COMMENTAIRE
Profanations
Acte paradoxal
Vandaliser une croix de montagne? Le geste est violent, petit et il n’a rien de nécessaire, puisqu’il y a bien d’autres moyens de provoquer le débat. Bref, un acte indéfendable. D’autant qu’il est paradoxal: pour dénoncer le fait que l’Eglise impose ses symboles, que fait le guide de montagne outragé? Il impose son acte à lui, à l’opposé de cette liberté qu’il revendique. Sur les sommets, il pourra méditer la citation de l’écrivain Jean-Marie Blas de Roblès: «Toutes les idées sont dangereuses à partir du moment où l’on se persuade de leur vérité absolue et qu’on désire les faire partager par tous.»
Ses délits auront le seul mérite d’avoir relancé – on n’a pas écrit ressuscité, histoire de ne pas imposer une image chrétienne… – le débat sur la place de la religion dans un état laïc. Quoique, pour ce qui est des croix de montagne, la question se pose: ne sont-elles pas autant les signes d’une tradition et d’une culture que les symboles d’une religion? Et, franchement, faut-il s’attaquer à ce qui ne fait pratiquement pas problème?
Reste la question de fond: oui, la place des religions dans la société civile doit être discutée. Mais en évitant de confondre laïcité et absence de religion.
| 18 mars 2010 |

