Candidats au National
La voie pour Berne encombrée
Huitante candidats sur 13 listes, cuvée supérieure à la moyenne! Par rapport à 2003, on dénombre 19 concurrents et une liste de plus. Louis Duc jette l’éponge après quatre tentatives infructueuses. Et une liste citoyenne s’invite dans le ring électoral.
Beaucoup d’appelés, peu d’élus… Les Fédérales n’échapperont pas à cette prophétie christique, une règle inhérente au genre électoral. Ils sont 80 Fribourgeois, répartis sur 13 listes (12 en 2003), à avoir déposé leur candidature au terme du délai, hier à la Chancellerie. L’attrait du Conseil national a séduit 19 personnes de plus qu’il y a quatre ans (voir infographie). Dix-sept d’entre eux figuraient déjà dans le dernier lot.
Piège de cette élection à la proportionnelle: il faut tenir compte de l’octroi en 2003 d’un 7e siège de conseiller national au canton, en raison de sa démographie galopante. Le scrutin est de ce fait disputé par 11,4 candidats par siège, contre 8,7 en 2003 et 9,7 en 1999. Fribourg reste en deçà du record de 1995: 13 personnes convoitaient chacune des six places à la Chambre basse.
Sans Louis Duc cette fois
Comme prévu, Louis Duc ne figure pas sur la liste Ouverture et indépendants, qu’il a déposée lui-même hier en toute fin de matinée, en compagnie du député Albert Studer (Ouv). Plutôt que de repartir pour la 5e fois, le député broyard, 1er des viennent-ensuite derrière Rohrbasser en 1987, voulait céder sa place au Veveysan Jacques Barras (notre édition de samedi).
C’est finalement l’éducateur (ex-maraîcher bio) de Villarimboud, Francis Fasel, contacté in extremis ce week-end, qui relève le défi. Un éternel candidat malheureux: au Conseil d’Etat en 1996, aux Etats en 1999 et à la Constituante en 2000. Avec cet indépendant, notamment trois personnalités d’Ouverture (ex-PSD): les députés Albert Studer et Claude Chassot ainsi que l’ex-député tourain Cédric Castella. La liste déposée représente ainsi une fusion entre Louis Duc (Indépendant et solidarité) et ce qu’il reste d’Ouverture, qui avait renoncé au scrutin la fois précédente.
Autre invité de dernière heure: la liste du Mouvement citoyen et indépendant (MCI), qui ne prévoit aucun apparentement. Réunis par des liens amicaux et professionnels, ces cinq personnes du Nord du canton n’ont pas de passé politique. Après en avoir parlé durant des mois, elles ont arrêté leur décision vendredi au cours d’un pique-nique. On y trouve notamment Narcisse Niclass, à Nierlet-les-Bois, un membre du PLR actif dans la communication, les inventions et le mentorat en entreprise.
Au final, donc, 13 listes se disputent les sept sièges. Comme il y a quatre ans, les socialistes et les écologistes pilotent deux listes chacun (junior+senior). Neuf listes sont complètes. Les autres comportent cinq (MCI et Ouv.), voire six noms (les jeunes pousses vertes). N’oublions pas l’unique franc-tireur, Alfons Gratwohl, syndic de Surpierre, qui se présente en tant qu’indépendant à l’enseigne de «Pour plus de logique en politique». A 56 ans, son principal fait d’arme remonte à 2000, quand il a gagné le référendum contre la révision de la loi scolaire (immersion bilingue). Par contre, le MIF (dissidence de l’UDC) a disparu de la circulation.
Particularité cette année: les alliances balaient tout l’échiquier politique. A gauche, une coalition regroupe à nouveau autour du PS, les chrétiens-sociaux, les Verts, les évangéliques ainsi qu’Ouverture et indépendants. Un sous-apparentement liera de plus le PCS, le PEV et Ouv., en soutien d’Hugo Fasel. Ce camp perd la locomotive Louis Duc, en perte de vitesse (16700 voix ou 4,5% 1999, puis 11000 voix ou 2,2% en 2003). L’homme glanait toutefois des suffrages à droite. Reste que la liste Ouverture comprend deux députés et un élu fraîchement retraité. Cela suffira-t-il à contribuer au maintien des trois sièges de gauche?
Au centre droit, démocrates-chrétiens et radicaux roulent toujours ensemble. Et, nouveauté, l’UDC a conclu un accord avec l’Union démocratique fédérale. A noter que le délai pour les apparentements échoit lundi prochain.
Les femmes en recul
Cette année, trois listes snobent la gent féminine (les No 6, 12 et 13). Dans les starting-blocks ont pris place 26 femmes et 54 hommes. Les prétendantes pèsent seulement un tiers (32,5%) de la cohorte, pour un pourcentage les fois précédentes de 39,3% (24 dames) et 37,9% (22 dames). Les Verts et le PCS, eux, présentent une majorité de femmes.
Le Sud fribourgeois lance 14 candidats dans le bain (12 en 2003), dont six Gruériens, cinq Glânois et trois Veveysans. C’est moins que les 19 Sarinois, les 15 Singinois et les 14 habitants de la capitale. Or, la Gruyère et la Singine affichent un poids démographique équivalent…
L’effectif est complété par dix Lacois et six Broyards. Signalons que deux Verts résident hors du canton, à Anet (BE) et en Belgique. Ce dernier est le seul Suisse de l’étranger à viser un siège fribourgeois. Il faut remonter à 1995 pour retrouver un tel cas de figure, avec une personne domiciliée en France.
Un seul sortant, le radical bullois Jean-Paul Glasson, depuis dix ans à Berne, ne sollicite pas un nouveau mandat. Dominique de Buman (pdc), Christian Levrat (ps) et Jean-François Rime (udc) rempilent pour une 2e période, Thérèse Meyer-Kaelin (pdc) pour une 3e et Hugo Fasel (pcs) pour une 5e… Et le siège enlevé il y a quatre ans par le socialiste Erwin Jutzet? Elu au Conseil d’Etat l’automne dernier, le Singinois a cédé sa place à Liliane Chappuis, laquelle est décédée en juin dernier. Son titulaire actuel, Jean-François Steiert, 2e des viennent-ensuite, fera son entrée sous la Coupole à mi-septembre et compte bien prolonger l’aventure bernoise.
Compte à rebours enclenché
Pour leur part, les candidats aux Etats disposent de deux semaines pour se déclarer. A moins d’un invité surprise, le match sénatorial se jouera à quatre, avec les sortants Urs Schwaller et Alain Berset rejoints par Jean-Claude Cornu et Jean-François Rime. Il reste désormais huit semaines pour faire son choix. Proclamation des résultats le 21 octobre pour le National. Voire le 11 novembre en cas de second tour aux Etats.
Les fribourgeois qui briguent le national
No1 Parti démocrate-chrétien: Thérèse Meyer-Kaehlin, laborantine, conseillère nationale, Estavayer-le-Lac; Dominique de Buman, juriste, conseiller national, Fribourg; Christine Bulliard-Marbach, enseignante, syndique, députée, Ueberstorf; Patrice Longchamp, maître secondaire, syndic, député, Torny-le-Grand; Edgar Schorderet, ing. dipl. EPFZ, prés. du TCS suisse, député, Marly; Jean-Claude Schuwey, maître charpentier, syndic, député, La Villette; Friedrich Schwab-Herren, maître agriculteur, Chiètres.
No2 Parti socialiste fribourgeois: Ursula Krattinger-Jutzet, femme au foyer, laborantine, députée, vice-syndique, Guin; Christian Levrat, conseiller national, prés. du Syndicat de la communication, Vuadens; Valérie Piller, employée de commerce, députée, vice-syndique, Gletterens; Hugo Raemy, enseignant au CO de Morat, député, Morat; Carl-Alex Ridoré, avocat, Dr en droit et médiateur indépendant, député, Villars-sur-Glâne; Antoinette Romanens-Mauron, assistante sociale, députée, prés. du groupe socialiste, Bossonnens; Jean-François Steiert, conseiller national, délégué aux affaires intercantonales, député, Fribourg.
No3 Parti libéral-radical: Jacques Bourgeois, dir. de l’Union suisse des paysans, député, Avry-sur-Matran; Jean-Claude Cornu, préfet, avocat, Romont; Claudine Esseiva, économiste d’entreprise, Fribourg; Charly Haenni, agent, député, prés. du PLRF, Vesin; Christine Jakob-Steffen, empl. de commerce, Morat; Jacques Morand, chef d’entreprise, prés. du Grand Conseil, Bulle; Ruedi Vonlanthen, agent général, syndic, député, Chevrilles.
No 4 Centre gauche – Parti chrétien-social: Hugo Fasel, conseiller national, prés. Travail.Suisse, Saint-Ours; Marius Achermann, resp. Bureau cantonal pour la protection de la nature et du paysage, Avry-sur-Matran; Béatrice Ackermann-Clerc, conseillère générale, travailleuse sociale indépendante, Fribourg; Geneviève Beaud Spang, coresp. du Bureau égalité et famille, Corminboeuf; Cosima Frieden, étudiante en lettres, Fribourg; Pierre-Olivier Nobs, conseiller général, comité ATE, bijoutier, Fribourg; Marie-Thérèse Weber-Gobet, députée, lic. ès lettres, journaliste/consultante, Schmitten.
No 5 Union démocratique du centre: Jean-François Rime, conseiller national, lic. ès sciences économiques, industriel, Bulle; Yvan Aeby-Metry, ancien député, maître fromager, entrepreneur, Tinterin; Gilberte Demont, ancienne assistante parlementaire, gérante en immobilier, Morat; Joe Genoud, député, ancien syndic, chef d’entreprise, Châtel-Saint-Denis; Pierre-André Page, député, vice-prés. du Grand Conseil, maître agriculteur, Châtonnaye; Daniel Schafer, entrepreneur forestier, Avry; Michel Zadory, député, conseiller communal, chirurgien orthopédiste, Estavayer-le-Lac.
No 6 Pour plus de logique en politique: Alfons Gratwohl, Surpierre.
No 7 Les Verts: Christa Mutter, spécialiste en communication, Fribourg; Hubert Zurkinden, secr. gén. des Verts suisses, Fribourg; Yolande Peisl-Gaillet, secr. romande des Verts suisses, Cordast; Roman Hapka, secr. romand de Pro Natura, Mannens; Rosmarie Zeller-Thumm, professeure de litté-rature allemande, Villars-sur-Glâne; Raphaël Tiémard, consultant internet, Neufchâteau (Belgique) et Massonnens (domicile politique); Christophe Perron, juriste, Fribourg.
No 8 Jeunes vertEs: Barbara Ackermann, dessinatrice en bâtiment, étudiante en in-génierie et éducation environnementale, Guin; Nadine Sauterel, licenciée en philologie classique, Fribourg; Noémi Uehlinger, étudiante en sciences de l’environnement, Villars-sur-Glâne; Matthieu Raemy, étudiant en biologie et sciences de l’environnement, Posieux; Estelle Thomet, étudiante en droit, Ins (Anet); Rebekka Müller, étudiante en sciences politiques, Wünnewil.
No 9 Centre gauche – Parti évangélique: Daniel de Roche, pasteur, Cordast; Bettina Troxler, pédagogue curative, Fribourg; Hans-Peter Plüss, relieur, Guin; Vincenzo Salvato, missionnaire, Porsel; Regula Schneider-Minder, gestionnaire de fortune, Morat; Jean-Pierre Zimmermann, sacristain, Fribourg; Thomas Perren, chef d’entreprise, économiste, Chevrilles.
No10 Union démocratique fédérale: José Lorente, hôtelier diplômé, administrateur, La Tour-de-Trême; Philipp Eichenberger, conducteur TPF, Boesingen; Daniel Cherbuin, technicien de processus, Courtepin; Hanna Nadler Esseiva, entrepreneure, Alterswil; Philippe Menoud, chef d’entreprise, Romont; Philipp Wieland, entrepreneur, Cressier; Joël Roux, étudiant universitaire, Villars-sur-Glâne.
No 11 Jeunesse socialiste fribourgeoise: Lionel Walter, étudiant, Marly; Lutfey Kaya, secrétaire syndicale, Marly; Nicolas Buntschu, étudiant, Villars-sur-Glâne; Olivia Tattarletti, étudiante, Fribourg; Pierre-Alain Blanc, étudiant, Le Mouret; Laura Perler, étudiante, Wünnewil; Elias Moussa, étudiant, Fribourg.
No 12 Mouvement citoyen indépendant: Roland Monney, informaticien, Cournillens; Narcisse Niclass, rédacteur, Nierlet-les-Bois; Louis Singy, formateur, Marly; Pierre Meier, ingénieur ETS, formateur, Villars-sur-Glâne; André Zumwald, retraité, Fribourg.
No 13 Centre gauche – Ouverture et indépendants: Cédric Castella, ancien député, physiothérapeute, La Tour-de-Trême; Claude Chassot, député, enseignant spécialisé, Villarsel-le-Gibloux; Albert Studer, député, éducateur de rue, Saint-Ours; Francis Fasel, éducateur, Villarimboud; Lukas Gasser, étudiant en géographie, Saint-Antoine.
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| Sébastien Julan |


