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Bernard Chambaz

Ghetto

Seuil / 224 pages

«Le communisme, mon père et moi.» C’est ainsi que Bernard Chambaz résume la trilogie commencée avec Kinopanorama (2005) et Yankee (2008), et qui s’achève avec ce Ghetto. Ce père, Jacques Chambaz, député communiste, membre du bureau politique du parti, meurt en 2004. Son fils le suit dans sa dernière traversée de Paris, direction le cimetière de Montmartre. Remontent alors souvenirs et impressions, réflexions et anecdotes.

Un fils qui évoque la trajectoire de son père mort: rien de bien original, à première vue. Mais Bernard Chambaz s’en sort admirablement. Grâce à sa finesse d’écriture, à cet équilibre entre l’émotion, distance critique et admiration. C’est également tout un pan de l’histoire du XXe siècle qui défile, avec ces hommes aussi butés qu’émouvants à force de croire aux «sirènes du paradis communiste». EB

 

 

 

Harlan Coben

Sans laisser d’adresse

Belfond / 348 pages

«Tu ne connais pas son secret, m’a dit Win.» Ça y est, Harlan Coben nous accroche dès la première phrase, il ne nous lâchera plus jusqu’au dénouement.

A la recherche d’un journaliste d’investigation disparu entre Paris, Londres et les Etats-Unis, l’agent sportif Myron Bolitar, héros décontracté plein d’autodérision, entre machine de guerre et midinette, va perdre de son flegme dans une aventure plus sombre que les précédentes. Jusqu’à en être meurtri dans sa chair et son âme. Terrorisme, torture, meurtres: Harlan Coben ne pouvait pas ignorer l’Amérique post-11 septembre 2001. Son style direct est toujours aussi efficace, notamment dans sa manière d’interpeller sans cesse le lecteur, au cas où l’un d’eux aurait l’outrecuidance de poser le livre avant la fin. Et, pour une fois, l’auteur ne cherche pas à jouer au plus malin avec son habituel coup d’esbroufe finale, mais il entraîne ses héros vers un dénouement dramatique et implacable. On en redemande. KA

 

 

Enigma

Antoni Casas Ros

Gallimard / 252 pages 

 

 

D’Antoni Casas Ros, on sait qu’il est né en 1972 en Catalogne française. Qu’il a fait des études de mathématiques, a publié Le théorème d’Almodovar (2008) et des nouvelles, Mort au romantisme (2009), chez Gallimard. C’est à peu près tout. Il ne se montre jamais. Même son éditeur ne l’a jamais vu. On dit qu’il vit à Rome, qu’il a été défiguré par un accident. En clair: seul le texte compte. Et cet Enigma laisse dubitatif. Certes, on s’attache à ces quatre personnages, deux filles, deux hommes, qui, à Barcelone, se rencontrent et s’aiment autour d’une passion commune pour la littérature. On apprécie aussi l’ironie de voir l’écrivain Vila Matas narrer sa rencontre avec le mystérieux Antoni Casas Ros. En revanche, les coucheries de ce quatuor et leurs dialogues paraissent parfois bien caricaturaux. Reste ce cri d’amour pour la littérature et cette idée magnifique de livres que l’on pourrait, incognito, améliorer. EB

 

Eve de Castro

CET HOMME-LÀ

Robert Laffont / 326 pages

 

Elle est écrivain, grande bourgeoise, issue d’une éducation stricte. Il est immigré, de l’île Maurice, collectionne les femmes et les petits boulots. Ils n’ont pas grand-chose en commun, n’auraient pas dû se rencontrer. Tous deux vont chercher dans leur relation ce que l’autre est incapable de lui donner.

Ce sujet peu original, Eve de Castro (qui a l’habitude de changer de genre, passant allégrement du thriller de La trahison de l’ange au scénario du Roi danse) l’empoigne avec un mélange de force et de délicatesse. Avant de se concentrer sur la relation destructrice de ces deux solitudes, elle se penche longuement sur leur trajectoire, leur enfance, à coups de chapitres alternés. Une manière de fouiller l’âme humaine, de faire comprendre les blessures qui peuvent, au final, faire partir l’amour en vrille. Un roman vibrant de réalisme. EB

 

 

Robert Crais

À L'OMBRE DU MAL

Belfond / 336 pages

 

Elvis Cole, autoproclamé «meilleur détective du monde», a un problème: un homme qu’il avait contribué à innocenter il y a quelques années est retrouvé mort dans son bungalow. Un suicide, à l’évidence. L’homme avait devant lui un album photos de ses victimes: la police ne tarde pas à conclure que Cole avait permis de relâcher un serial killer… Avec l’aide de son vieux pote Joe Pike, le détective va tenter de démontrer le contraire. A l’ombre du mal, c’est du Robert Crais pur jus: les bas-fonds de Los Angeles, une histoire bien ficelée et menée avec rythme, un héros-narrateur attachant, un suspense habilement construit et aucune violence inutile. Pas de quoi le comparer à Ellroy, comme d’aucuns le font un peu vite, mais dans le registre polar sympa pour les longs soirs d’hiver, celui-ci fait largement l’affaire. EB

 

 

Sorj Chalandon

La légende de nos pères

Grasset / 256 pages

 

Ancien journaliste, Marcel s’est reconverti dans l’écriture de biographies: il rencontre des hommes et des femmes pour coucher leur vie sur le papier. Quand Lupuline Beuzaboc le contacte pour qu’il en fasse de même avec son père, Marcel y voit une manière de rendre hommage à son propre paternel, ancien résistant, mort sans lui raconter son histoire. Sauf que celle de Tescelin Beuzaboc, résistant lui aussi, lui paraît étrange. Devoir de mémoire (collective et individuelle), relation père-fils, héroïsme: Sorj Chalandon aborde des sujets forts dans La légende de nos pères. A travers un récit prenant, le roman de cet ancien journaliste à Libération pose des questions essentielles sur la vérité historique, ses modifications à travers les ans, sa transmission. Avec un style limpide, tout en retenue. EB

 

 

 

 

Alain Claret

PAYSAGE SOMBRE AVEC FOUDRE

Robert Laffont / 342 pages

Rien n’est jamais simple avec Alain Claret. Paysage sombre avec foudre peut certes se lire comme un thriller traditionnel avec enlèvement, meurtres, traque… Avec aussi une mystérieuse jeune femme, Ménéla, poursuivie par des tueurs. Pour Luc, qui la découvre, inanimée, dans son jardin, c’est le début des ennuis.

Le livre dépasse toutefois ce cadre: il peut s’apprécier seul, mais les fidèles lecteurs de Claret reconnaîtront l’univers qu’il étend à chaque livre. La charmante Ménéla n’est autre en effet que la fille de Janet et Ed Craven, personnages de Si le diable m’étreint, L’ange au visage sale et Tout terriblement. On y retrouve ce style flamboyant, qui surprend dans un roman de ce genre, qui fascine, mais peut aussi décontenancer. Une originalité à saluer, même si la visite de Second life ou le coup de théâtre final peinent à convaincre. EB

 


John Connolly

LES ANGES DE LA NUIT

Presses de la Cité / 360 pages

En dix ans (Tout ce qui meurt, son premier roman, est paru en 1999), l’Irlandais John Connolly s’est taillé une place enviable dans le monde surpeuplé du thriller. Par son art de créer des univers très noirs, des personnages à la dérive et attachants, en particulier l’ex-flic et ex-détective Charlie Parker. Dans Les anges de la nuit, le voici en second rôle, laissant la vedette à Louis, un ami au passé de tueur d’élite: il faisait partie des Faucheurs, armée de l’ombre discrète et redoutable. Un passé qui resurgit avec violence quand Louis devient la cible d’un autre ancien Faucheur. Sur cette base, John Connolly tisse une histoire de plus en plus sombre et violente, jusqu’au crépusculaire. Un roman solide, qui joue aussi bien avec les clichés du genre qu’avec les originalités, à l’image de cet étonnant Louis, grand Noir homosexuel et tueur impitoyable. EB

 

 

 

Emmanuel Carrère

D'AUTRES VIES QUE LA MIENNE

P.O.L

Depuis L’adversaire (2000), qui retraçait l’incroyable histoire du faux médecin Jean-Claude Romand, Emmanuel Carrère semble se désintéresser de la fiction. Après le retour aux sources d’Un roman russe (2007), D’autres vies que la mienne raconte deux drames vécus en peu de temps. En décembre 2004, l’écrivain se trouve au Sri Lanka quand l’île est ravagée: «On parle désormais de tsunami comme si on connaissait ce mot depuis toujours.» Il est indemne, sa compagne et leurs enfants aussi, mais il voit la mort en face. Quelques mois plus tard, la sœur de son amie meurt d’un cancer, à 33 ans. Avec une justesse et une intégrité bouleversantes, Emmanuel Carrère raconte ces deux drames, retrace la vie de cette jeune femme, juge dans un tribunal de Vienne (Isère). Pour aboutir à ce livre à la fois simple, tragique et magnifiquement écrit. EB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Harlan coben

SANS UN MOT

Belfond

On ne va pas reprocher à Harlan Coben de faire du Harlan Coben. Sans un mot reprend ses ficelles habituelles: une disparition, un fatras technologique (SMS, mails, GPS, logiciels espions…), un rythme effréné, des dialogues omniprésents… Et cette manière de tirer les fils de son histoire en tous sens, pour mieux les rassembler à la fin. dam, 16 ans, ne quitte plus guère son ordinateur. Ses parents décident de le surveiller, via un logiciel de contrôle. Ils interceptent un mail étrange et voilà que leur fils disparaît. Suit une recherche désespérée, où l’on croise une série de personnages apparemment sans lien entre eux, du tueur psychopathe aux jeunes goths antipathiques. Du Coben pur jus, toujours aussi efficace, où l’on apprécie la touche d’humanité inattendue, dans la description de ces adolescents qui laissent leurs parents désemparés. Un bon cru, plus proche du beaujolais nouveau que du pommard: vite avalé, vite oublié. EB

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jonathan Coe

LA PLUIE, AVANT QU'ELLE TOMBE

Gallimard

Au bout d’un moment, on se dit que l’on a compris le truc, que cette histoire de photos qui font remonter les souvenirs ressemble à une grosse ficelle. Mais on a déjà été happé. Le roman s’accélère et Jonathan Coe parvient avec maestria à prendre le lecteur à la gorge. Même la pirouette finale, aussi artificielle soit-elle, touche droit au cœur.

L’auteur de Testament à l’anglaise a laissé de côté son ironie très britannique. La pluie, avant qu’elle tombe se situe dans un registre plus grave, dressant le portrait, en puzzle, de trois générations de femmes. Rosamond vient de mourir, laissant un enregistrement pour une mystérieuse Imogen, lointaine cousine aveugle. Sur cette cassette, la vieille dame s’appuie sur vingt photos pour raconter son histoire, celle de la grand-mère, puis de la mère d’Imogen. Où l’on découvre peu à peu ce qui relie leurs existences. Où l’on suit l’évolution d’une amitié que deux jeunes filles ont crue éternelle. Au final, une histoire intense et bouleversante d’enfance perdue, d’illusions oubliées, d’amitié et de douleur. EB

 

 

 

 

 

 

 

Catherine Cusset

UN BRILLANT AVENIR

Gallimard

De la Bessarabie à New York, des années 1940 à 2006, le destin d’Elen, Roumaine devenue Américaine, croise les fils de l’histoire, la guerre, le communisme. Elle doit se battre pour que ses parents acceptent Jacob, son amoureux. A son tour, elle peinera à accepter Marie, la Française que son fils veut épouser.

Dans de nombreux va-et-vient chronologiques, Catherine Cusset (qui vit à New York depuis vingt ans avec un mari américain d’origine roumaine) construit avec minutie un touchant roman sur le destin d’une femme, sur les conflits entre générations, les incompréhensions entre cultures différentes. Son personnage central est magnifique de force et de vie, son histoire mêle parfaitement fresque et dimension psychologique. Un brillant avenir a de quoi séduire les amateurs de jolies histoires comme les lecteurs plus exigeants (même si le style reste un rien conventionnel), tant sa simplicité cache de nombreuses couches de lecture. Tout pour séduire les jurys des prix littéraires… EB

 

 

 

 

Gilbert Keith Chesterton

LES ENQUÊTES DU PÈRE BROWN

Omnibus

 

Petit et replet, myope, tenant des propos incohérents, le Père Brown serait un personnage banal, s’il n’était l’un des plus brillants détectives que l’Angleterre protestante ait connus. Le prêtre papiste créé par Gilbert Keith Chesterton en 1911 n’a en apparence rien pour lui. Evoluant dans des sphères sociales bien éloignées de sa petite paroisse de l’Essex, il réussit pourtant à démêler les cas souvent étonnants, voire absurdes, que son créateur a dressés devant lui, avant que la police n’ait le temps d’arriver. Plus rapide qu’un enquêteur «traditionnel», le Père Brown ne chasse toutefois pas les criminels, mais s’occupe de l’âme des pécheurs et poursuit le Mal. C’est un détective-philosophe. Autant que les capacités déductives et la logique déconcertante de leur héros, ce qui séduit dans ces 50 enquêtes, c’est leur liberté de ton, leur humour très «british», rempli de petites phrases enlevées. Chesterton possède un don aigu de l’observation et de la tournure qui touche. Un art trop rare pour ne pas être goûté à sa juste valeur. RM

 

 

 

Robert Crais

MORTELLE PROTECTION

Belfond

 

 

Depuis qu’il s’est fait connaître avec L.A. Requiem (sorti en français en 2001), Robert Crais est un nom qui compte dans le polar américain. Certains n’hésitent pas à le comparer à Ellroy ou Connelly. Il ne faut pas exagérer, mais ces romans ont toujours une efficacité certaine et une bonne tenue. Sans oublier deux personnages fétiches attachants, le détective Elvis Cole et l’ancien para Joe Pike. Dans Mortelle protection, c’est l’ancien militaire qui, pour la première fois, se trouve sur le devant de la scène. Pike doit assurer la protection d’une riche héritière. Une nuit, elle a eu le malheur de voir ce qu’elle n’aurait pas dû. Suivent fusillades, fuites, planques, trahisons… Crais mène le tout avec son sens du rythme habituel, mais il y a quelque chose qui cloche. La trame peine à se dénouer clairement et il n’est pas sûr que le personnage de Pike, si fascinant dans l’ombre, gagne à se retrouver en pleine lumière. Et l’exécution finale laisse un arrière-goût de malaise. EB

 

 

 

 

 

 

 

Collectif

PRIX INTERRÉGIONAL JEUNES AUTEURS 2007

L’Hèbe

 

Depuis vingt ans, des milliers d’écrivains en herbe (15 à 20 ans) ont participé au Prix interrégional jeunes auteurs (PIJA). L’édition 2007 était consacrée à la poésie. Une sélection a été opérée parmi le millier de textes envoyés de Suisse, de France, de la Vallée d’Aoste, de Roumanie, d’Haïti, du Brésil, d’Inde… Au final, 23 textes sont publiés par les Editions de L’Hèbe, avec une préface de Jean-Dominique Humbert. Deux Romands (20 ans tous les deux) se partagent le premier prix. Le Genevois Nicolas Lambert s’est lancé dans une poésie parfois hermétique, qui joue sur les sons des mots et les références mythologiques, au risque d’en faire un peu trop. «L’exilé, l’ex-îlien / Y devine un devin / Oracle au désespoir / Augure de mauvais augure…» Quant au Vaudois Daniel Vuataz, il fait preuve d’une belle puissance évocatrice et touche juste en préférant la simplicité aux envolées trop élevées: «Une danseuse de craie sur l’asphalte / La pluie d’été qui sent la pierre / Le ballet s’essore à grande eau.» EB

 

 

CHEFS-D'OEUVRE DU FANTASTIQUES
Omnibus

 

Le titre ne trompe pas: Chefs-d’œuvre du fantastique réunit effectivement quelques-uns des plus beaux fleurons d’un genre en permanente évolution. Rassemblé par Jacques Goimard – à qui l’on doit déjà La grande anthologie du fantastique, également chez Omnibus – ce tome brosse un tableau général de ce que sont «les» littératures fantastiques.

Classés par thèmes, les récits sélectionnés couvrent le temps, alliant les «classiques» (Maupassant, Hoffman, Poe, Lovecraft, King…) et des textes emblématiques, souvent d’auteurs américains peu connus par ici (Bierce, Shirley S. Jackson…). Il y manque cependant certains auteurs «à la mode» – les Clive Barker, Anne Rice ou Poppy Z. Brite.

Par contre, cette anthologie – qui jouit d’une introduction pointue et passionnante sur la notion même de fantastique par Joël Malrieu – remet en avant des écrivains, francophones notamment, dont l’œuvre a du mal à sortir des officines de spécialistes: comme cet habile ciseleur de mots et d’ambiance, cet écrivain subtil qu’est le Belge Jean Ray. C’est dire combien ce recueil recèle de découvertes et de plaisirs. Bienvenue dans l’indicible. RM

 

 

 

 

Angel Corredera

DERNIERS RITES

L'Aire

 

Auteur d’un premier roman remarqué il y a deux ans, (La confrontation) le Fribourgeois Angel Corredera confirme son ambition avec Derniers rites. Un livre foisonnant, qui mêle références musicales et cinématographiques pour évoquer avec pertinence les utopies des années 1970.

Enfant, Adam Nada a perdu ses parents dans un accident ferroviaire. Il est élevé par les Tremblay, une famille qui vivra à fond les années hippies. Ils s’y perdront. Adam, lui, découvre l’image et ses pouvoirs. Il filme des scènes de son quotidien avec sa caméra super-8.

Cette plongée dans une époque d’utopie est puissamment évocatrice. Angel Corredera trouve la juste distance pour évoquer les excès de cette période, ses ratés, ses rêves aussi. Sa remarquable construction ajoute encore à la force de Derniers rites.

Des qualités qui font d’autant plus regretter les quelques faiblesses. Alors que les références culturelles pointues se révèlent extrêmement précises, on s’étonne par exemple de lire que «Madame Denise» – au lieu de Mère Denis – vendait des lave-linge. Ailleurs, c’est l’emploi abusif de «mitigé» qui surprend ou de drôles de répétitions («Il se sentait mal à l’aise en présence des autres spectateurs dont il sentait la présence dans la pénombre»). Ou encore des lourdeurs, comme «la lumière plongeante diffusée par une lampe sphérique en papier de soie nimbait encore le corps de Léa d’un halo vaporeux et uniforme». Détails peut-être, mais qui empêchent de totalement s’enthousiasmer face à ce roman à la puissance indéniable. EB