treize morceaux de l’album, la nostalgie de l’époque de Beautiful Ones ou encore Can’t get enough refait peu à peu surface. Avec cet album, les deux compères se rappellent aux bons souvenirs de leur épopée précédente et montrent qu’un mélange de pop anglaise et de musique «suédoise» est une recette qui ne vieillit pas.
GyB / 4 août 2005



Têtes raides
FRAGILE
Warner

Une vingtaine d’années après leurs débuts sur les scènes alternatives, les Têtes raides n’ont rien perdu de leur ardeur. Fragile les montre même de retour vers le punk-rock plus radical de leurs débuts. Produit par Denis Barthe (batteur de Noir Désir) l’album se révèle en effet plus électrique et plus rock que les précédents. En laissant de côté accordéon et guitares acoustiques, le groupe se débarrasse aussi de l’étiquette de néoréaliste, même si la voix de Christian Olivier y fait toujours penser.
Ce qui n’a guère changé en revanche, c’est cette énergie dévastatrice (Le raccourci, par exemple, magnifique), ces textes qui respirent la poésie de la rue et les revendications, parfois écologistes (Les animaux), le plus souvent sociales (Constipé, par exemple, chanson de rage sur l’état de la France). Sans oublier quelques pochades, comme We gonna love me ou Latuvu, qui voit la participation de Rachid Taha et de Didier Wampas.
A signaler aussi une mise en musique exemplaire du célèbre poème de Boris Vian, Je voudrais pas crever.

EB / 10 décembre 2005


Têtes raides
QU'EST-CE QU'ON S'FAIT CHIER
Tôt ou tard / Warner

 

Par commodité, on a catalogué les Têtes raides leaders de la chanson néoréaliste française. Certes, la voix grave et gouailleuse de Christian Olivier, les textes teintés de poésie parfois fantaisiste, souvent engagée («go go away les démagos») et ce fond de musette ont un parfum de début du XXe siècle. Mais l’étiquette est très réductrice, tant les Têtes raides demeurent inclassables. Et trois ans après Gratte-Poil, Qu’est-ce qu’on s’fait chier! brouille encore plus les pistes.
Chacune de ces 15 chansons se révèle emplie de surprises. On y retrouve la voix d’Antonin Artaud (Pitance), le violon de Yann Tiersen sur Go away, des guitares arabisantes sur Vaille que vaille, un texte de Philippe Soupault, un délire de potache (Les souris)… Le tout en passant par la chanson traditionnelle, le blues-rock des Dents ou le ska de Go away. Néoréalistes, vraiment? Peu importe: l’essentiel, c’est d’écouter les Têtes raides, l’un des groupes français actuels les plus enthousiasmants.
EB / 9 octobre 2003


Serge Teyssot-Gay et Khaled Al Jaramani
INTERZONE
Universal

Après un premier essai en solo, le magnifique Silence radio sorti en 1996, et le terrible On croit qu’on en est sorti (2001), Serge Teyssot-Gay se lance dans une nouvelle aventure électrique: un projet musical étonnant avec le chanteur et joueur d’oud syrien Khaled Al Jaramani.
Très loin du rock enragé qu’il pratiquait jadis au sein de Noir Désir, le guitariste bordelais croise ici le fer brûlant de sa Fender saturée avec les sonorités arabisantes du luth arabo-andalou d’Al Jaramani. Le temps de huit compos originales et d’une complainte traditionnelle indienne, le duo explore un nouveau métissage à la fois planant, explosif et fédérateur des deux cultures.
Le concept se révèle, au fil des improvisations, extrêmement riche et parvient à éviter la lassitude que pourraient engendrer les sonorités de l’oud à nos oreilles d’Occidentaux. Surtout, on se réjouit de la renaissance de Serge Teyssot-Gay, toujours adepte d’une musique oppressante et hantée.
CD / 3 mars 2005


The Notorious BIG
READY TO DIE
Universal

L’année 1994 restera un grand millésime pour le rap new-yorkais. Cette année-là sortaient en effet deux pièces qui restent, aujourd’hui encore, des références absolues: Illmatic de Nas et Ready to die, qui marque le début de la trop brève carrière du Notorious BIG, assassiné en 1996.
Pourquoi Ready to die – qui ressort en version remastérisée – est un si grand album? Parce qu’il renferme des titres tels que Gimme the Loot, Big Poppa, Juicy… On pourrait les énumérer les uns après les autres: rien, absolument rien à jeter (ce qui ne sera plus le cas sur les autres opus de Biggie).
L’une des grandes forces de Ready to die réside dans ses textes. Histoires de meurtres, de vols, de deals… Le MC ne verse pas dans l’apologie pour autant: il se remémore simplement son passé de rapines et de violence et comment le rap l’a détourné du gangstérisme. Il demeure l’un des meilleurs conteurs que le hip-hop ait connu. D’une plage à l’autre, il parvient à faire rire, pleurer, réfléchir… Le seul risque en réécoutant le premier album de ce monstre sacré, c’est de trouver les MC du moment bien fades…
PP/ 19 août 2004


Thom
GODS AND MONSTERS
Sony

 

Dans le combat que mènent Travis et Coldplay pour devenir le plus grand groupe londonien du jour, un intrus du nom de Thom vient brouiller les cartes.
Avec son premier album Gods and monsters, Thomas Hanreich suit, à la note près, les influences des deux groupes phares de la brit pop. De Love you too, premier single qui commence à envahir les ondes radio, à Love is real ou Spend the day with me, les quinze compositions de ce premier opus ne craignent pas l’excès de sucre. Sur des nappes de cordes baroques et électroniques, la voix suave de Thom n’a d’égal que la voix suave du chanteur de Travis. Ce qui ne devrait pas manquer de plaire aux fans des deux bands précités, mais qui, dans tous les cas, ne révolutionne pas la musique commerciale anglaise du jour.
Bref, et avec toutes nos excuses pour Verlaine: les sanglots longs des violons de Thom blessent mon cœur d’une langueur monotone.

CD / 30 octobre 2003



Tortoise
IT’S ALL AROUND YOU
Thrilljockey

A quelques heures du concert de Tortoise, samedi à Fribourg, l’occasion est bonne de revenir sur l’album It’s all around you que le collectif de Chicago a publié l’an dernier. En dix années d’expérimentations électroniques, Tortoise est devenu l’un des groupes les plus innovants de la scène musicale contemporaine.
Si TNT (sorti en 1998) restera pour beaucoup leur chef-d’œuvre, les ballades faussement easy listening de cet opus instillent le doute. D’un côté, un xylophone fou part en guerre contre une ligne de basse trop hypnotique. De l’autre, des guitares psychédéliques balancent entre mélopées minimalistes (The lithium stiffs) et envolées savamment lancinantes (Crest). En versions instrumentales, Tortoise écrit de magnifiques pages d’un roman à nouveau déglingué. Et si le côté «rock progressif» resurgit parfois (Salt the skies), c’est pour que l’auditeur comprenne bien l’influence majeure de Tortoise sur la musique actuelle. Pas seulement sur Radiohead…
CD / 19 mai 2005


Transfargo
MIL TRANSIT
RecRec

Univers subaquatiques, abstractions sonores ou encore plages mixant harmonie spatiale et «chaos» terrien: la musique de Transfargo explore les rivages obscurs d’une lande abandonnée, d’un royaume d’ombres. Calme, presque introspectif, Mil transit travaille dans l’atmosphère. Répétition et déstructuration.
Rencontre entre l’Australien Hugo Race et le DJ suisse Dimitri de Perrot, Transfargo est donc un projet d’electronica expérimentale, un projet éloigné cependant des spirales conceptuelles d’un Autechre ou, dans une moindre mesure, d’un Aphex Twin. Il se rapprocherait davantage de certaines sorties dark ambient. Tout en munissant sa production d’un caractère plus organique, mêlant aux classiques nappes brumeuses synthétiques le cœur d’une guitare électrique ou de quelques voix sporadiques.
En bref, sans totalement révolutionner le genre, Transfargo apporte sa pierre à cet édifice de fragilité et de répétition, d’ambiances méditatives et contrariées.
RM / 3 avril 2003


Travis
12 MEMORIES
Sony

La pop anglaise est décidément bien sensible aux effets de mode. Hormis l’ovni Radiohead, inclassable et intemporel, le combat pour être le plus grand groupe londonien du jour se joue maintenant au taux de glucose dans une chanson.
A coups d’hymnes sirupeux, Travis n’échappe pas à cet épanchement de guimauve. Après que Re-offender, premier single de leur quatrième album, a envahi les ondes radio depuis quelques mois, 12 memories sort enfin pour le plus grand malheur des diabétiques de tous bords. Douze titres doucereux, douze tubes potentiels: Travis ne craint ni la redite ni le manque d’originalité. Sur des nappes de cordes «kitschounette», le groupe n’en reste pas moins digeste, surtout grâce à la voix de Fran Healy, dont la suavité équivoque n’a d’égal que les vocalises d’un crooner eunuque.
Bref, et avec toutes nos excuses pour Verlaine: les sanglots longs des violons de Travis blessent mon cœur d’un monotone supplice.
CD / 30 octobre 2003


Obie Trice
CHEERS
Universal

Obie Trice devait être le premier album à sortir sur Shady Records, le label d’Eminem. Et puis le «phénomène» 50 Cent lui avait grillé la priorité… Get rich or die tryin’ avait été le carton rap de l’année… Cheers ne connaîtra pas un tel destin!
Non pas que ce soit un mauvais album… bien au contraire. Les productions – signées Dr. Dre, Timbaland et Eminem – sont souvent époustouflantes, l’humour et la sincérité du MC de Detroit font merveille, mais Trice est trop Average man, comme le dit le titre qui ouvre Cheers. Trop moyen.
Reste un bon album de rap mainstream qui abrite quelques perles comme Shit hits the fan ou We all die one day…
PP / 6 novembre 2003


Tupac
RESURRECTION
Universal

Une compilation qui réunit quelques classiques de 2Pac, quelques titres encore jamais édités et des remixes bien faits. Voilà le menu de ce Tupac Resurrection, bande sonore d’un film sur la vie du rappeur assassiné devenu depuis un mythe du hip-hop.
Mention particulière pour les excellents Ghost, Death around the corner et Runnin’, morceau composé avec l’autre légende assassinée, Notorious B.I.G.
Mauvais point par contre pour la prestation de 50 Cent sur The realist killaz, titre plus que moyen, pour ne pas dire médiocre. A part ça, Tupac Resurrection est très respectueux envers l’artiste disparu.
PP / 4 décembre 2003


Twista
KAMIKAZE
Universal

Si c’est le Guinness Book qui l’affirme, on veut bien le croire: Twista est le rappeur au débit le plus rapide au monde. Revers de la médaille: on ne comprend pas grand-chose à ce qu’il raconte!
Cela fait plus de dix ans déjà que le MC de Chicago est entré dans le «rap game». Mais ses premiers albums n’ont pas vraiment rencontré leur public. La réputation de Twista a pourtant continué à grandir dans le milieu, si bien que nombre d’artistes lui ont demandé de venir poser son flow sur l’une ou l’autre production – on se souvient notamment de l’excellent Is that you chick? aux côtés de Jay-Z et Memphis Bleek.
Avec Kamikaze, Twista va (enfin) récolter les lauriers qu’il mérite. Car cet album, magnifiquement produit, renferme quelques perles, à l’image de Slow Jamz. Twista n’est donc pas qu’un phénomène que l’on invite en featuring. C’est un vrai rappeur.
PP / 6 mai2004

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