Enquête parlementaire sur la H189?
Question examinée en juin
L’opportunité d’instituer une commission d’enquête parlementaire sur les surcoûts de la route de contournement de Bulle sera examinée en juin. A l’origine de cette requête, le Parti socialiste veut établir les responsabilités politiques de ce «scandale financier».
Le trou abyssal de la route H189 prendra un tour résolument politique à la session du mois de juin (photo Claude Haymoz)
L’abysse financier de la route de contournement de Bulle prend un tour de plus en plus politique. Qu’en est-il des responsabilités des directeurs qui se sont succédé à la tête des Travaux publics ces dernières années? C’est le sens de la démarche qui sera examinée par les députés lors de leur prochaine session, à mi-juin. Le Grand Conseil se déterminera alors sur la demande formulée mardi par le groupe socialiste de constituer une commission d’enquête parlementaire sur les surcoûts de près de 35% de la H189. Le bureau du Grand Conseil en a décidé ainsi hier matin, plutôt que de traiter ce point encore lors de la session qui s’achève aujourd’hui. Il s’agit de laisser du temps aux groupes pour se déterminer et à leurs membres pour lire dans le détail le rapport d’audit de l’Inspection des finances. Ce d’autant plus que le recours à une commission d’enquête n’est pas monnaie courante. Les derniers exemples en date remontent aux années huitante et nonante avec l’affaire des terrains de Beauregard et celle du garage de la police. Devisé d’abord à 215 millions, le budget de la H189 a enflé jusqu’à atteindre 304,3 mio (notre édition du 15 avril). L’audit ayant conclu à des défauts d’organisation de l’administration cantonale pour cet important chantier, le PS aimerait avoir des réponses sur les responsabilités politiques de cette gabegie. L’audit arrivait à la conclusion qu’il n’y avait pas eu à ce jour de malversations financières ou d’enrichissements personnels, mais un bon nombre de sous-estimations ou même des omissions. Ces dernières résultant de défaillances, de dysfonctionnements et de manquements dans la gestion et l’organisation du projet. De l’avis du chef du groupe socialiste, Pierre Mauron (Riaz), l’audit ne fait pas toute la lumière sur cette incroyable saga. «A aucun moment, il n’est question de la responsabilité politique de toute cette affaire.» De l’avis du Gruérien, seul le Grand Conseil est à même, à travers une commission d’enquête, de juger en toute indépendance des éventuelles responsabilités politiques dans ce dossier. Et Pierre Mauron de sortir sa calculette: depuis la votation populaire de juin 2001, le dépassement atteint carrément 45000 fr. par jour ouvrable! Quelle que soit la décision des députés, la H189 n’a pas fini de les occuper puisqu’il leur faudra se pronconcer sur une demande de rallonge. Sans préjuger de leur avis, on se doute que les groupes PDC et PLR n’accueillent pas cette démarche de gaieté de cœur vu que les trois ministres aux commandes depuis 1996 sont de leur couleur politique. Pendant que l’UDC se donne le temps de la réflexion, le groupe Alliance centre gauche se réserve la possibilité de voter la commission d’enquête.
Le scandale du siècle
Olivier Suter l’a dit lors de la discussion du rapport d’activité du Conseil d’Etat. Un texte qui ne consacre qu’une dizaine de lignes «au plus grand scandale financier fribourgeois depuis un siècle». Et l’écologiste de louer la collégialité du Conseil d’Etat qui fait bloc en la circonstance, ce qui est aussi une manière de «noyer le poisson»… La durée des gros projets routiers est telle que l’adjudication du mandat à un pôle de bureaux d’ingénieurs (trop d’intervenants, c’est l’un des points critiqués par l’audit) remonte à fin 1996, atténue le ministre Georges Godel. Soit juste avant la fin du mandat du socialiste Pierre Aeby aux Travaux publics! Pour le reste, le directeur des Constructions informe qu’un professeur de l’Université planche sur l’opportunité d’intenter une action en responsabilité civile. Le Glânois a en outre l’intention, dans le cadre de la réorganisation des Ponts et chaussées, d’impliquer les députés de la commission des routes dans le suivi des principaux chantiers.


