Magasin du monde, à Châtel
L’équité dans le commerce
Depuis huit ans, le Magasin du monde de Châtel-Saint-Denis se développe à petits pas. Fruits exotiques, objets d’artisanat, nourriture bio: la boutique repose sur le commerce équitable. Ou, pour les clients, comment dépenser utile.
Pour la bénévole Dominique Pittet, à l’origine du Magasin du monde de Châtel, y travailler ne touche qu’aux bons côtés de la vente
A la fin des années nonante, Châtel-Saint-Denis accueillait une échoppe d’un type particulier dans sa Grand-Rue. Grâce à l’engage-ment de Dominique Pittet, une enseigne des Magasins du monde a pu voir le jour dans le chef-lieu veveysan. Un système de fonds solidaire commun à la chaîne a permis à cette habitante de Jongny (VD) de financer l’ouverture de la boutique. «C’est une démarche intéressante par rapport aux petits producteurs», explique la Vaudoise, active en tant que bénévole dans plusieurs autres associations. «De plus, j’ai beaucoup de plaisir dans la vente et j’aime le contact avec les clients.» Présent dans toute l’Europe avec quelque 3000 points de vente, le mouvement des Magasins du monde propose un partenariat entre Nord et Sud, pour un commerce plus juste. Les producteurs de pays en voie de développement – mais aussi de certaines régions de Suisse ou d’Italie – se voient ainsi assurer un prix minimal et donc une plus juste rémunération pour leur travail. Le principe des Magasins du monde, via une charte, repose à 80% sur le commerce équitable. Les boutiques proposent aussi bien des produits alimentaires que des articles d’artisanat. Le but de cette démarche? Dénoncer les injustices du commerce international, sensibiliser le public aux enjeux du commerce équitable et inviter à s’engager pour une consommation responsable et une économie solidaire. Les 20% restants constituent une marge de liberté pour chaque enseigne. Qui peut ainsi étoffer son offre avec des produits différents.
Assurer la relève
Aujourd’hui, Dominique Pittet constate que la boutique de la Grand-Rue s’est bien développée, même si «ça a pris du temps». Le bilan pour 2007 est jusqu’à présent positif et les clients se sont fidélisés. Bijoux faits main, papeterie, noix de lavage d’Inde, les trouvailles dans ce magasin valent le coup de s’y arrêter. Pour trouver un objet unique et, du même coup, effectuer une dépense utile.
A Châtel, une quinzaine de bénévoles font tourner la boutique. Toutes des femmes qui, pour la plupart, ne travaillent pas ou plus. Certaines d’entre elles – d’anciennes vendeuses pour quelques-unes – sont là depuis le début de l’aventure. Mais il faut bien penser à assurer la relève. Et ce n’est pas chose aisée. «Cette tâche ne touche pourtant qu’aux bons côtés de la vente», assure Dominique Pittet. Pour mieux fonctionner, elle reconnaît que l’équipe aurait besoin de deux personnes supplémentaires. Une formation est dispensée, afin de valoriser le travail des bénévoles.
Sur internet: www.mdm.ch
Un problème généralisé
En Suisse, 40% de la population est bénévole! Pourtant, la multiplicité des associations rend parfois le recrutement ardu. Au Magasin du monde de Vevey, la difficulté de la relève est la même qu’à Châtel-Saint-Denis. L’équipe compte douze bénévoles à la vente et manque de membres. Ouverte en 1998, la boutique – comme beaucoup d’autres – survit. Même si la récente campagne sur le Quinoa a rencontré un succès notoire, il reste difficile de faire subsister un commerce qui se veut équitable et non rentable. L’enseigne de Bulle a d’ailleurs récemment fermé ses portes.
En Suisse romande, on compte actuellement quarante Magasins du monde, le premier s’étant ouvert en 1973. Près de 1000 bénévoles y œuvrent. En plus de celui de Châtel-Saint-Denis, deux autres Magasins du monde existent dans le canton de Fribourg: à Estavayer-le-Lac et en ville de Fribourg. Dans le canton de Vaud, douze boutiques sont en activité.
| Cécile Gavlak |



