
Classement des disques
par rapports aux auteurs

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MADELEINE WICKHAM
Drôle
de mariage
Belfond

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| Chaque
membre de la famille Havill efface sa personnalité sous des
faux-semblants. Tous paraissent nager dans le bonheur. Il suffira
dun imprévu pour déstabiliser cette harmonie et
les forcer enfin à se découvrir. Milly navait
pas imaginé rencontrer pareilles difficultés lorsque,
à dix-huit ans, elle se marie en secret avec un ami américain
et homosexuel. Juste pour rester en Angleterre. Dix ans plus tard,
elle veut se remarier avec lhomme quelle aime. Elle dévoile
son secret. Les ressentiments soigneusement tus jusquici remontent
à la surface. Satire sociale de la petite bourgeoisie anglaise,
ce roman soulève les problèmes de lhomosexualité,
du mariage blanc, des mensonges et du ridicule du conformisme. Sous
un abord assez léger, il conduit quand même à
quelques réflexions. Un parfait scénario pour Hugh Grant
et Meg Ryan
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François
Weyergans
TROIS JOURS CHEZ MA MÈRE
Grasset
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Ces dernières
années, la question revenait à chaque rentrée
littéraire: aura-t-on le nouveau Weyergans? Lauteur
de Franz et François navait rien publié depuis
1997. On disait quil narrivait pas à finir son
nouveau roman. Du coup, tout le monde a été surpris
par la sortie de Trois jours chez ma mère. Lhistoire
est celle dun écrivain, François Weyergraf,
qui narrive pas à finir un roman intitulé Trois
jours chez ma mère
Et le bougre a lair de sétonner:
«On croit toujours que cest moi dans mes livres.»
Avec légèreté et humour, François Weyergans
samuse de ce type de jeu et de mise en abyme. Jusquà
nous perdre avec délice dans un labyrinthe romanesque tour
à tour léger, grave et tendre, centré sur la
figure de la mère âgée du narrateur. Un brin
agaçant quand il pousse son jeu de gigognes un peu loin ou
quil sattarde sur les frasques érotiques de son
narrateur, Trois jours chez ma mère reste un excellent roman
désabusé, entre divagations et ironie, où Weyergans
se faufile entre les thèmes les plus divers avec une aisance
impressionnante.
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KEN WOOD
La
peau de Sharon
Payot
Suspense

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| Qui
veut La peau de Sharon? Cette jeune femme a quitté le domicile
de son mari, persuadée quil allait la tuer. Le lendemain,
cest lui que lon retrouve assassiné. Sharon se
retrouve au centre dune machination organisée par les
services américains les plus secrets. Au fil de sa cavale sanglante,
elle se rend compte que le complot vient de très haut. Sous
le pseudonyme de Ken Wood se cache un ancien directeur dune
grande maison de presse romande, qui signe là son premier thriller.
Avec la maîtrise des règles du genre et une jubilation
évidente: La peau de Sharon se place dans la tradition du polar
américain, avec ses magouilles politiques, sa violence, son
suspense. Et une habileté à mener lintrigue qui
permet de faire oublier les invraisemblances.
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MADELEINE WICKHAM
La
madone des enterrements
Belfond

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| Cette
comédie grinçante a ce quil faut pour distraire.
Un ton sans fioritures et une intrigue pas trop savante. Lhéroïne,
Fleur, est une meneuse dhommes qui sen sert et en vit
avant de disparaître. Cette croqueuse de diamants, qui sera
prise à son propre jeu, a sa technique dapproche: repérage
des proies, de riches veufs, dans les rubriques nécrologiques,
puis le grappin dessus. La madone des enterrements a le mérite
de dire les mesquineries de la bourgeoisie provinciale anglaise. Certes,
ce milieu et ses petitesses plus ou moins dissimulées est un
thème bateau, mais inépuisable si on sen amuse,
lair de rien. Et Madeleine Wickham a réussi à
ne pas prendre trop au sérieux son sujet. Pourquoi pas?
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LAURE WYSS
Avant
que la mer ne se fige
(traduction
Anne Cuneo)
Bernard
Campiche

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Christine
Vasa, reine de Suède, Stockholm 1626 - Rome 1689. Pour beaucoup,
cette femme dexception du XVIIe siècle nest quune
illustre inconnue. Bien que la bougresse nait pas mis tous les
atouts de son côté pour passer à la postérité,
il est plus quintéressant de faire sa connaissance. Cest
à quoi nous convie la célèbre journaliste et
écrivain alémanique Laure Wyss, née en 1913,
dans Avant que la mer ne se fige. La jeune Christine monte sur le
trône de Suède à lâge de 18 ans, après
avoir été nommée, à 6 ans, héritière
virtuelle au moment où son père, Gustave II Adolphe,
meurt sur un champ de bataille allemand de la guerre de Trente Ans.
Très tôt entrent ainsi en scène les trois éléments
qui simposeront dans la vie de Christine: la religion, la guerre
et le pouvoir. Son destin de souveraine pourrait être exceptionnel,
car elle exerce demblée son métier avec une grande
autorité naturelle. Mais, à la stupéfaction générale,
Christine choisit dabdiquer, après tout juste dix ans
de règne. Dans la foulée, elle quitte son pays pour
voyager longuement en Europe centrale et se convertit, elle la luthérienne,
au catholicisme. Voilà qui résume une femme à
la nature complexe. Dailleurs, la Suède de son époque
comme les générations suivantes sont restées
perplexes devant cette drôle déquation: notre reine
nous quitte sans avoir engendré une succession directe et,
acquise à lEglise catholique, rejoint Rome? De quoi en
laisser plus dun pantois, que ce soit dadmiration, dincrédulité
ou dindignation. Bien sûr, la reine Christine ne peut
être résumée à cette image de comète
fulgurante et provocante. Laure Wyss tente de décrypter, avec
un talent certain, les différentes étapes et autres
paramètres qui auront pu amener la jeune Christine Vasa à
des déterminations aussi radicales. Comme tout le monde, notre
héroïne nétait pas faite tout dun bloc,
mais composée de nombreuses facettes, brillantes, fascinantes
ou intrigantes. Cest peut-être aussi en référence
à cela que lauteure a choisi de sous-titrer son ouvrage
«fragments sur la reine Christine». Mais cest aussi
là où réside le défaut de lédifice.
A force de ne pas vouloir se limiter à la seule retranscription
historique, de vouloir y ajouter une mise en perspective sous forme
de va-et-vient entre le XVIIe siècle et nos XXe et XXIe siècles
quelles leçons aurons-nous retenu de lhistoire?
Laure Wyss nous fait un peu perdre la tête. Mieux vaut
alors aborder cet ouvrage non comme une somme à lire dune
traite (lexercice peut savérer périlleux),
mais sen emparer comme dun kaléidoscope à
multiples possibilités daccès et de vision.
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Sylviane
Equey / 12
juillet 2001
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