
Classement des disques
par rapports aux auteurs


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Tafta
UN JOUR UNE VIE
Disque Office |
LPour schématiser, on pourrait dire que c’est du rock français. Mais dans une version plus proche des gentils Kyo que de Noir Désir. Après le succès de son premier album, Tafta poursuit sur le chemin qui semble si bien lui réussir. Le groupe de Vevey a cette fois-ci bénéficié de la réalisation de Steve Lyon, qui a déjà travaillé avec Depeche Mode, Cure ou Suzanne Vega. Autant dire qu’il n’y avait aucun souci à se faire pour la qualité de cette production.
Tafta a tout pour plaire au plus grand nombre: un rien monotone, son pop-rock mélodique distille des refrains accrocheurs, il y a de l’électricité dans les guitares, quelques touches électroniques, une voix puissante… Côté textes, là encore, on est plus proche de la simplicité de Kyo que de la poésie écorchée de Noir Désir. «Je veux te chercher encore pour que tu te souviennes de moi»… A l’inverse de tant de groupes romands, Tafta a au moins le bon goût de chanter en français. Avant la tournée, le vernissage de l’album a lieu ce samedi 24 février au Rocking Chair de Vevey.
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Tsar Shate II
THE PILON VARIATION
Disques Office |
Nouveau venu sur la scène musicale romande, Tsar Shate II vient de publier son premier album qui répond au doux nom de The pilon variation. Acoustiques, nostalgiques, les compositions du jeune Genevois doivent autant à Cat Stevens qu’au rock progressif de la décennie septante. Surtout à cause du timbre de sa voix, lancinante et langoureuse à souhait.
Même s’il a étudié les fondements
classiques de la musique, Tsar Shate II n’abuse pas de sa virtuosité et mélange aussi bien des airs de bossa nova, des riffs rock que des harmonies baroques. Si la guitare tient souvent le haut du pavé, un synthé surprise apporte parfois une touche électronique. Avec des titres comme Why am I born today? ou Our story will never die, le Genevois chante ses jolies comptines, à mi-chemin entre le folk des années Vietnam et des soirées scoutes autour d’un feu de campagne.
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Rachid Taha
DIWAN 2
Universal |
Rachid Taha est un musicien aux multiples facettes. Provocateur lorsquil reprend Douce France, chantre du raï quand il enregistre 1, 2, 3 soleils avec Faudel et Khaled ou carrément punk, quand, avec son Rock el casbah, il gagne le surnom de The Clash arabe.
Avec son nouvel album Diwan 2, le natif dOran rend hommage aux musiques arabes comme il lavait déjà fait en 1998. Aujourdhui, il dépoussière une poignée de titres emblématiques chantés jadis par la diva égyptienne Oum Kalsoum ou par le compositeur algérois Dahmane El Harrachi.
Mêlant percussions enivrantes, instruments traditionnels (le oud, la kora ou le qanoun notamment) et lEnsemble de cordes du Caire, il livre ses propres versions des chants «chaâbi» (populaires) algériens. Du très dansant Ecoute-moi camarade au très africain Agatha, Rachid Taha fait siens ces vieux titres comme sil les avait toujours chantés.
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Tété
LE SACRE DES LEMMINGS
Sony /BMG
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Il fait partie
de ces artistes qui ne se contentent pas de répéter
des formules éprouvées. Avec ce troisième album
au titre mystérieux (Le sacre des lemmings et autres contes
de la lisière), Tété poursuit une quête
artistique personnelle. A sa guitare folk et à sa rythmique
caractéristique, il ajoute un foisonnement de cordes, de
bois ou de cuivres qui donne à sa musique une ampleur quil
navait pas encore atteinte.
A linstar dA la vie à la mort, Le sacre des lemmings
(ces petits rongeurs symbolisent les individus nuisibles à
la société) présente des couleurs plutôt
joyeuses, même quand il parle de mélancolie. Il permet
à Tété daborder des sujets dactualité,
sous forme humoristique (La relance) ou profonde. Fils de Cham,
qui ouvre superbement lalbum évoque ainsi, de manière
détournée, la situation des Noirs à travers
les époques. Et démontre que le chanteur dorigine
sénégalaise est aussi un excellent manieur de mots.
Avec ce disque ambitieux et intense, Tété confirme
sa place à part dans la chanson actuelle.
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Elisa Tovati
Je ne mâche pas les mots
Universal
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Non seulement
elle ne mâche pas les mots, mais elle en joue avec délectation.
Impertinente et malicieuse, Elisa Tovati (comédienne de formation)
sest entourée de quelques auteurs réputés
pour ce deuxième album. On croise ainsi Frédéric
Lo, Marc Lavoine, Richard Seff (parolier dAxelle Red, entre
autres). Mais la plus belle réussite est sans doute signée
Daniel Darc et Raphaël, qui se sont alliés pour une
chanson désabusée, Ça ne sert à rien
daimer.
Je ne mâche pas les mots alterne ainsi brillantes pépites
(La grève, signée Vincent Baguian) et morceaux moins
convaincants. Parce que le ton reste ici à la légèreté,
parfois limite variété facile (Psy, ou Un garçon
facile, par exemple). A signaler encore une ironique Fin de partie
tellement dactualité, avec cette histoire dune
femme prête à tout pour que son mec la préfère
au foot: «Pas question qusur Zidane il louche / Et que
jreste sur la touche
»
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Tasteless
THE SEA
Saïko
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Deuxième
album de Tasteless, lun des combos fribourgeois les plus en
vue du moment, The sea représente une traversée au
long cours, passant par tous les états de la mer, du déluge
de larsens à un certain calme mélancolique. Du rock
tout en nuances, entre puissance et douceur. Cette évocation
tumultueuse et mélodique est remplie démotions
soulignées par un violoncelle omniprésent qui apporte
une profondeur supplémentaire aux compositions. Il y a du
Pearl Jam, du Deftones dans ces rythmes souvent lents et lourds
et dans la sombre présence de la voix de Mario Weiss. Servi
par une production impeccable, The sea est sorti sous le label fribourgeois
Saïko qui poursuit là son excellent travail de promotion.
Verni en début dannée, cest peu dire que
ce deuxième album répond aux attentes qui avaient
été placées en lui. Deux choses sont dorénavant
sûres: Tasteless nest pas une faute de goût et
The sea va faire mal
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HENRI TACHAN
L'intégrale
volume 2
Naïve/Musikvertrieb

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A
la sortie du premier album dHenri Tachan, en 1965, Brel avait
écrit: «Le lion est lâché!» Depuis,
il na cessé de rugir, même si radios et télévisions
ont toujours rechigné à laccueillir. Ce deuxième
volume de la future intégrale couvre la période de 1969
à 1974. Celui qui à quinze ans voulait «tellement
être Verlaine» sy montre en pleine forme: il mord,
cogne et crie sa révolte décorché vif.
Certes, à côté dincontestables réussites
(Lyon ou Pas vieillir, pas mourir, une merveille), ce double album
de 34 chansons compte aussi des musiques et des arrangements qui ont
(mal) vieilli. Mais Tachan est dabord chanteur à textes
et eux demeurent souvent dactualité: aujourdhui
comme en 1970, les Français naiment guère la police,
«mais que survienne un Mohammed [
], vite on appelle les
cognes à laide pour quils le collent au trou».
Enragé autant quengagé, Henri Tachan sait aussi
se montrer tendre (Toi, la petite fille, Leurs noces
). Rien
détonnant: «Si je crie mes chansons, si je dis
des blasphèmes, cest pour mieux gueuler nom de nom je
vous aime.» final, ce Beauseigne terriblement noir.
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Tafta
ENTRE
CIEL ET TERRE
Disques
Office
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Né en 2001 à Vevey, Tafta vient de publier son premier
disque, Entre ciel et terre. Formation rock classique, articulée
autour dune section basse/batterie, dun clavier et de
guitares, le quintet pratique une musique plus proche de la pop sympathique
que du gros rock qui tache. La voix de Marc, très aguicheuse,
nest pas sans rappeler celle de Calogero. Quant aux mélodies,
efficaces et sans chichis, elles proviennent dun groupe qui
ne doit pas se lasser découter les uvres complètes
de Jean-Jacques Goldman.
Malgré quelques accords un peu variétoches, Tafta réussit
le pari de ne pas trop souffrir de la comparaison avec ces stars.
Une production très minutieuse et des textes (en français)
plutôt intelligents font de
ce premier opus une bonne surprise. Reste que, dans ce genre de musique,
la route sera encore longue pour entrer dans la cour des grands
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Tarmac
CONCERT
AU RÉSERVOIR
Disque
Office
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Cet album live ne ressemble pas tout à fait aux autres: Tarmac
a en effet choisi de graver lintégralité dun
concert. Une manière de se révéler sans fard.
De démontrer aussi que le groupe est beaucoup plus quun
succédané de Louise Attaque: formé comme une
parenthèse par le chanteur Gaëtan Roussel et le violoniste
Arnaud Samuel, Tarmac est en train de faire oublier cette fille emmenée
au vent
La voix et la diction de Gaëtan Roussel font toujours mouche,
la musique se fait plus sombre, lécriture plus affûtée.
Ce qui na guère changé, cest lintensité
et lénergie de la scène, soutenues aussi par le
guitariste et le bassiste des Wampas. Tarmac revisite ses deux albums
(Latelier et Notre époque), navigue entre rock et folk,
passe du français à lespagnol (Inútil,
magnifique) et à langlais (reprise de Cruel garden des
Stranglers). Et soffre une superbe reprise bluesy dune
des plus fortes chansons de Brassens, La ballade des gens qui sont
nés quelque part. Une réussite sur toute la ligne.
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The Tears
Here
come the tears
Independiente
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A
la barre du fameux groupe Suede, Brett Anderson et Bernard Butler
se sont pavanés en haut des charts. Depuis la séparation
du groupe, on nentendit plus trop parler des deux Anglais. Que
faire lorsquon veut passer à autre chose sans traîner
les «casseroles» du passé? Pour les deux Anglais,
la réponse est simple: créer sous un nouveau nom de
groupe. Doù The Tears.
Dès les premières notes de lexcellent Refugees,
on se rend compte que le temps na pas altéré la
magnifique voix de Bernard Butler et que la touche de Suede est malgré
tout fort présente. Au fil des treize morceaux de lalbum,
la nostalgie de lépoque de Beautiful Ones ou encore Cant
get enough refait peu à peu surface. Avec cet album, les deux
compères se rappellent aux bons souvenirs de leur épopée
précédente et montrent quun mélange de
pop anglaise et de musique «suédoise» est une recette
qui ne vieillit pas.
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Têtes
raides
FRAGILE
Warner
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Une vingtaine
dannées après leurs débuts sur les scènes
alternatives, les Têtes raides nont rien perdu de leur
ardeur. Fragile les montre même de retour vers le punk-rock
plus radical de leurs débuts. Produit par Denis Barthe (batteur
de Noir Désir) lalbum se révèle en effet
plus électrique et plus rock que les précédents.
En laissant de côté accordéon et guitares acoustiques,
le groupe se débarrasse aussi de létiquette
de néoréaliste, même si la voix de Christian
Olivier y fait toujours penser.
Ce qui na guère changé en revanche, cest
cette énergie dévastatrice (Le raccourci, par exemple,
magnifique), ces textes qui respirent la poésie de la rue
et les revendications, parfois écologistes (Les animaux),
le plus souvent sociales (Constipé, par exemple, chanson
de rage sur létat de la France). Sans oublier quelques
pochades, comme We gonna love me ou Latuvu, qui voit la participation
de Rachid Taha et de Didier Wampas.
A signaler aussi une mise en musique exemplaire du célèbre
poème de Boris Vian, Je voudrais pas crever.
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Têtes
raides
QU'EST-CE
QU'ON S'FAIT CHIER
Tôt
ou tard / Warner
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Par
commodité, on a catalogué les Têtes raides leaders
de la chanson néoréaliste française. Certes,
la voix grave et gouailleuse de Christian Olivier, les textes teintés
de poésie parfois fantaisiste, souvent engagée («go
go away les démagos») et ce fond de musette ont un parfum
de début du XXe siècle. Mais létiquette
est très réductrice, tant les Têtes raides demeurent
inclassables. Et trois ans après Gratte-Poil, Quest-ce
quon sfait chier! brouille encore plus les pistes.
Chacune de ces 15 chansons se révèle emplie de surprises.
On y retrouve la voix dAntonin Artaud (Pitance), le violon de
Yann Tiersen sur Go away, des guitares arabisantes sur Vaille que
vaille, un texte de Philippe Soupault, un délire de potache
(Les souris)
Le tout en passant par la chanson traditionnelle,
le blues-rock des Dents ou le ska de Go away. Néoréalistes,
vraiment? Peu importe: lessentiel, cest découter
les Têtes raides, lun des groupes français actuels
les plus enthousiasmants.
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Serge Teyssot-Gay
et Khaled Al Jaramani
INTERZONE
Universal
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Après un premier essai en solo, le magnifique Silence radio
sorti en 1996, et le terrible On croit quon en est sorti (2001),
Serge Teyssot-Gay se lance dans une nouvelle aventure électrique:
un projet musical étonnant avec le chanteur et joueur doud
syrien Khaled Al Jaramani.
Très loin du rock enragé quil pratiquait jadis
au sein de Noir Désir, le guitariste bordelais croise ici le
fer brûlant de sa Fender saturée avec les sonorités
arabisantes du luth arabo-andalou dAl Jaramani. Le temps de
huit compos originales et dune complainte traditionnelle indienne,
le duo explore un nouveau métissage à la fois planant,
explosif et fédérateur des deux cultures.
Le concept se révèle, au fil des improvisations, extrêmement
riche et parvient à éviter la lassitude que pourraient
engendrer les sonorités de loud à nos oreilles
dOccidentaux. Surtout, on se réjouit de la renaissance
de Serge Teyssot-Gay, toujours adepte dune musique oppressante
et hantée.
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The Notorious
BIG
READY
TO DIE
Universal
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Lannée 1994 restera un grand millésime pour le
rap new-yorkais. Cette année-là sortaient en effet deux
pièces qui restent, aujourdhui encore, des références
absolues: Illmatic de Nas et Ready to die, qui marque le début
de la trop brève carrière du Notorious BIG, assassiné
en 1996.
Pourquoi Ready to die qui ressort en version remastérisée
est un si grand album? Parce quil renferme des titres
tels que Gimme the Loot, Big Poppa, Juicy
On pourrait les énumérer
les uns après les autres: rien, absolument rien à jeter
(ce qui ne sera plus le cas sur les autres opus de Biggie).
Lune des grandes forces de Ready to die réside dans ses
textes. Histoires de meurtres, de vols, de deals
Le MC ne verse
pas dans lapologie pour autant: il se remémore simplement
son passé de rapines et de violence et comment le rap la
détourné du gangstérisme. Il demeure lun
des meilleurs conteurs que le hip-hop ait connu. Dune plage
à lautre, il parvient à faire rire, pleurer, réfléchir
Le seul risque en réécoutant le premier album de ce
monstre sacré, cest de trouver les MC du moment bien
fades
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Thom
GODS
AND MONSTERS
Sony
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Dans
le combat que mènent Travis et Coldplay pour devenir le plus
grand groupe londonien du jour, un intrus du nom de Thom vient brouiller
les cartes.
Avec son premier album Gods and monsters, Thomas Hanreich suit, à
la note près, les influences des deux groupes phares de la
brit pop. De Love you too, premier single qui commence à envahir
les ondes radio, à Love is real ou Spend the day with me, les
quinze compositions de ce premier opus ne craignent pas lexcès
de sucre. Sur des nappes de cordes baroques et électroniques,
la voix suave de Thom na dégal que la voix suave
du chanteur de Travis. Ce qui ne devrait pas manquer de plaire aux
fans des deux bands précités, mais qui, dans tous les
cas, ne révolutionne pas la musique commerciale anglaise du
jour.
Bref, et avec toutes nos excuses pour Verlaine: les sanglots longs
des violons de Thom blessent mon cur dune langueur monotone.
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Tortoise
ITS ALL AROUND YOU
Thrilljockey
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A quelques heures du concert de Tortoise, samedi à Fribourg,
loccasion est bonne de revenir sur lalbum Its all
around you que le collectif de Chicago a publié lan dernier.
En dix années dexpérimentations électroniques,
Tortoise est devenu lun des groupes les plus innovants de la
scène musicale contemporaine.
Si TNT (sorti en 1998) restera pour beaucoup leur chef-duvre,
les ballades faussement easy listening de cet opus instillent le doute.
Dun côté, un xylophone fou part en guerre contre
une ligne de basse trop hypnotique. De lautre, des guitares
psychédéliques balancent entre mélopées
minimalistes (The lithium stiffs) et envolées savamment lancinantes
(Crest). En versions instrumentales, Tortoise écrit de magnifiques
pages dun roman à nouveau déglingué. Et
si le côté «rock progressif» resurgit parfois
(Salt the skies), cest pour que lauditeur comprenne bien
linfluence majeure de Tortoise sur la musique actuelle. Pas
seulement sur Radiohead
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Transfargo
MIL
TRANSIT
RecRec

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Univers
subaquatiques, abstractions sonores ou encore plages mixant harmonie
spatiale et «chaos» terrien: la musique de Transfargo
explore les rivages obscurs dune lande abandonnée, dun
royaume dombres. Calme, presque introspectif, Mil transit travaille
dans latmosphère. Répétition et déstructuration.
Rencontre entre lAustralien Hugo Race et le DJ suisse Dimitri
de Perrot, Transfargo est donc un projet delectronica expérimentale,
un projet éloigné cependant des spirales conceptuelles
dun Autechre ou, dans une moindre mesure, dun Aphex Twin.
Il se rapprocherait davantage de certaines sorties dark ambient. Tout
en munissant sa production dun caractère plus organique,
mêlant aux classiques nappes brumeuses synthétiques le
cur dune guitare électrique ou de quelques voix
sporadiques.
En bref, sans totalement révolutionner le genre, Transfargo
apporte sa pierre à cet édifice de fragilité
et de répétition, dambiances méditatives
et contrariées.
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Travis
12
MEMORIES
Sony
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La
pop anglaise est décidément bien sensible aux effets
de mode. Hormis lovni Radiohead, inclassable et intemporel,
le combat pour être le plus grand groupe londonien du jour se
joue maintenant au taux de glucose dans une chanson.
A coups dhymnes sirupeux, Travis néchappe pas à
cet épanchement de guimauve. Après que Re-offender,
premier single de leur quatrième album, a envahi les ondes
radio depuis quelques mois, 12 memories sort enfin pour le plus grand
malheur des diabétiques de tous bords. Douze titres doucereux,
douze tubes potentiels: Travis ne craint ni la redite ni le manque
doriginalité. Sur des nappes de cordes «kitschounette»,
le groupe nen reste pas moins digeste, surtout grâce à
la voix de Fran Healy, dont la suavité équivoque na
dégal que les vocalises dun crooner eunuque.
Bref, et avec toutes nos excuses pour Verlaine: les sanglots longs
des violons de Travis blessent mon cur dun monotone supplice.
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Obie Trice
CHEERS
Universal
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Obie
Trice devait être le premier album à sortir sur Shady
Records, le label dEminem. Et puis le «phénomène»
50 Cent lui avait grillé la priorité
Get rich
or die tryin avait été le carton rap de lannée
Cheers ne connaîtra pas un tel destin!
Non pas que ce soit un mauvais album
bien au contraire. Les
productions signées Dr. Dre, Timbaland et Eminem
sont souvent époustouflantes, lhumour et la sincérité
du MC de Detroit font merveille, mais Trice est trop Average man,
comme le dit le titre qui ouvre Cheers. Trop moyen.
Reste un bon album de rap mainstream qui abrite quelques perles comme
Shit hits the fan ou We all die one day
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Tupac
RESURRECTION
Universal
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Une
compilation qui réunit quelques classiques de 2Pac, quelques
titres encore jamais édités et des remixes bien faits.
Voilà le menu de ce Tupac Resurrection, bande sonore dun
film sur la vie du rappeur assassiné devenu depuis un mythe
du hip-hop.
Mention particulière pour les excellents Ghost, Death around
the corner et Runnin, morceau composé avec lautre
légende assassinée, Notorious B.I.G.
Mauvais point par contre pour la prestation de 50 Cent sur The realist
killaz, titre plus que moyen, pour ne pas dire médiocre. A
part ça, Tupac Resurrection est très respectueux envers
lartiste disparu.
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Twista
KAMIKAZE
Universal
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Si
cest le Guinness Book qui laffirme, on veut bien le croire:
Twista est le rappeur au débit le plus rapide au monde. Revers
de la médaille: on ne comprend pas grand-chose à ce
quil raconte!
Cela fait plus de dix ans déjà que le MC de Chicago
est entré dans le «rap game». Mais ses premiers
albums nont pas vraiment rencontré leur public. La réputation
de Twista a pourtant continué à grandir dans le milieu,
si bien que nombre dartistes lui ont demandé de venir
poser son flow sur lune ou lautre production on
se souvient notamment de lexcellent Is that you chick? aux côtés
de Jay-Z et Memphis Bleek.
Avec Kamikaze, Twista va (enfin) récolter les lauriers quil
mérite. Car cet album, magnifiquement produit, renferme quelques
perles, à limage de Slow Jamz. Twista nest donc
pas quun phénomène que lon invite en featuring.
Cest un vrai rappeur.
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Archives
1999-2002
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