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Martha Grimes |
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Une fillette est découverte assassinée au cœur de Londres. L’affaire va rapidement être reliée à une disparition, trois ans plus tôt: aucune trace n’avait jamais été retrouvée de la petite Flora. L’inspecteur Jury se lance dans une enquête délicate, remue le passé, navigue entre faux-semblants, victimes non identifiées et terribles secrets.
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Isabelle Guisan |
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Le titre est
trompeur, qui laisserait penser à un de ces récits
érotiques à la mode il y a quelques années.
Alors quil sagit dune manière très
fine de retracer une vie, celle de Laure. Cette dame aux «cheveux
cendrés» se rend aux bains thermaux. Là, elle
se souvient de sensations, de perceptions, dimages, qui, peu
à peu, retracent son parcours. De la petite fille humiliée
par son père à la dame qui «ne veut plus espérer
dautres caresses que celles de leau». Entre les
deux, la jeunesse, une carrière de photographe, des amants,
des voyages
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James Gripando |
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Lvocat à
Miami, Jack Swyteck (que James Grippando, ancien avocat lui-même,
a déjà mis en scène dans Le pardon et A labri
de tout soupçon) se voit confronté à une drôle
daffaire. Son client, Tatum Knight, est un ancien tueur à
gages. La riche Sally Fenning la contacté il y a peu
pour lui demander de la tuer
Peu après, elle est retrouvée
assassinée. De plus, son testament désigne Tatum comme
héritier, avec cinq autres personnes: seul le dernier survivant
des six héritera des 46 millions de dollars. Tous ont eu
des contentieux avec la belle millionnaire, qui semble avoir trouvé
là une forme de vengeance posthume
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Catherine Guillebaud |
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Cest peut-être
là que se ressent la différence entre une uvre
littéraire et un simple livre de souvenirs: dans Les souliers
lilas, son quatrième roman, Catherine Guillebaud atteint
à luniversel à travers un portrait très
intime, celui de sa grand-mère. En sadressant directement
à cette «fille de lhiver interminable et de lété
brûlant»: «Tu étais née là
où tout se mérite, où rien nest facile
et de cela, jamais tu ne tes débarrassée.»
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Brian
Gallagher
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| Rentrée
de vacances plus tôt que prévu, Julie découvre
son mari dans les bras dune pulpeuse blonde. Les deux tourtereaux
ne lont pas vue: lépouse trahie séclipse
et va préparer sa vengeance. Avec subtilité et une perversité
sans limite. LIrlandais Brian Gallagher na pas choisi loriginalité, en traitant de ladultère dans son premier roman. Mais Une exquise vengeance séduit par son humour caustique et ses dialogues percutants, au point quil noffre que peu de temps morts, malgré ses quelque 500 pages. Grâce aussi à diverses surprises, comme lorsque Julie se lie à sa rivale, qui ignore lidentité de sa nouvelle amie A défaut de révolutionner la littérature, Brian Gallagher signe une comédie légère et mordante, pour amateurs de simples plaisirs de lecture.
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David Gilbert |
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Avec lAméricain
David Gilbert, on nous annonce larrivée dun nouveau
talent, drôle et féroce. Et un premier roman dans lesprit
de Vol au-dessus dun nid de coucous, qui dénoncerait
«les névroses de nos sociétés».
De fait, Les normaux présentent une galerie de portraits
amusants, mais demeurent en deçà du «roman magistral»
annoncé.
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Pierre Girard
/ Alice Rivaz |
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| Cest
une drôle de relation qui sétablit dans Les enveloppes
bleues. Entre deux écrivains qui habitent à quelques
minutes lun de lautre, à Genève, mais ne
se connaissent que par leurs uvres et ces lettres. Ils ne se
rencontreront jamais, à une très brève exception
près. Même sils nont quune dizaine
dannées de différence, la correspondance, qui
sétend de 1994 à 1951, entre Alice Rivaz (1901-1998)
et Pierre Girard (1892-1956) ressemble à un échange
entre une jeune fille et un homme bien établi. Un homme qui
se montre caustique, évoque les Pernod quil avale en
écrivant, et nhésite pas, dans un jeu de provocation
légère, à égratigner dautres auteures,
comme Corinna Bille, Colette ou Monique Saint-Hélier. Alice Rivaz, elle, ne cache pas sa révolte féministe ni ses rêveries. Tous deux partagent en outre une admiration pour la nature, les arbres et les plantes, séchangent leurs impressions de lecture. Et leurs difficultés à écrire, à trouver du temps pour la création au milieu des tâches quotidiennes. Publiée sous la direction de Daniel Maggetti et de Cécile Fornerod, cette correspondance subtile est aussi lhistoire dune rencontre à distance, mais touchante et profonde, au-delà des différences.
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Greenpeace |
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| Le
réchauffement de la planète dû principalement
à lutilisation de combustibles fossiles est le
péril écologique et humain le plus grave auquel la Terre
ait jamais été soumise. Afin de sensibiliser à
ce danger, Greenpeace publie Dessins pour le climat, un ouvrage collectif
dont les bénéfices iront à la campagne Climat
de lassociation écologique. Et ils sont tous là, ou presque. Ecrivains, dessinateurs, bédéastes, comédiens, musiciens de plusieurs pays ont offert leur talent pour la noble cause. En vrac: Victoria Abril, Boucq, Boilet, Caza, Edika, Geluck, Guizmo (de Tryo), Manu Chao, Marini, Mattotti, Muñoz, Peeters, Ptiluc, Quino, Sanseverino, Sergent Garcia, Tirabosco, Lambert Wilson Bref, plus de 130 créateurs se sont joints à cette campagne, soit par des textes, des dessins pleine page ou des planches de bande dessinée. Se mélangent alors les visions les plus pessimistes pour lavenir de lhumanité à un humour souvent noir ou désabusé, comme une poétique dune apocalypse annoncée, mais encore évitable. Peu despoir dans tout cela, mais un livre évocateur pour ne pas dire édifiant, effrayant par certains côtés, où la bonne cause rejoint le talent. Deux raisons dy prêter une grande attention.
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Eliane Girard |
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| Qui
maimera encore quand je serai mort?» Effrayante question
que se pose Eliane Girard dans son nouveau roman. A vrai dire, pas
grand monde quand on est un self-made-man répudié par
sa famille et oublié par lunivers des paillettes qui
vous a accueilli. Aussi, lorsque Pierre et Laure apprennent la mort
de Franck, un jeune acteur prometteur alternant petits rôles
et cliniques spécialisées, la consternation le dispute
aux remords pour ce couple cathodique qui, comme beaucoup, avait coupé
les ponts. Leur repentir tardif prend la forme dun chemin de
croix, Pierre et Laure ayant décidé de réunir
amis oubliés et famille indigne pour les funérailles
de lex-star montante. Sensuit une interminable série de conversations téléphoniques, qui donne à ce roman une saveur et une légèreté de ton particulières. Une forme romanesque inattendue et rafraîchissante, tout en dialogues, qui présente une galerie de portraits peu reluisants, mais parfois un brin caricaturaux. Encore que
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Edouard Glissant
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| Antilles,
Sainte-Lucie, 1793. Lesclave rebelle Flore Gaillard gagne les
bois de lîle, alors occupée par les Anglais, et
lève une armée de brigands. Durant cinq ans, la meute
sème la terreur parmi les colons des plantations, avec la bénédiction
des Français. Une terreur bien française dailleurs,
puisque les insurgés poussent devant eux
une guillotine. Lesclavage et la rébellion: thèmes classiques de la littérature antillaise, que lécrivain martiniquais Edouard Glissant reprend dans son dernier roman, Ormerod. Mais à sa manière, discontinue, semée dexcroissances et de digressions. Le lecteur découvre par esquisses lunivers contemporain du narrateur, un fonctionnaire fasciné par lhistoire. Il oscille entre le passé et le présent, le rêve et la reconstitution. Et finit par dévorer le récit, pourtant déconcertant et exigeant. Cest que le langage de Glissant est riche, audacieux, souvent proche de lépopée ou de la poésie. Parfois fulgurant.
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Elisabeth George |
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| Dans
les quartiers défavorisés de Londres, de jeunes métis
sont assassinés et mutilés. Les premiers meurtres passent
inaperçus jusquà celui dun adolescent blanc.
Honteuse davoir sous-estimé la mort denfants à
problèmes, la police londonienne décide enfin de tout
mettre en uvre pour retrouver le coupable. Cest dans ce
contexte que linspecteur Linley promu commissaire intérimaire
à Scotland Yard est appelé en renfort. Sans lombre dun témoin, dElizabeth George, réunit pour la treizième fois Thomas Linley, le très aristocratique comte dAsherton, et Barbara Havers, ladjointe revêche issue dun milieu populaire. Ils sont toujours accompagnés du sergent Winston Nkata et de lami denfance de Linley, lexpert légal Simon Saint James. La force de la romancière américaine qui a toujours choisi lAngleterre comme cadre est de construire son action de façon non linéaire. Pas de flash-back, mais un récit qui multiplie les points de vue. En découvrant lhistoire à travers les différents personnages, le lecteur progresse au même rythme que les héros du roman, jusquà tisser sa propre toile autour du coupable. Loin des délires nombrilistes de Patricia Cornwell et des coups de théâtre desbroufe de Harlan Coben, Elizabeth George captive par le relief psychologique de ses personnages, jusquà un final poignant. Poids lourd de lédition anglo-saxonne, lAméricaine avait réussi un coup de maître dès son premier essai avec le magistral Enquête dans le brouillard. On notera également Mémoire infidèle, un opus où la solution de lénigme ne séclaire que dans la toute dernière phrase du roman de 1000 pages. Le lecteur en restera pantois. Lire Elizabeth George, cest se plonger dans un univers envoûtant le Londres des bas quartiers pour ce dernier roman dans une histoire qui vous prend aux tripes. A coup sûr un bon moment de lecture.
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Noël Godin |
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Il est devenu
connu en balançant des tartes à la crème au
visage de célébrités qui lagacent. Noël
Godin a fait rire tout le monde (ou presque) avec ses attentats
pâtissiers contre Bernard-Henri Lévy, Jean-Luc Godard,
PPDA, Bill Gates et tant dautres. Avec un cri de guerre devenu
fameux: «Gloup, gloup
» Entartons, entartons les
pompeux cornichons! raconte lorigine de ces bouffonneries
crémières (Marguerite Duras fut la première
à en faire les frais, en 1969), lorganisation sans
faille quelles nécessitent et revient sur certains
hauts faits de cette bande de joyeux allumés, dopés
à la bière artisanale
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Gossip |
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Il sest
fait connaître comme chanteur et surtout par sa participation
à lémission de radio La soupe est pleine. Gossip
y démontre un goût de la dérision que lon
retrouve dans ces Poésies Bonsaï. Du haïku, poème
japonais traditionnel, Gossip reprend la brièveté
et ce pouvoir dévoquer beaucoup de choses en peu de
mots. Mais ses poèmes fantaisistes ont aussi lhumour
proche des brèves de comptoir. Lui-même ne sen
cache pas: «Entre mes poésies et le nimporte
quoi / Il y a un pas / Que je franchis parfois.»
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Jean-Marie Gourio |
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| Apnée
est un livre exceptionnel. Par son sujet dabord, on ne peut
plus délicat: le roman suit les pensées de Chantal,
maman dune fillette assassinée vingt-quatre ans plus
tôt. Chantal attend la sortie de prison de lassassin,
Monsieur Jean, son voisin et ami à lépoque. Non
pas pour se venger, mais parce quelle a tissé des liens
avec lui. Elle va même laccueillir chez elle. «Il
a tué ma petite, je nai plus que lui.» Exceptionnel, Apnée lest aussi par la forme: écrit dune traite, sans un seul point, il permet de simmerger dans lesprit perturbé de cette femme. Dans son délire et sa douleur jamais apaisée, elle se souvient du passé, de son mari qui sest suicidé après le drame, raconte la découverte du corps de la petite, ses liens avec Monsieur Jean, les premiers pas quil fait hors de la prison Cest effrayant, terrible, totalement déstabilisant. Cest aussi inattendu de la part de Jean-Marie Gourio, connu dabord pour son humour, puisquil est notamment lauteur des célèbres Brèves de comptoir.
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Marion Graf
et Josée-Flore Tappy |
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De ce côté
de la frontière, les amateurs de littérature le savent:
la poésie en Suisse romande, au XXe siècle, a produit
des uvres de très haute qualité. Certaines (celles
de Philippe Jaccottet ou de Gustave Roud, par exemple) figurent
même parmi les plus importantes de la littérature francophone. Marion Graf
et Josée-Flore Tappy, La poésie en Suisse romande
depuis Blaise Cendrars, Seghers
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Roger
Grenier
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| A
propos de nouvelles, Roger Grenier écrit dans la première
du recueil: «Le genre attire peu les lecteurs, tous les éditeurs
vous le diront.» Sans doute sait-il de quoi il parle, lui qui
en a publié à plusieurs reprises. Et dans cet art si
particulier, il se montre dune remarquable habileté. Une nouvelle pour vous en regroupe quinze. Il y a là un écrivain qui ne supporte plus quon lui dise à tout propos «cest une nouvelle pour vous», un jeune homme détourné du suicide par une balade en hydravion, un musicien de jazz devenu photographe de presse Partout se répand un sentiment de perte, dabsence ou de solitude. Ces brèves histoires, Roger Grenier les narre sur un ton de nostalgie subtile, que ce soit en résumant en trois pages les vies de deux solitaires entamant un dialogue ou en évoquant de manière poignante les dimanches de jadis.
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James Grippando |
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| Dans
le registre du simple polar, efficace et bien tourné, James
Grippando a déjà fait ses preuves depuis 1995 et Le
pardon. Ça tombe bien, A labri de tout soupçon
reprend le héros de ce premier roman, Jack Swyteck. Un avocat,
comme létait lauteur avant de se lancer dans
lécriture. Quand Jack est appelé à défendre Jessie, une ex-petite amie, contre des assureurs, il ne se doute pas de lengrenage qui lattend. Il gagne facilement le procès, mais se rend compte quil a été grugé. Pire: Jessie est retrouvée morte dans la baignoire de Jack. La suite passe par la découverte des secrets de la jeune femme, limplication de la mafia russe, des trafics douteux Bref, un thriller psychologique qui na rien de révolutionnaire, mais se révèle idéal pour les soirs dhiver. Avec, de plus, linévitable surprise à la découverte de lidentité de lassassin.
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Pauline Guéna |
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| Premier
roman de la jeune Pauline Guéna (28 ans), Le fleuve est le
livre dune quête. Quête du passé, quête
dune femme aimée: le narrateur remonte le cours dun
fleuve, dans la jungle amazonienne, pour retrouver son amour passé.
Il parcourt cette espèce de far-west, ce monde à part,
loin de toutes lois, de toutes règles, jusquau territoire
indien, habituellement interdit. Abreuvé dhistoires
et de légendes, il tente de renouer les fils, entre orpailleurs,
gargotes délabrés et sorcellerie. Dans sa volonté de faire vivre ce voyage troublant, Pauline Guéna névite pas, çà et là, quelques lourdeurs de style, genre «le crépuscule nappe les alentours de la lueur bleutée dont je me souviens». Nempêche que son voyage dans ces ombres du passé ne manque pas de puissance et defficacité. Une nouvelle voix à suivre..
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Catherine
Guillebaud |
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| Luce
ressemble à tant dautres jeunes femmes sans histoire.
Employée modèle dun bar parisien, elle mène
une vie banale, mais cache des failles, issues de son passé.
Une relation avec son patron va laider à se soulager
du poids dun ancien drame familial, pense-t-elle. Au point
quelle peut annoncer fièrement: «Maman, jai
rencontré quelquun.» Sans se douter que la frontière
entre le bonheur et le drame peut être fragile. Dans son troisième roman (en deux ans), Catherine Guillebaud poursuit dans sa voie, avec son style épuré et sa façon de se pencher sur lapparente banalité. Surtout, La fille du bar se présente comme un portrait fouillé dune jeune femme cachant ses fêlures sous le vernis dune existence bien lisse. Lair de rien, Luce prend corps, et lon en vient à partager ses inquiétudes, sa peur de sengager, son espoir de trouver enfin la lumière.
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Guillevic |
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| Dans
luvre du poète breton Guillevic, décédé
en 1997, les recueils de limmédiat après-guerre
sont généralement considérés comme mineurs.
Lui-même les regardait avec sévérité,
évoquant une période de «basses eaux»
de son inspiration. En rééditant Terre à bonheur,
les Editions Seghers prennent le parti de remettre en lumière cette période de sa création, dans la version que lauteur a révisée en 1985. Ce volume, augmenté dintéressants manuscrits inédits, rassemble deux recueils: Envie de vivre (1951) et Terre à bonheur (1952). Guillevic les a réunis en 1985, après avoir retranché certains poèmes, retravaillé les autres pour gagner en concision. Ils témoignent dune époque militante: en 1942, Guillevic adhère en effet au Parti communiste, quil quittera après avoir appris les atrocités staliniennes. Comme lécrit Bertrand Degott dans la postface, «le citoyen a pris le pas sur le poète, et cest en cela que le Guillevic des années cinquante diffère du Guillevic davant-guerre ou de celui des années quatre-vingt». Envie de vivre et Terre à bonheur sont ainsi des «livres de combat»: «Tout ce que jai vécu / Mapprend lheureux combat / Contre le poids / Pour le bonheur.» Les titres des poèmes sont aussi révélateurs: Urgence («Cest urgent, cest urgent, il y a trop de sang»), La guerre atomique, Une exécution Sil natteint pas les sommets de Terraqué (1942), de Carnac (1961) ou de ses derniers recueils (Du silence, 1995), Guillevic demeure, même lorsque la création est difficile, un poète dune force rare. Avec une attention au réel qui vient rappeler, avec le refus du lyrisme qui le caractérise, la beauté du monde: «La terre / Est mon bonheur.» Surtout, ces poèmes conservent une étonnante actualité, la «douceur des mots» et des bonheurs quotidiens butant toujours contre les horreurs: «Car on tue dans le monde / Et tout massacre nous vieillit.»
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Claude Gutman |
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| Alerte
quinqua engoncé dans son quotidien de médecin, Denis
Bertrand voit le monde sécrouler lorsquil est
convoqué aux assises en tant que juré. A-t-il vraiment
autorité pour juger crimes passionnels et meurtres sordides?
Saura-t-il faire preuve de discernement à lheure du
verdict? Autant dangoisses quil partage avec Christine,
elle aussi jurée. Au fil des séances, Christine et Denis se trouvent des intérêts communs, sèchent les délibérations, flirtent dans les rues de Paris. Rongé par le remords, Denis se projette alors dans le box des accusés et instruit son propre procès. Après tout, na-t-il pas lui aussi fauté et perverti les faits pour dissimuler son égarement à sa femme? Dès lors, les interventions des avocats, les confidences des prévenus et les considérations des jurés revêtent un désagréable double sens. A la fois vaudeville et quête introspective, Les Assises ninnovent pas vraiment, mais la spontanéité de la plume de Claude Gutman donne une couleur revigorante à cette tranche de vie bien ordinaire.
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