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Véronique Ovaldé
Ce que je sais de Vera Candida
L’Olivier / 300 pages
Trois femmes: la grand-mère, la mère et la fille. Trois destins qui se répètent, dans une Amérique du Sud imaginaire: Rose, la prostituée, sa fille Violette, «retardée», et Vera Candida, violée à quinze ans, mère à son tour d’une petite Monica Rose. Une Vera Candida qui quitte son île pour rejoindre la ville et trouver l’amour auprès d’un journaliste.
Ce que je sais de Vera Candida suit la lutte de ces femmes, face à la violence mâle. Un sujet grave que Véronique Ovaldé traite de manière étonnante, entre satire, conte et réalisme, avec une imagerie latino-américaine caricaturale. Au final, un roman inclassable et libre, au parfum de fantaisie. Séduisant, même si, par moments, il semble avoir le souffle court. EB
Jean-Michel Olivier
NOTRE-DAME DU FORT-BARREAU
L’Age d’Homme
C’est un peu comme si la Jeanne de Brassens (la chanson traverse tout le livre) avait quitté l’impasse Florimont pour le quartier des Grottes, à Genève. Son sens de l’accueil, Jean-Michel Olivier en a fait l’heureuse expérience dès les années 1970. Il était étudiant quand cette «petite femme aux cheveux gris» lui a loué une chambre. Il y écrira la plupart de ses livres et ne pénétrera chez la propriétaire qu’après sa mort, en 1996.
Notre-Dame du Fort-Barreau forme un touchant portrait de cette femme ouverte à tous et qui a terminé sa vie dans la solitude et le silence. Jean-Michel Olivier trouve les mots pour rendre hommage à celle qui avait parfois l’allure d’une «mendiante en haillons», cette «fée protectrice» de «quarante kilos toute mouillée, rien que des os et des tendons – et une langue bien pendue». C’est aussi tout un changement d’époque qui se lit à travers ce bref récit, tour à tour drôle et poignant. EB


