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We Have Band
WHB
Musikvertrieb
Sûr que We Have Band sera l’une des révélations du prochain Paléo (à l’affiche le mardi 20 juillet).Avec la sortie de leur première galette, intitulée WHB, les trois Londoniens réinventent une forme de pop synthétique et minimaliste, parfaitement dans les canons de la beauté musicale contemporaine.
Avec des titres taillés pour les dancefloors et les festivals, tels Love, what you doing?, Honeytrap ou Divisive, We Have Band utilise à satiété des rythmiques électronico-chaloupées et des mélodies nostalgiques du temps des bons vieux Bontempis. Eh oui! ces m’sieurs-dames ont écouté Kraftwerk et Suicide dans leur jeunesse et ne s’en sont toujours pas remis… On en connaît d’autres! Mais, avec ses voix entremêlées, un peu à la manière de Beach Boys ultra-urbains, et ses sonorités mécaniques qui rappellent les Suisses de Division Kent, le groupe livre douze titres charmants et indispensables à la bande-son de cet été. CD
Vampire Weekend
CONTRA
Musikvertrieb
Révélation de 2008, Vampire Weekend remet la compresse, avec un deuxième album qui répond au doux nom de Contra. Toujours sur les traces de Paul Simon (période Graceland), Johnny Clegg (période proto-Mondial) ou Peter Gabriel (période post-So), les quatre New-Yorkais – tous diplômés ès musicologie – poursuivent leur exploration des musiques africaines. Toujours mêlées à une pop étincelante, mais avec un plus gros son, des plus grosses guitares, des arrangements encore plus subtils, des mélodies plus aguicheuses, des rythmiques toujours aussi dansantes. Un album plus mieux, pour schématiser.
Ceux qui ont vénéré leur premier opus adoreront cette suite, à peine plus tristounette dans l’approche, avec des titres comme I think ur a contra, aux sonorités complexes, proches parfois de la musique contemporaine que le quatuor tient en haute estime. CD
Tom Waits
GLITTER AND DOOM
Phonag Records
D’abord cette voix. Pas humaine, c’est sûr. Quelque part entre le grognement d’ours brûlé au bourbon et le concasseur rouillé. Une voix de rocaille, cabossée, fabuleuse. A faire passer Garou pour un castrat. Mais ce n’est pas seulement vocalement que Tom Waits, 60 ans dans quelques jours, paraît plus en forme que jamais.
Reflet d’une tournée à travers l’Europe et les Etats-Unis en été 2008, ce Glitter and doom témoigne de son énergie, de ce génie déglingué qui puise dans le blues poisseux, le rock teigneux, le jazz aux accents de cabaret surréaliste pour créer un univers déchiré, d’une richesse extraordinaire.
Pas grand-chose à jeter dans ces 17 morceaux, enregistrés entre juin et juillet 2008 dans une dizaine de villes. Chaque seconde donne l’impression de visiter un univers baroque, qui ne ressemble à aucun autre. Peu de titres anciens (si ce n’est l’excellent Singapore, de 1985), mais un accent mis sur des chansons récentes, tirées de Real gone (subtil Green grass, Make it rain…) ou du coffret de pépites oubliées, Orphans (magnifique ballade Fannin street). Et l’on se réjouit aussi de retrouver des titres de l’incontournable Bone machine, comme ces versions grandioses de Dirt in the ground et de Such a scream.
Pour tenter de retranscrire l’atmosphère d’un concert de Tom Waits, un deuxième CD compile près d’une quarantaine de minutes de ses baratins sur scène. De délicieux délires sur des sujets aussi passionnants que la vie des vautours, la raison pour laquelle on met du citron sur le poisson ou les gens très fiers de leur téléphone qui fait aussi caméra («Moi, mes lunettes de soleil font aussi tricycle…»). Et si l’on ne comprend pas l’anglais, il reste à se saouler de cette voix… EB
Charlie Winston
HOBO
Disques Office
Aucun doute. Charlie Winston va au-devant d’un succès spectaculaire. Sa chanson phare Like a hobo passe déjà en boucle sur les radios branchées et le reste de l’album Hobo est d’un excellent acabit. Grâce à sa voix accrocheuse et à son écriture délicate, ce genre de gars est capable d’écrire des mélodies imparables, de celles dont on ne peut se défaire dès la première écoute.
Au piano (le pernicieux I love to smile ou le très romantique Boxes) ou à la guitare (le symphonique My life as a duck ou le remuant In your hands), l’Anglais livre une musique rougie par le soleil, une bouffée d’énergie euphorisante, qui n’est pas sans rappeler les premiers disques de Keziah Jones ou Ben Harper. Repéré par Peter Gabriel, l’ancien chanteur de Genesis, Charlie Winston est promis aux meilleurs auspices grâce à ce passionnant premier opus, qui va à coup sûr marquer ce début d’année. CD
Woven Hand
TEEN STONES
Irrascible
Leader emblématique de 16 Horsepower, dissolu en 2005, David Eugene Edwards poursuit l'aventure sous le nom de Woven Hand. Aujourd’hui, le groupe sort son sixième opus intitulé Ten stones. Influencé tant par Nick Cave que par Noir Désir – Bertrand Cantat a d’ailleurs chanté avec Edwards sur l’album Low estate de 16 Horsepower – Woven Hand pratique un rock tendu et fiévreux. Sur des faux rythmes mid-tempo agaçants, les Américains prennent un plaisir sadique à retenir les chevaux, à faire durer l’attente, à entretenir la flamme, à trépigner d’impatience. Puis, ils lâchent enfin la bride dans un élan final orgasmique et libératoire. Grâce au timbre chatoyant et envoûté d’Edwards, une simple ritournelle folk rock prend l’amplitude d’un aéronef. Au total, onze titres et quarante minutes de rock malsain et diablement efficace. Et surtout la sublime ballade Cohawkin road, que ne renieraient ni Bruce Springsteen, ni Neil Young. CD
The White Stripes
ICKY THUMB
Musikvertrieb
Au plus près de l’os C’est un peu comme si les machines et tout le barda electro n’avaient jamais existé. Les White Stripes recherchent l’essentiel, le blues et le rock au plus près de l’os. Quatre ans après l’énorme tube Seven nation army et deux ans après un Get behind me Satan qui a décontenancé les fans, Meg (à la batterie) et Jack White (chant et guitares) reviennent en très grande forme avec cet Icky thumb fiévreux. Une nouvelle fois, le duo issu de Detroit se fonde dans une tradition venue de Led Zeppelin pour mieux l’apprêter à sa sauce. Enregistré à Nashville, ce sixième album distille un blues- rock basique, aux riffs poisseux, qui a su intégrer la country et le rock garage. Et quelques curiosités, comme la cornemuse du très celtique Prickly thorn, but sweetly worn, ou les trompettes mariachi de Conquest. Mais c’est encore dans la puissance brute de Little cream soda, dans une superbe ballade comme A martyr for my love for you ou le blues très roots d’Effect and cause que cette exploration des racines du rock se révèle la plus jouissive. Un album hors du temps et passionnant.
Eric Bulliard


